Roland-Garros : avec la défaite de Fiona Ferro, rideau sur les Bleu(e)s

Dernière Tricolore en lice à Roland-Garros, Fiona Ferro a été sortie par l’Américaine Kenin, n°6 mondiale (2-6, 6-2, 6-1).

 Battue ce lundi en 8e de finale, Fiona Ferro va néanmoins devenir n°1 française au prochain classement.
Battue ce lundi en 8e de finale, Fiona Ferro va néanmoins devenir n°1 française au prochain classement. LP/Arnaud Journois

Même lieu, presque même heure… et même résultat. Vingt-quatre heures après la défaite dantesque d'Hugo Gaston contre Thiem, Fiona Ferro, 23 ans, est tombée avec beaucoup moins d'émotions et de suspense face à l'Américaine Sofia Kenin, n°6 mondiale et lauréate du dernier Open d'Australie (6-2, 2-6, 1-6). Le soutien masqué de ses parents, ses trois frères et un petit millier de fans enthousiastes n'a pas suffi. La Floridienne d'origine russe a réglé la mire pendant un set avant de balader de manière quasi chirurgicale l'Azuréenne, incapable de répondre à sa puissance.

« Elle a haussé le niveau, pris la balle plus haut, joué plus long, résume la Française. Je pensais avoir les cartes en main mais ensuite cela a été compliqué. Il m'a manqué un peu de réaction. Je n'ai pas pu beaucoup m'entraîner avant Roland à cause d'une blessure aux côtes. Peut-être que si j'avais un peu de temps pour me préparer, cela m'aurait aidé à trouver les ressources nécessaires pour en faire plus… »

Fiona Ferro n'a pas tiré le bon numéro. A la loterie des principales têtes de série virées de la fête automnale, Kenin est la seule, avec la Tchèque Kvitova (n°11 à la WTA), qu'elle pourrait retrouver en demi-finale, à rester debout. La protégée d'Emmanuel Planque, elle, peut nourrir quelques regrets. Car malgré la hauteur de la marche, l'occasion semblait belle de succéder à Kristina Mladenovic et Caroline Garcia, présentes dans le grand huit en 2017.

Invaincue en 18 matchs depuis le déconfinement (challenges FFT en juillet, tournoi de Palerme en août et trois tours dans l'Ouest parisien), la native de Libramont-Chevigny (Belgique) a durement touché terre. « Je suis tout de même fière de mon attitude, glisse-t-elle, et de la façon dont j'ai géré le tournoi. »

Dans la fraîcheur d'un lundi soir tristounet, la jeune femme n'a pas tout perdu. Avant de débarquer à Paris, elle n'avait gagné qu'un match en cinq participations, gênée de gâcher chaque année les invitations de la FFT.

La semaine prochaine, grâce à son parcours, elle atteindra son meilleur classement mondial : 44e. Une petite place de mieux que Caroline Garcia pour le poste honorifique mais forcément prophétique de n°1 française. « Je ne sais pas si on peut parler de déclic, c'est ma progression qui poursuit son cours, analyse-t-elle. Cela va me donner beaucoup de confiance pour la suite. »

Avec son coach, qui a dû suivre le match… aux côtés du père de Kenin, la chef de file de la nouvelle génération bleu-blanc-rouge est très ambitieuse. « On est sur une bonne dynamique et on n'a pas de limites à se fixer par rapport à nos objectifs, lance-t-elle. On va tout faire pour essayer de soulever les plus grandes coupes. » Et peut-être imiter un jour Mary Pierce, dernière Française sacrée à Paris, il y a déjà vingt ans…