Roland-Garros : après son match marathon, Moutet ne va «pas faire de folies cette nuit»

Le joueur français a disputé, et perdu, ce lundi le deuxième match le plus long de l’histoire du tournoi parisien : six heures et cinq minutes.

 Pourtant mieux classé que son adversaire italien Lorenzo Giustino, Corentin Moutet n’a pu s’imposer lundi à Roland-Garros.
Pourtant mieux classé que son adversaire italien Lorenzo Giustino, Corentin Moutet n’a pu s’imposer lundi à Roland-Garros.  AFP/Thomas Samson

Il est passé à quelques balles d'un bonheur absolu. Corentin Moutet a disputé et perdu ce lundi 28 septembre à Roland-Garros face à l'Italien Lorenzo Giustino (157e mondial et issu des qualifications) le deuxième match le plus long de l'histoire du tournoi parisien. Au bout de 6 heures et 5 minutes d'un combat épique et marathon, le Français a dû rendre les armes (0-6, 7-6 (9-7), 7-6 (7-3), 2-6, 18-16). La cinquième et dernière manche, qui a duré trois heures, a réussi à attirer au bord du modeste court N 14 bon nombre des spectateurs attirés par ce suspense.

Fatigué, exténué, le 71e joueur mondial a confirmé « ne rien ressentir » et se sentir « vidé ». « Je ne vais pas faire de grandes folies cette nuit », a-t-il reconnu dans un sourire amer, avant d'admettre que toutes les conditions étaient réunies pour réaliser une grande performance. « Il y avait beaucoup de public. Il y avait tout pour que je gagne ce match. » Le perdant malheureux a même confié qu'il aurait bien poursuivi le combat.

«Je pense qu'on était tous les deux fatigués»

« Honnêtement, j'aurais préféré que cela dure un peu moins longtemps. Cela voudrait dire que j'aurais gagné mes jeux de service pour finir le match. Après, oui, j'étais prêt à continuer pendant plusieurs heures. Je ne sais pas si physiquement, j'aurais tenu ». « Je pense qu'on était tous les deux fatigués, a-t-il souligné. Ce sont des conditions très sollicitantes (sic) physiquement. Déjà, de jouer un match normal avec ces conditions, ce n'est pas facile. Quand on joue plus de six heures, c'est sûr que c'était compliqué à la fin. »

Les deux Français Fabrice Santoro et Arnaud Clément, opposés au premier tour en 2004, détiennent toujours le record du match le plus long de la quinzaine (6-4, 6-3, 6-73-6, 16-14), remporté par le premier en six heures et trente-trois minutes de jeu.

Moutet, qui a pris à trois reprises le service du Transalpin dans l'ultime set, ne voulait pas minimiser sa défaite face à un joueur issu des qualifications. « Franchement, je n'ai aucune honte d'avoir perdu contre ce joueur, à part la déception d'avoir perdu, comme cela aurait été le cas contre n'importe quel joueur. Il a déjà gagné quatre matchs ici. Bravo à lui. Qu'est-ce qui a fait de plus que moi ? Il a tenu physiquement, et dans la tête. »

«Moi, j'ai peur d'être positif» au Covid-19

Enfin, le Français originaire de la région parisienne est revenu sur l'ambiance si particulière de ce tournoi si cher à son cœur, disputé non loin de son domicile dans un contexte sanitaire tendu lié à la pandémie de Covid-19. « C'est compliqué, parce qu'on a peur. Moi, j'ai peur d'être positif, parce que si je suis positif, cela voudrait dire que je ne peux plus pratiquer mon métier, note-t-il. Donc, c'est vrai que l'on est poussé un peu à rester tout seul, que ce soit en dehors des tournois, pendant les tournois, c'est un peu compliqué, surtout quand j'habite à trois minutes d'ici, c'est compliqué de devoir rester à l'hôtel, loin de ses proches ».

« Après, c'est pareil pour tout le monde. Je ne dis pas que je suis plus malheureux qu'un autre. Je dis juste que c'est compliqué de ne pas voir sa famille, de ne pas partager cela avec eux, dit-il. J'ai l'habitude, chaque année, de le partager avec mes proches. Ce n'était pas possible cette année, c'est dommage, mais bon, c'est pour le bien de tous, et c'est nécessaire. Il y a des choses qui sont plus importantes que notre bien-être, en tant que joueurs de tennis. Il faut faire avec. »