Open d’Australie : pour Benoît Paire, «ce tournoi, c’est de la merde»

Battu dès le premier tour après avoir été placé à l’isolement pendant quinze jours, le Français, 28e mondial, n’a pas digéré des conditions de préparation qu’il juge honteuses…

 Benoit Paire ne gardera pas un bon souvenir de sa tournée australienne 2021…
Benoit Paire ne gardera pas un bon souvenir de sa tournée australienne 2021… AFP/Paul CROCK

« C'est bien beau leur tournoi, mais pour moi, je trouve que c'est de la merde, et ce qui s'est passé, c'est honteux! » Après sa défaite face à Egor Gerasimov (6-2, 2-6, 7-6 (5), 7-5) dès son entrée en lice, Benoit Paire n'a pas mâché ses mots. Placé parmi les 72 joueurs cas contacts qui ont dû subir un isolement strict de deux semaines, l'Avignonnais ne digère pas sa préparation tronquée de l'Open d'Australie et n'hésite pas à allumer les organisateurs.

« Il y a un cas positif dans le vol et tout le vol est en quarantaine ! Je n'ai pas signé pour ça, ressasse le n°28 mondial. Il y a aussi eu un cas positif sur le vol pour Adélaïde (NDLR : où étaient hébergés les meilleurs mondiaux), mais là, on a eu le temps de faire des prises de sang, etc. Nous, on nous a dit direct quarantaine ! Je ne comprends pas que ce ne soit pas pareil pour tout le monde. Pour moi, c'est scandaleux. »

Il a passé ses journées au lit avant le tournoi

Le Tricolore, qui souffre du coude, est d'autant plus déçu qu'il comptait sur l'avant-tournoi pour compenser un déficit d'entraînement. Qu'il n'a guère pu combler en passant ses journées au lit, faute de motivation pour le travail physique… Bref, contrôlé positif au Covid-19 et isolé à l'US Open, vrai-faux positif avant Roland-Garros et embarqué dans un avion qu'il n'aurait pas dû prendre (il avait raté le sien) pour rallier Melbourne, Paire n'a vraiment pas de « chatte », pour reprendre son expression fétiche, depuis six mois.

« Tant que ce n'est pas simple, j'ai du mal à comprendre comment cela se fait qu'on organise des tournois, alors qu'on ne se sent pas les bienvenus. Ce n'est qu'une question d'argent. C'est tout, en fait. Il y a une énorme perte s'ils ne font pas le tournoi. Coûte que coûte, il faut qu'il y ait le tournoi. Après, la plupart des joueurs se disent qu'il y a un petit peu d'argent à gagner et ils viennent pour ça. Moi le premier, je joue aussi pour l'argent. Mais s'il faut faire tant de sacrifices et que ça se passe si mal, que ce soit une galère pareille, à un moment donné, il faut juste dire stop. Ça devient limite grotesque. Pour moi, le tennis, ce n'est pas ça. Franchement, je ne prends pas de plaisir. »

Deux points positifs pour le Français, qui mettra ensuite le cap sur l'Amérique du Sud : il pourra profiter de boire ou manger en terrasse, au grand air, avant de disputer le tournoi de double… et il n'a pas pété les plombs sur le court, ce qui aurait été aisé au vu de son passif en la matière. « Avec le peu d'entraînement et le peu de condition physique que j'ai, j'ai réussi à me surpasser, à ne pas dire un mot, souffle-t-il. Je suis vraiment très satisfait et très fier de ce que j'ai fait. »