Open d’Australie : le pari payant d’Alexandre Müller, qualifié pour le 2e tour

Eliminé au dernier tour des qualifications, le Français avait fait le choix d’aller à Melbourne comme remplaçant. Il a été repêché et a passé le premier tour ce lundi en battant l’Argentin Juan Ignacio Londero (4-6, 6-3, 6-0, 6-3)…

 Contraint à un isolement strict de deux semaines sans être assuré de disputer le tournoi, Alexandre Muller a été récompensé de ses efforts…
Contraint à un isolement strict de deux semaines sans être assuré de disputer le tournoi, Alexandre Muller a été récompensé de ses efforts… AFP/William WEST

Le SMS de l'ATP presque inespéré est arrivé alors qu'Alexandre Müller était au restaurant ! Grâce au forfait de dernière minute de l'Argentin Federico Delbonis, le Français, 24 ans, 210e mondial et 6e sur la liste initiale des remplaçants à l'Open d'Australie, s'est retrouvé sur le court n°6 deux heures plus tard… pour s'offrir sa première victoire en Grand Chelem (et sur le tour principal) face à un autre représentant albiceleste, Juan Ignacio Londero, classé 83e à l'ATP (4-6, 6-3, 6-0, 6-3).

« Quand j'ai vu qui je jouais, je savais qu'il y avait une belle opportunité de passer le tour. Je suis heureux de l'avoir saisie, sourit-il. Après le retrait de Richard (NDLR : Gasquet) il y a deux jours, il n'en manquait plus qu'un. Je savais juste qu'il y avait pas mal de joueurs qui pouvaient potentiellement se retirer. Mais personne ne le faisait. Je commençais à ne plus trop y croire jusqu'à la bonne nouvelle. »

Isolement strict pendant deux semaines

L'audace et la patience auront donc fini par payer. Sorti au dernier tour des qualifications disputées à Doha, le natif de Poissy a fait le choix d'aller en Australie comme « alternate » malgré les contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Manque de chance, le jeune Tricolore s'est retrouvé parmi les 72 joueurs cas contact obligés de passer deux semaines en isolement strict à jongler entre les mètres carrés de leur chambre…

« Mentalement, c'était compliqué, nous confiait-il juste avant de retrouver la liberté, le soleil, le grand air… et un appartement avec balcon loué pour le reste du séjour. Je faisais du physique matin et après-midi grâce aux séances envoyées par mon préparateur resté en France. Il m'a assuré que je ne perdais pas mon temps et que je pouvais même progresser pendant cette période. Je n'ai pas fait comme d'autres des frappes de balle contre le lit. Je n'ai fait que du shadow, des gestes à blanc. Il n'y avait pas spécialement la place et je sais que le tennis, ça ne se perd pas. Quand on est blessé, on a l'habitude de ne pas toucher la raquette. Je ne pense pas que taper dans un matelas puisse régler les choses. »

Déjà un joli chèque

Comme la plupart de ses camarades d'infortune, dont la peau de la paume s'est ramollie, Muller a revu la lumière en s'allumant une grosse ampoule à la main qui l'a empêché de s'entraîner normalement. Dans la semaine, il avait pu faire un match (défaite contre l'Australien Nick Kyrgios au jeu décisif du 3e set) lors d'un des tournois préparatoires organisés à Melbourne Park.

« Mais j'avais un gros bleu sous l'ampoule après avoir essayé de la percer, raconte-t-il. Du coup, je pense que je n'ai même pas joué une heure et demie depuis Kyrgios… Avec mon coach, on s'est dit que j'allais être frais mentalement. C'est peut-être pour ça qu'au premier set, je n'étais pas trop en jambe. »

Suffisamment pour réussir un pari osé, mais finalement gagnant sur tous les plans. Sa présence au 2e tour, où il affrontera un autre Argentin, Diego Schwartzman (demi-finaliste du dernier Roland-Garros), lui assure un pécule d'environ 96 000 euros, sachant que ses gains en sept ans de professionnalisme se montent à 272 000 euros…