Open d’Australie : le nouveau pari de Gaël Monfils

Gaël Monfils, le n°11 mondial, étrenne sa collaboration avec le duo autrichien Bresnik-Ruckelshausen. S’il n’attend pas des miracles à Melbourne, le Parisien, 34 ans, veut garder de l’ambition…

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 «Vous ne vous ennuierez jamais avec Gaël Monfils. En termes de sport, c’est le meilleur athlète du circuit de tennis», confie Günter Bresnik, l’homme qui a façonné Dominic Thiem pendant 17 ans.
«Vous ne vous ennuierez jamais avec Gaël Monfils. En termes de sport, c’est le meilleur athlète du circuit de tennis», confie Günter Bresnik, l’homme qui a façonné Dominic Thiem pendant 17 ans. REUTERS/Loren Elliott

Sous le soleil de Melbourne, Gaël Monfils a déjà ouvert le parapluie… « Perdre au premier tour, ça n'est pas grave », explique le n°11 mondial, qui représente pourtant le principal - pour ne pas dire le seul - espoir tricolore de performance en Australie après un tirage au sort corsé pour les Bleus. Le Parisien, opposé au premier tour au Finlandais Emil Ruusuvuori (86e) dans la nuit de dimanche à lundi, ne transpire pas la confiance.

Changement de geste au service

Après avoir perdu son premier match officiel de la saison face à l'Italien Berrettini (6-4, 6-2) dans l'ATP Cup, le capitaine des Bleus a préféré faire l'impasse sur un choc contre Dominic Thiem pour répéter ses gammes à l'entraînement. Confronté à un changement de partition avec l'arrivée à ses côtés du duo autrichien Bresnik/Ruckelshausen, le Français, 34 ans, a du mal à se faire au tempo.

Lors de sa seule représentation, il a multiplié les fausses notes en forçant trop ses coups. « Ils veulent que je frappe fort, a-t-il résumé. L'objectif, c'est clairement d'être agressif mais de faire moins de fautes… » Monfils a également profité du travail de l'intersaison à Tenerife ou Dubaï pour changer son geste de service. Du travail, toujours du travail. Telle est la ligne plus méthodique que mélodique de Bresnik, l'homme qui a façonné Dominic Thiem pendant 17 ans…

« Ce qui se fait de mieux », souffle la Monf'. « Mais attention à ne pas exploser! 34 ans, ce n'est pas 18 ou 22, le corps ne réagit pas de la même façon, confiait dans nos colonnes Henri Leconte, qui a travaillé avec l'Autrichien dans les années 1980.

« Gaël, c'est du cristal, des qualités athlétiques fantastiques, une agilité hors normes, l'un de ceux qui se déplacent le mieux. La seule chose qui me fait peur c'est qu'il pète. Que Günter le pousse dans ses retranchements et que le corps ne suive pas… » Reste à savoir aussi comment le trio va jouer de concert.

«Certains observateurs le voient comme un guignol…»

« Humainement, Gaël est une personne très agréable, a glissé Bresnik, dont les compétences sont reconnues, au quotidien Heute. Vous ne vous ennuierez jamais avec lui. En termes de sport, c'est le meilleur athlète du circuit de tennis. Certains observateurs le voient comme un guignol, mais Gaël ne se considère pas comme un clown, là pour faire le spectacle. Sinon, il n'aurait pas été 6e mondial. C'est un travailleur. Mais il y a de nombreux points d'interrogation quant à savoir s'il va nous convenir… »

A l'heure où ses camarades Mousquetaires s'approchent gentiment de la sortie de scène, Monfils, qui a déjà fait valser une dizaine de coachs, déclame encore des ambitions au-delà d'une carrière prometteuse d'animateur-joueur sur une plate-forme de streaming. Réalisme ou autopersuasion? En tout cas, le n°1 hexagonal, battu en 8e de finale par Thiem l'an passé, n'aura pas la pression du résultat à Melbourne. Le premier Grand Chelem de la saison ne conduira en effet à aucun couac au classement, gelé jusqu'au 1er mars…