«Je n’ai pas le feu, je suis triste» : Monfils explique pourquoi il met un terme à sa saison

Après son abandon à Vienne lundi, le tennisman français a décidé de renoncer au Rolex Paris Masters. Il n’est jamais parvenu à se remettre mentalement du confinement…

 « Je n’ai pas de bonnes sensations, je ne joue pas bien au tennis », regrette Gaël Monfils.
« Je n’ai pas de bonnes sensations, je ne joue pas bien au tennis », regrette Gaël Monfils. Icon Sport/Gepa/Walter Luger

« Je ne viendrai pas à Paris. Mieux vaut ne pas y aller qu'y aller sans conviction… » Quelques heures après son abandon à Vienne face à Carreno-Busta, Gaël Monfils a sonné sa fin de saison. Flamboyant en début d'année, le n°11 mondial n'avait pas gagné le moindre match (0 sur 4) depuis la reprise du circuit. Il s'est livré en toute franchise ce mardi lors d'un petit point presse virtuel.

« Je n'ai pas de bonnes sensations, je ne joue pas bien au tennis, j'ai une gêne au service qui m'avait déjà valu pas mal de pépins après l'US Open l'an dernier, explique-t-il. Il fallait couper la spirale négative, se ressourcer, prendre un peu de temps pour repartir plus tôt à l'entraînement en vue de l'Open d'Australie. Tout ça, c'est mental. Je me crispe, je n'arrive pas à me relâcher, je suis contracté et je me fais mal en jouant… » Le jour et la nuit avec ses trois premiers mois de 2020, ponctués de deux titres (Montpellier et Rotterdam) et une demie à Dubaï contre Djokovic.

« C'est d'autant plus dur mentalement car c'était l'une de mes meilleures saisons, souffle-t-il. C'est la première fois que je me sentais aussi fort tennistiquement et physiquement en même temps. J'avais assemblé tous les bouts. Le fait de couper un peu, puis longtemps, la crainte de ne pas savoir quand on reprendrait… Tout ça a fait que mon niveau a chuté et ma reprise ne m'a pas aidé. J'ai perdu confiance tout de suite. Quand tu es en tournoi, tu es dans une sorte de bulle, impassible. Le confinement m'a changé psychologiquement comme tout le monde, m'a fait voir des choses différemment et je ne suis pas revenu aussi fort dans ma tête. »

«Après le confinement, j'étais beaucoup moins fun»

Après l'Open d'Australie, Monfils avait cessé son travail avec son préparateur mental. « Je ne vous cache pas que je l'ai rappelé pas mal de fois, sourit-il. Je n'arrive pas à me visualiser bien, être positif, je me frustre dès que je rate, je ne parviens plus à imposer mon rythme et je ne fais que subir. Je n'ai pas le feu, je suis triste. Je ne peux pas être heureux parce que je n'arrive pas à produire, extérioriser, lâcher prise. Après le confinement, j'étais beaucoup moins fun, très centré sur la performance à l'entraînement, ce qui ne m'arrive jamais. A trop vouloir être perfectionniste, tu arrives en match, tu fais une double faute et derrière tu en fais 50… »

Désormais en vacances, le n°1 Français attend de connaître les modalités sanitaires du déplacement à Melbourne. « La situation change chaque semaine, observe-t-il. J'avais même en tête d'y aller fin novembre, faire ma quatorzaine et ma présaison là-bas mais c'est très compliqué. En plus, Elina (NDLR : Svitolina, sa compagne) ne se voit pas partir si tôt, donc je dois revoir cette option. Mais on essaiera de trouver une solution… »