Gaël Monfils change d’entraîneur : «Il a pris la décision de se faire mal», analyse Henri Leconte

L’ancien n° 5 mondial, qui a travaillé avec Günter Bresnik, s’étonne du nom du nouveau coach de Gaël Monfils. Le n° 1 français a en effet choisi l’Autrichien, réputé pour son exigence.

 Gaël Monfils, qui fêtera ses 35 ans cette année, s’est attaché les services d’un nouvel entraîneur au moment de débuter cette saison.
Gaël Monfils, qui fêtera ses 35 ans cette année, s’est attaché les services d’un nouvel entraîneur au moment de débuter cette saison. LP/Philippe Lavieille

Bienvenue Günter Bresnik! Après Thierry Champion, Pier Gauthier, Olivier Delaitre, Tarik Benhabiles, Roger Rasheed, Patrick Chamagne, Eric Winogradsky, Jan de Witt, Mikael Tillström ou encore Liam Smith, l'expérimenté coach autrichien est le nouvel entraîneur de Gaël Monfils, 34 ans et 11e à l'ATP.

Connu pour son exigence et son travail « quantitatif », Bresnik, 59 ans, est notamment l'homme qui a façonné Dominic Thiem de l'enfance jusqu'en 2019. Dans les années 1980, l'ancien étudiant en médecine a collaboré avec Boris Becker ou… Henri Leconte. Le vainqueur de la Coupe Davis 1991 est très étonné du choix du n° 1 français.

Que vous inspire le duo Monfils - Bresnik ?

HENRI LECONTE. C'est une énorme surprise. Ce qui est intéressant, c'est la démarche de Gaël de prendre quelqu'un qui est intransigeant et ne lui laissera rien passer. Il va falloir travailler très très fort et accepter beaucoup, car Günter ne lâche rien. Les situations comme celles qu'on vit actuellement avec le Covid-19 nous font prendre conscience de certaines choses. Gaël a peut-être eu un déclic. Mais est-ce que ce n'est pas trop tard? En tout cas, il est allé chercher quelqu'un qui est « no limit ».

C'est-à-dire ?

Bresnik est conscient du potentiel physique extraordinaire de Gaël. C'est l'un des joueurs avec le meilleur physique mais qui ne l'a pas exploité pleinement. Il joue toujours sur ses acquis. Là, Gaël a pris la décision de se faire mal. Mais attention à ne pas exploser ! 34 ans, ce n'est pas 18 ou 22, le corps ne réagit pas de la même façon. Gaël, c'est du cristal, des qualités athlétiques fantastiques, une agilité hors normes, l'un de ceux qui se déplacent le mieux. La seule chose qui me fait peur, c'est qu'il pète. Que Günter le pousse dans ses retranchements et que le corps ne suive pas.

Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration ?

(Sourire) C'est loin ! Cela a duré environ un an. Je voulais remettre un coup de collier à mon physique. Je suis allé en Autriche, on a poussé les limites… et j'ai cassé. Mon dos a pété. Günter est consciencieux, rigoureux, organisé, pointilleux… Il n'est pas du style à arrondir les angles. Il vous pousse parfois trop loin. Avec lui, il faut être vraiment prêt.

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Comment ça peut marcher avec Monfils ?

La démarche est belle, mais ça peut être terminé dans trois ou quatre mois. Günter connaît extrêmement bien le tennis. Son défaut, c'est un peu la communication. Peut-être qu'il prend aussi ce challenge pour s'améliorer, apprendre à être un peu plus conciliant. Gaël, c'est une pépite. Il faut bien le comprendre pour qu'il soit heureux. S'il n'est pas bien dans sa tête, c'est fini. Il faut le cerner mentalement, trouver les bons mots, sinon c'est compliqué. On ne peut pas se contenter de lui dire : Bouge-toi un peu si ça ne va pas. En tout cas, j'espère que Gaël va nous offrir des moments de bonheur dans cette période triste. L'année dernière, il avait fait un début de saison extraordinaire. Il aurait pu faire de grandes choses en juin à Roland-Garros (NDLR : le tournoi avait été reporté à fin septembre)