30 000 fans par jour, Djoko en force, Bleus en berne… tout ce qu’il faut savoir sur l’Open d’Australie

Le premier Grand Chelem de la saison commence dans la nuit de dimanche à lundi en France. Et ce sera avec beaucoup de public…

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 Le Serbe Novak Djokovic fait figure de favori pour décrocher son neuvième titre à Melbourne et son 18e Grand Chelem.
Le Serbe Novak Djokovic fait figure de favori pour décrocher son neuvième titre à Melbourne et son 18e Grand Chelem. REUTERS/Loren Elliott

L'Open d'Australie commence ce lundi (dans la nuit de dimanche à lundi en France). Un premier Grand Chelem de la saison, spécial à bien des égards, et dont la préparation n'a rien eu d'un long fleuve tranquille. Malgré les contraintes sanitaires, le scepticisme de la population locale et une belle frayeur à quelques jours du coup d'envoi, les organisateurs ont réussi leur pari osé. Prêts? Jouez!

Quel est le protocole sanitaire ?

Les quelque 1200 accrédités venus du reste du monde dans des vols charters spécialement affrétés ont déjà fait le plus dur. La majorité des joueurs a été soumise à une quatorzaine assortie de cinq heures de sortie par jour pour l'entraînement tennistique et physique. Soixante-douze malchanceux, déclarés cas contact, ont dû rester cloîtrés pendant deux semaines dans leur chambre d'hôtel.

Positive au Covid-19 en début de séjour, l'Espagnole Paula Badosa, elle, a passé 21 jours à l'isolement. 507 personnes, dont 160 joueuses et joueurs ayant résidé au Grand Hyatt ont également été obligés de se soumettre jeudi à un nouveau test après la découverte d'un employé positif, le premier cas en 28 jours.

Même si tous les retours ont été négatifs, les règles relatives au port du masque ont été durcies. Mais les ramasseurs de balle, par exemple, n'en porteront pas. En revanche, ils ne devront en aucun cas toucher les serviettes des participants.

Y aura-t-il des spectateurs ?

Oubliés l'annulation de Wimbledon, le huis clos de l'US Open et l'assistance famélique (1000 personnes par jour) de Roland-Garros. Au total, plus de 390 000 spectateurs doivent arpenter les allées de Melbourne Park pendant la quinzaine. Soit la moitié du public accueilli en 2020. Un joli tour de force. « Le site sera un endroit extrêmement sûr, a promis Greg Tiley, le directeur du tournoi. Il y a des contrôles, le traçage des contacts, la distanciation physique… »

30 000 fans quotidiens, répartis en trois zones distinctes, se presseront les huit premiers jours. La jauge sera ensuite réduite à 25 000 à partir des quarts de finale. Martin Pakula, ministre des Sports de l'Etat du Victoria, s'attend à « une ambiance incroyable, pas si différente de celle vue sur tous les Opens des dernières années ». En tout cas , l'exhibition du week-end dernier à Adélaïde devant plus de 4000 fans a donné le ton. Comme les autres sports, le tennis n'a pas la même saveur lorsqu'il est entouré de la ferveur populaire…

Djokovic décrochera-t-il son neuvième titre à Melbourne ?

Dans la chaleur de l'été austral, le Serbe fait figure de favori pour décrocher son neuvième titre à Melbourne et son 18e Grand Chelem. Cela ressemble même à un passage obligé pour le n°1 mondial, 33 ans, qui accuse trois Majeurs de retard sur Nadal et Federer (absent et qui fera sa rentrée en mars) et va voir la concurrence de la jeune garde s'aiguiser au fil des mois.

Le boss doit aussi faire oublier une fin de saison douloureuse avec une disqualification à l'US Open et une correction infligée par Nadal en finale de Roland-Garros … Derrière Djokovic, Nadal (qui peut devenir le premier joueur de l'ère Open à remporter au moins deux fois les quatre Grands Chelems mais semble en délicatesse avec son dos), Thiem (battu en finale en cinq sets par le Djoker l'an passé), Medvedev, Zverev ou Tsitsipas font figure de solides outsiders. Pour arriver en finale, Djokovic devra écarter Zverev et Thiem, Nadal en faire de même avec Tsitsipas et Medvedev. Faites vos jeux…

Verra-t-on un coin de ciel Bleu ?

Côté Français, où Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille ont déclaré forfait, neuf garçons (Gaël Monfils, Benoît Paire, Adrian Mannarino, Ugo Humbert, Gilles Simon, Jérémy Chardy, Corentin Moutet, Pierre-Hugues Herbert et Quentin Halys) et six filles (Fiona Ferro, Caroline Garcia, Kristina Mladenovic, Alizé Cornet, Clara Burel et Chloé Paquet) seront sur la ligne de départ. Les regards seront principalement tournés vers Monfils, qui débute sa collaboration avec le tandem autrichien Bresnik/Ruckelshausen.

Gaël Monfils face à l’Italien Matteo Berrettini le 3 février à Melbourne./AFP/DAVID GRAY
Gaël Monfils face à l’Italien Matteo Berrettini le 3 février à Melbourne./AFP/DAVID GRAY  

Reste à savoir si le Parisien, n°11 mondial, aura déjà assimilé les orientations de ses nouveaux coachs. Le n°1 tricolore considère lui-même le grand rendez-vous inaugural de l'année comme une étape où « ce n'est pas grave de perdre au premier tour »… Pour les autres, la tâche va de difficile à quasi insurmontable, comme Chardy et Simon, lancés d'entrée contre Djokovic et Tsitsipas…

Mission impossible pour Serena ?

Sacrée à Melbourne en 2019 et gagnante du dernier US Open, Naomi Osaka fait figure d'épouvantail… au parcours épouvantable. La Japonaise devra sans doute épingler Muguruza, Andreescu, Kvitova et Halep avant une éventuelle finale contre la tenante du titre Sofia Kenin ou la numéro 1 mondiale australienne Ashleigh Barty.

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Comme à chacune de ses sorties, l'autre attraction se nomme Serena Williams. A 39 ans, l'Américaine court toujours après un 24e titre en Grand Chelem qui en ferait l'égale de Margaret Court. Depuis son 23e sacre il y a quatre ans à Melbourne, la protégée de Patrick Mouratoglou, qui se plaint de son épaule droite, a raté quatre fois le coche en finale. Vu la densité du tableau, il lui faudra déjà arriver jusque-là…