Sport amateur : «Si on doit rembourser tous nos licenciés, on met la clé sous la porte»

De nombreux clubs reçoivent des demandes de remboursement de licence en raison de l’absence d’activité due aux mesures sanitaires. Après une baisse d’effectifs et de sponsoring pour certains.

 L’équipe sénior de Linas-Montlhéry ne peut plus participer à un échauffement d’avant-match.
L’équipe sénior de Linas-Montlhéry ne peut plus participer à un échauffement d’avant-match.  LP/Icon Sport/Michel Brisset

Plus de dix jours que le deuxième confinement a été déclaré, impliquant l'arrêt des activités sportives chez les amateurs, et voilà les clubs face à un dilemme. Sur la page Facebook de Linas-Montlhéry, adversaire du PSG (0-6) en 32es de finale de la Coupe de France de football en janvier dernier, une première demande de remboursement de licence est déjà arrivée. « On fera un geste si ça dure longtemps, on peut envisager la gratuité de notre stage de l'été prochain, aux tournois auxquels on participe habituellement mais rembourser me paraît très compliqué », confie Michaël Bertansetti, à la tête d'une structure de plus de 600 adhérents (180 € la cotisation).

Le Rueil-Malmaison Football Club a, lui, déjà reçu une dizaine de demandes de ce type. « Si on doit rembourser plus de 1300 licenciés, on met la clé sous la porte », assure-t-on. Sachant que l'institution a déjà réglé la facture des équipements (130 000 €) et avait décidé de baisser de 30 € la cotisation (230 € en moyenne) à la rentrée, après le premier confinement.

En basket, Orly (378 adhérents) a ainsi décidé « de ne pas encaisser les cotisations de ceux qui payent en plusieurs fois », selon son président Arnaud Sevaux pour se prémunir d'une vague de demandes. « Quand une famille paye quatre licences pour rien, je comprends qu'elle souhaite être remboursée. On espère qu'on sera soutenu par la Fédération et le comité de l'Essonne. Mais si on doit le faire, on le fera pour tous nos licenciés par souci d'équité », déclare François Ribière, responsable des équipes jeunes au club Team Morigny Étréchy (198 licenciés).

« Certaines personnes n'avaient pas non plus encore payé leurs licences, préférant attendre »

Dans le même temps, certaines associations ont vu leurs effectifs s'amincir. « La saison dernière, on comptait 437 licenciés, on en recense 310 pour l'instant, indique Zélie Amard, dirigeante du club de Saint-Cloud Paris Stade Français en volley. Certaines personnes n'avaient pas non plus encore payé leurs licences, préférant attendre avant de s'engager. Je ne suis pas certaine qu'on les retrouve après la sortie du deuxième confinement. Cela aura forcément un impact sur les finances du club. On sait qu'on va devoir se serrer la ceinture. »

Isabelle Penafiel, présidente de la section handball du Paris Sport Club, a, elle, déjà chiffré le manque en trésorerie. « Nous avions perdu une cinquantaine de licenciés au printemps dernier pour être à 640 environ. Pour le moment, nous sommes 415 sans savoir comment cela va évoluer. Mais on est à près de 50 000 € de perte financière comme on l'avait estimée. »

Sans oublier la baisse de sponsoring car « on vit beaucoup sur les aides des partenaires locaux, des restaurants, des bars qui ne savent pas aujourd'hui s'ils vont survivre à la crise », précise Sébastien Papillon, président de Clamart en rugby. « L'autre impact du reconfinement concerne l'annulation des différentes manifestations, comme les plateaux pour les jeunes, poursuit-il. En annulant toute notre offre rugby, nous avons évidemment un manque à gagner. »