XV de France : un accord enfin trouvé entre la Fédération et la Ligue

Les deux instances se sont enfin mises d’accord ce jeudi sur la libération des internationaux tricolores du Top 14 pour les six matchs du XV de France cet automne.

 Avec l’accord signé entre la Ligue et la Fédération, le capitaine du XV de France Charles Ollivon ne pourra disputer que trois des six matchs au programme des Bleus.
Avec l’accord signé entre la Ligue et la Fédération, le capitaine du XV de France Charles Ollivon ne pourra disputer que trois des six matchs au programme des Bleus.  REUTERS/Russell Cheyne

Le duel a tourné court. Chacun est reparti dans son camp, maugréant dans sa barbe, mais tête haute. C'est tout ce qui compte. Engagées dans un bras de fer qui ne pouvait aboutir qu'à une situation ridicule, la Fédération française et la Ligue nationale ont trouvé un accord ce jeudi en début d'après-midi. Dans les faits, les clubs du Top 14 libéreront bien leurs internationaux pour les six matchs du XV de France cet automne, mais aucun d'entre eux ne pourra participer à plus de trois rencontres.

Les 31 joueurs convoqués par le sélectionneur Fabien Galthié seront donc présents à Marcoussis (Essonne) lundi, afin de préparer la rencontre amicale face au Pays de Galles au Stade de France, samedi 24 octobre. Suivront France-Irlande, le 31 octobre, toujours au Stade de France, dernière journée du Tournoi des Six Nations 2020; puis l'Autumn Nations Cup, compétition organisée pour combler les absences des nations du Sud, restées chez elles en raison de la pandémie de coronavirus. Les Bleus affronteront les Fidji le 15 novembre, se rendront en Ecosse le 22, puis accueilleront l'Italie le 28. Un match de classement contre un adversaire de l'autre groupe (Angleterre, Galles, Irlande et Géorgie) se disputera le 5 ou 6 décembre.

Galthié le grand perdant

Voilà pour le tableau. Mais une sacrée passe d'armes s'est déroulée derrière cette vague bleue censée surtout - excepté pour France-Irlande, seul match qui compte vraiment - occuper le terrain et récolter des droits télé sous l'égide de World Rugby, la Fédération internationale.

Les clubs de Top 14 se sont en effet révoltés. Sérieusement touchés par l'arrêt de la saison 2019-2020 en mars dernier, impactés par les mesures de restrictions qui maintiennent une grande partie du public loin de leur stade, jusqu'au huis clos désormais pour certains d'entre-eux soumis au couvre-feu, les clubs ont dit stop.

S'ils avaient suivi la volonté de Bernard Laporte, le président de la FFR, ils auraient perdu leurs meilleurs éléments durant sept semaines, et disputé des doublons sans eux. « Nous sommes supporters du XV de France mais à un moment, ça fait beaucoup », a lâché Jacky Lorenzetti, le président du Racing 92 qui dispute la finale de la Coupe d'Europe ce samedi contre Exeter à Bristol, en Angleterre. « Fallait-il organiser un match de préparation en plus? », avait lancé Didier Lacroix, son homologue toulousain, ciblant la tenue de France-Galles le 24 octobre. Bernard Lemaître, le président toulonnais menaçant même de ne pas libérer Charles Ollivon, le capitaine du XV de France pour cette rencontre.

Le Conseil d'Etat, saisi par la Ligue nationale, a renvoyé tout le monde à une nouvelle négociation, qui s'est déroulée ces mercredi et jeudi. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a sérieusement incité les deux camps à trouver une solution. Finalement, Charles Ollivon sera bien là, pour affronter les Gallois, mais il ne disputera pas plus de trois rencontres sur les six jouées par les Bleus. Comme chacun de ses coéquipiers.

La Ligue et les clubs ont également obtenu de libérer « seulement » 31 joueurs pour chaque match. Fabien Galthié, lui, avait pris l'habitude, lors du dernier Tournoi, de préparer les rencontres à 42… Il est le grand perdant de l'histoire. Le rugby tricolore, soumis à une crise économique, n'a sans doute plus ces moyens-là.