XV de France : la bulle sanitaire autour des Bleus aurait bel et bien été percée

La bulle sanitaire autour du XV de France aurait été percée une fois à Marcoussis, ce qui expliquerait la prolifération du Covid-19 au sein des Bleus, qui menace la tenue de France - Ecosse ce dimanche.

 Marcoussis, centre national d’entraînement, le 11 févier 2021. Les règles strictes mises en place n’ont pas permis de bloquer l’avancée du virus dans les rangs du XV de France.
Marcoussis, centre national d’entraînement, le 11 févier 2021. Les règles strictes mises en place n’ont pas permis de bloquer l’avancée du virus dans les rangs du XV de France. AFP/Franck Fife

Qui a donc pu percer la bulle? Et importer le Covid-19 de l'extérieur jusqu'au cœur du XV de France? Elle était pourtant annoncée comme particulièrement hermétique, imperméable, infranchissable. Le protocole sanitaire « sévère » établi par la Fédération française, et ses homologues du Six Nations avait permis in extremis la tenue du Tournoi. Et puis le virus, version variant anglais, est venu se promener chez les Bleus, tranquillement. Et il y a fait des dégâts. Pas du point de vue de la santé puisque les acteurs touchés sont asymptomatiques, mais en termes de propagation au sein de l'effectif tricolore. Une bonne partie du staff, Galthié, Servat, Ghezal, et un préparateur physique dont l'identité n'a pas été révélée, dix joueurs dont le capitaine Charles Ollivon et Antoine Dupont, positifs… L'hécatombe laisse planer un sérieux doute sur la tenue de France - Ecosse, ce dimanche au Stade de France.

Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi les Bleus sont-ils touchés si le protocole sanitaire a été respecté et pas les Irlandais, les Ecossais, les Anglais, les Gallois ou les Italiens ? Les regards se sont d'abord tournés vers l'équipe de France à 7 dont certains éléments sont venus renforcer le XV de France lors d'un entraînement à haute intensité le jeudi précédant la victoire en Irlande (15-13), dimanche 14 février. Les Bleus du 7, rattrapés par le virus lors de leur stage à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) ont d'ailleurs déclaré forfait pour le Tournoi de Madrid qui commençait le week-end dernier. Il semblerait cependant qu'ils ne soient pas à l'origine de la contamination mais au contraire des victimes.

Chuchotements à Marcoussis

Alors il a fallu une autre faille pour que le virus atteigne son premier trio tricolore mardi dernier, après des tests effectués la veille : Fabien Galthié, le sélectionneur, William Servat, son adjoint chargé de la conquête et de la mêlée, et le préparateur physique resté anonyme. Il s'est propagé ensuite parmi les joueurs. Dans les colonnes du Midi Olympique, dimanche, Serge Simon, le vice-président de la Fédération française semblait catégorique : « Le patient zéro, on le connaît : c'est notre préparateur physique. Comment a-t-il pu contracter le virus? Au contact de France 7? Scientifiquement, rien ne permet de l'affirmer ou de l'infirmer, on n'a pas d'explication à ce sujet. Il y a tellement d'hypothèses… On a pu le croiser à l'aéroport, à l'hôtel, ailleurs… La délégation du XV de France, c'est 70 personnes. On le voit partout, tous les jours, le risque zéro n'existe pas. » Simon va un peu vite en désignant le « coupable ».

A Marcoussis, des chuchotements, sous le manteau, laissent entrevoir un autre scénario. La bulle aurait bel et bien été percée au début de la semaine conduisant à Irlande - France, et ce en dépit des règles édictées. Mais pas par le préparateur physique érigé en soldat inconnu.