Wesley Fofana : «Le rugby a changé mon destin»

Le trois-quarts international de Clermont évoque ses débuts au collège Georges-Braque de Paris, alors qu’il était un enfant des cités du XIIIe arrondissement.

 Wesley Fofana compte 48 sélections avec le XV de France.
Wesley Fofana compte 48 sélections avec le XV de France. LP/Olivier Arandel

Le trois-quarts centre international (48 sélections en équipe de France) qui évolue aujourd'hui à Clermont, a découvert le rugby au collège Georges-Braque du XIIIe arrondissement de Paris. Aujourd'hui, à 32 ans, le Clermontois revient sur cette période qui a changé sa vie.

Comment se sont passés vos débuts ?

WESLEY FOFANA. A mon entrée en 6e, j'avais Serge Collinet comme professeur principal et il nous incitait à rejoindre la section rugby. Je n'y connaissais rien. Je jouais au foot, mais j'avais un copain qui y était. J'ai essayé et cela m'a plu tout de suite. J'avais une sensation de liberté sur le terrain. Mais il a fallu convaincre ma mère que cela effrayait. A chaque fois qu'on allait en gym, on passait avec la classe devant mon immeuble et Serge nous laissait quelques minutes pour monter discuter avec elle. Il a fini par avoir gain de cause.

Qu'avez-vous trouvé dans ce sport ?

Cela m'a appris le collectif. Sans ton copain, tu es mort. Il n'y a pas de vedette, de star, de Messi ou de Ronaldo. On n'existe pas sans les autres. Et puis, j'ai appris la force du travail. Serge était très exigeant, très strict, dur parfois mais il y avait du second degré chez lui. C'est quelqu'un qu'on a envie d'aimer. On voulait se dépasser pour lui. On ne rencontre pas souvent des personnes comme cela dans une vie.

Le rugby a-t-il un rôle à jouer dans les cités ?

Oui. Et aujourd'hui plus que jamais. Il permet à ces jeunes de voir autre chose, il leur donne un but, un avenir. Plus ce sport se démocratise, plus il touche la diversité, plus il est important. Personnellement, j'ai vécu mes meilleures années là-bas avant de rejoindre le lycée Lakanal de Sceaux (Hauts-de-Seine). C'était une aventure humaine incroyable. Le rugby a changé mon destin, je lui dois la vie que j'ai aujourd'hui.