Vif, technique et imprévisible : Finn Russell, l’homme qui porte le Racing 92

Le demi d’ouverture écossais, capable de coups de génie, sera l’un des hommes forts du club francilien, opposé samedi à Clermont en quart de finale de Champions Cup.

 Le demi d’ouverture écossais a porté ses partenaires vendredi contre Montpellier.
Le demi d’ouverture écossais a porté ses partenaires vendredi contre Montpellier. LP/Icon Sport/Baptiste Fernandez

Le Racing 92, sa pelouse synthétique, son Arena fermée et les coups de génie de son demi d'ouverture. Vendredi contre Montpellier (41-17), Finn Russell a fait du Finn Russell pour le premier match à domicile des Franciliens depuis le confinement : des accélérations déroutantes, des accélérations dans les trous de la défense héraultaise et des coups de pied géniaux, à l'origine de deux essais coup sur coup des hommes de Laurent Travers.

Arrivé en 2018 pour succéder à Dan Carter, l'Écossais de 27 ans s'est imposé dans la formation de Laurent Travers, dont il sera chargé d'animer le jeu contre Clermont en quart de finale de Champions Cup samedi (18h45). Des performances analysées par Dimitri Yachvili, consultant pour le diffuseur de la rencontre France 2, et Philippe Doussy, entraîneur en charge des skills au Racing 92.

Ses forces

Dimitri Yachvili : « C'est un joueur volatil avec des qualités techniques remarquables pour son poste. Il sort du cadre, il a ce truc qui fait qu'il sent le jeu quand il est sur le terrain. Il est aussi très bon dans son jeu au pied offensif. Avec Carter, le jeu du Racing était plus pragmatique, plus construit. Lui l'a rendu plus vif. Je le mets dans les cinq meilleurs ouvreurs du Top 14 aujourd'hui. »

Philippe Doussy : « Finn, c'est un régal pour ses coéquipiers. Il est tellement fluide et relâché sur le terrain et, en même temps, ses gestes sont très précis. Ce qui est marquant, c'est comment il est facile dans toutes ses passes, qu'importe la distance avec le joueur qu'il vise. On le catalogue comme un attaquant qui porte le ballon, mais là où certains étiquetés de la sorte n'arrivent pas à alterner au pied, lui sait le faire. Et puis, même s'il n'est pas gainé comme un sprinteur, je peux vous assurer qu'il va vite. Pour moi, c'est le meilleur à son poste dans le Championnat de France. »

Ses coups de folie

Dimitri Yachvili : « C'est le facteur X, capable de faire des différences comme peu de joueurs le font dans le rugby de haut niveau. Quand tu joues demi de mêlée avec lui, ça doit être perturbant parce qu'il y a quand même un cadre et des lancements de jeu à respecter sur les attaques. Le truc qui l'aide avec ses appuis et sa technique, c'est aussi le stade fermé du Racing où il n'a pas à se soucier de la pluie, du vent ou de la boue. Cela dit, ça ne l'a pas empêché d'inscrire son essai au Munster, où il réussit un petit pont dans des conditions plus délicates. »

Philippe Doussy : « On lui donne un cadre, mais aussi une certaine liberté qu'il exploite avec son très bon coup d'œil. Il est détaché par rapport à l'événement, mais il ne faut pas se leurrer, il travaille beaucoup à l'entraînement. Il passe du temps à la vidéo à scruter les équipes, ses adversaires directs, les zones où aller chercher les défenseurs, etc. Derrière ce que l'on voit sur le terrain, il y a beaucoup de préparation. »

Ce qu'il doit améliorer

Dimitri Yachvili : « On ne peut pas trop lui reprocher de tenter des choses inattendues parce que ça fonctionne souvent, mais je l'ai vu parfois en abuser et sortir de son match. Quand son paquet d'avants était dominé, il n'a pas forcément réussi à sortir du lot. Il ne pourra pas toujours être dans le côté intuitif et spectaculaire. Là, il est au Racing depuis deux ans et est en forme, je veux voir ce qu'il donne sur ce quart de finale. S'il arrive à allier ses qualités et à un côté plus gestionnaire, ça fera un très beau mélange. »

Philippe Doussy le dit : il vaut mieux avoir Finn Russel dans son équipe « que dans celle d’en face. »./AFP/FRANCK FIFE
Philippe Doussy le dit : il vaut mieux avoir Finn Russel dans son équipe « que dans celle d’en face. »./AFP/FRANCK FIFE  

Philippe Doussy : « Parfois, je me dis que certaines choses qu'il fait d'une telle manière face à des adversaires, on l'aurait fait d'une autre manière (rires). Il fait tellement de choses bien qu'on peut lui accorder un peu de déchet dans ses offensives parfois. Il est très performant, mais on lui a trouvé des axes de travail où s'améliorer. On lui fait travailler ses coups d'envoi, pour qu'il soit capable de varier les zones où il remet en jeu pour mettre la pression, et son jeu au pied pour déplacer l'adversaire. Mais globalement, je préfère largement l'avoir dans mon équipe que dans celle d'en face. »