Tournoi des Six Nations : Teddy Thomas va-t-il enfin s’imposer chez les Bleus ?

Auteur de deux essais lors de la victoire du XV de France en Italie (50-10) ce samedi, l’ailier du Racing 92 s’est de nouveau montré à son avantage sous le maillot tricolore. Au point de devenir incontournable ?

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 Teddy Thomas a largement pris part au festival offensif du XV de France contre une faible équipe d’Italie (50-10).
Teddy Thomas a largement pris part au festival offensif du XV de France contre une faible équipe d’Italie (50-10). Reuters/Guglielmo Mangiapane

Il est encore allé vite. Bien trop pour la défense italienne. Sur la pelouse du Stadio Olimpico, ce samedi, pour le premier match des Bleus dans le Tournoi des Six Nations (victoire 50-10 des Tricolores), Teddy Thomas avait des envies d'espace, largement satisfaites par les faiblesses transalpines. Et l'ailier du Racing 92, titularisé par Fabien Galthié, en a profité pour encore améliorer son impressionnant ratio chez les Bleus avec deux nouveaux essais. Le voici à 15 en 23 sélections depuis 2014, ce qui montre tant l'efficacité que la carrière en pointillés du joueur sous le maillot frappé du coq.

A 27 ans, Teddy Thomas a presque tout connu : quatre sélectionneurs, des débuts fracassants avec un triplé contre les Fidji pour sa première cape, une exclusion du groupe pour être arrivé en retard à un entraînement en 2014, une autre mise à l'écart pour s'être joint à une virée nocturne en Ecosse en 2018, et une flopée de soucis physiques. Pour résumer : un phénomène ballon en main, mais bien trop inconstant et plombé par «une réputation de branleur qui s'en fout», comme il l'a récemment regretté dans un entretien à Stade 2.

Samedi, on a surtout vu le côté pile avec, outre ses deux essais, un apport offensif très intéressant, une brèche qui amène le premier essai des Bleus et une accélération foudroyante pour envoyer dans l'en-but adverse Antoine Dupont.

«Il est incisif, et en forme physiquement. On sent aussi que le plan de jeu du XV de France lui convient très bien, salue Mathieu Rourre, ex-directeur du centre de formation de Biarritz, où il a débuté sa carrière. Il a cette capacité à reprendre ses appuis sans perdre de vitesse, un peu comme l'avaient Emile Ntamack et Christophe Dominici.»

La défense, éternel point à surveiller

C'est bien ce qui amène Fabien Galthié et les Bleus à lui faire confiance. « Teddy Thomas a été très performant avec nous. Il apporte ce qu'on attend de lui, c'est-à-dire ses qualités de vitesse, de finisseur, de marqueur», a souligné le boss des Bleus pour justifier sa place dans le XV de départ au détriment de Damian Penaud.

A Rome, l'ailier n'a pas semblé affecté par son divorce annoncé avec le Racing 92 qui a fuité cette semaine dans la presse. S'il n'a pas encore trouvé de point de chute pour la saison prochaine, Teddy Thomas s'impose de plus en plus chez les Bleus. Même si l'équilibre est fragile. Très décevant à Cardiff lors de la victoire des Bleus il y a un an, il avait été écarté par le staff pour le déplacement suivant en Ecosse. «Pas une sanction», avait insisté le staff tricolore. Mais difficile de ne pas y voir une mise en garde.

Autre point à surveiller, ses errements défensifs. S'il a évité un essai italien d'un coup de pied judicieux à Rome, Teddy Thomas affiche trop souvent des lacunes dans ce secteur du jeu. «Il faut de la rage, il en a moins que les autres, résume l'ex-trois-quarts centre international, Richard Dourthe. Il défend mieux collectivement qu'avant, mais ça reste un problème. Maintenant, ça n'est pas si grave tant qu'il fait ce qu'on lui demande : marquer ou faire marquer.»

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«Si Teddy était aussi fort en défense qu'en attaque, il serait l'un des meilleurs joueurs du monde. Mais si on le prend, on ne le prend pas pour ses qualités de défenseur, estime Mathieu Rourre. Maintenant, il faut regarder son apport global. C'est quelqu'un qui conçoit le rugby en attaque, et c'est sur ça qu'il faut s'appuyer avec lui.» Pour l'instant, c'est la ligne directrice du staff des Bleus.