Tournoi des Six Nations : le XV de France en route pour le Grand Chelem ?

L’équipe de France, qui a battu l’Irlande à Dublin dimanche (15-13), peut désormais viser la victoire dans le Tournoi avec un Grand Chelem à la clé, ce qu’elle n’a plus connu depuis 2010. Les avis sont unanimes.

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 Depuis un an, le XV de la France gagne : neuf victoires en onze matchs sous l’ère Galthié.
Depuis un an, le XV de la France gagne : neuf victoires en onze matchs sous l’ère Galthié. AFP/Brian Lawless

Ils y pensent, eux aussi. Et pourtant, les rêves ne sont pas une matière enseignée entre les murs de Marcoussis, leur forteresse, leur camp retranché dans l'Essonne. Les discours qu'ils entendent auraient plutôt tendance à les enfermer dans le très court terme : le repas d'après, l'entraînement d'après, le match d'après. Pas plus. Fabien Galthié et son staff pléthorique sont là pour y veiller. On ne sort pas du cadre. Tout est inscrit sur un tableau sous la forme d'une flèche du temps truffée de points de passage. Mais les Bleus sont des hommes. De jeunes hommes même et leurs esprits vagabondent au-delà des chiffres, des calculs, des mesures. Ils échafaudent des mots que l'on croyait oubliés : Grand Chelem…

11 matchs, 9 victoires et tant d'espoirs

« On a un calendrier favorable pour ça, nos victoires donnent envie », glisse Cyril Baille, le pilier tricolore. Depuis un an, ils gagnent en effet. Neuf fois en onze matchs sous l'ère Galthié. Le Tournoi commencé il y a dix jours par une promenade en Italie (50-10), s'est poursuivi par un succès probant en Irlande dimanche (15-13), le premier à Dublin depuis dix ans. Il reste l'Ecosse, le 28 février au Stade de France, l'Angleterre, le 13 mars à Londres, et le Pays de Galles, le 20 mars à Saint-Denis pour décrocher des lauriers qu'ils n'ont plus connus depuis 2010…

Rien d'insurmontable tant les futurs adversaires des Bleus n'offrent pas des garanties tout-terrain. « Ils vont remporter le Tournoi, c'est sûr, souligne l'ancien demi de mêlée international Guy Accoceberry, consultant pour France Inter. Ils ont tout ce qu'il faut pour ça. Le Grand Chelem, cela veut dire ne connaître aucun accroc. Il ne devrait pas y avoir de problèmes contre l'Ecosse, même si c'est une équipe joueuse qui peut les priver de ballons, ni face aux Gallois. Ce sera sans doute plus dur devant les Anglais chez eux, même s'ils sont en déclin. »

Personne d'autre n'a Dupont

La saison dernière, le XV de France n'avait chuté qu'en Ecosse (28-17), un passage à vide qui a servi d'avertissement. « Nous sommes meilleurs qu'à ce moment-là, affirme Galthié. Nous progressons. Notre but est de gagner à chaque fois que l'on se présente sur le terrain. » Avec leur défense en béton et leur capacité à faire d'un seul ballon un festin, les Bleus peuvent voir venir. « Ce Tournoi est fait pour eux car personne n'est au-dessus du lot », assure l'ancien sélectionneur Pierre Villepreux.

Personne n'a un Antoine Dupont dans ses rangs non plus. « La différence est là, estime Abdelatif Benazzi, ex-capitaine tricolore. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas eu des individualités de ce niveau, Dupont bien sûr, mais aussi Alldritt, Ollivon qui est un véritable capitaine ou Fickou. Ce qui m'impressionne, c'est l'homogénéité de cette équipe, sa créativité. Tout est possible avec elle. »

«Ils visent la Coupe du monde 2023»

Jusqu'à quel point ? « Il ne faut pas se tromper, ce qu'ils visent c'est la Coupe du monde en 2023, ajoute Benazzi. Ils ont le potentiel. Pour le Grand Chelem dès cette année aussi. Leur seul véritable obstacle, ce sera l'Angleterre. C'est une sélection en déclin mais elle est capable sur un match de se hisser à un bon niveau. Face aux Bleus, les Anglais n'auront rien à voir avec ce qu'ils ont montré contre l'Ecosse (NDLR : défaite 11-6) ou devant l'Italie (NDLR : victoire 41-18). Ils voudront priver les Français d'un Grand Chelem, mais c'est tant mieux, comme ça, nous serons des outsiders, notre meilleur rôle. »

Outsiders ou favoris, les Bleus iront chercher une revanche à Twickenham où le XV de la Rose les a coiffés le 6 décembre dernier lors de la finale de la Coupe d'automne des nations (22-19 après prolongation). Une revanche au nom de Grand Chelem.