Tournoi des Six Nations : dans la peau des sparring-partners des Bleus

Le XV de France fait régulièrement appel à des joueurs extérieurs afin de disposer d’un groupe conséquent, dont cinq « partenaires d’entraînement », pour préparer le Tournoi des Six Nations. Ils nous racontent.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Marvin O’Connor et l’équipe de France de rugby à VII ont permis au XV de France de réviser leurs gammes durant leur stage à Nice.
Marvin O’Connor et l’équipe de France de rugby à VII ont permis au XV de France de réviser leurs gammes durant leur stage à Nice. PRESSE SPORTS/Pierre Lahalle

« Les contacts piquaient un peu, ils ont des gars qui font 30 kg de plus que les nôtres. Mais on s'est quand même bien défendus pour les faire bosser. » Samedi soir, c'était opposition à l'entraînement pour Marvin O'Connor et toute l'équipe de France de rugby à VII. Mais pas contre n'importe qui. L'ancien joueur du Stade Français et ses partenaires se sont frottés à leurs cousins du XV, comme eux en stage de préparation sur les bords de la Méditerranée, à Nice.

Presque du banal dans la vie des hommes de Fabien Galthié. Depuis un an, le sélectionneur des Bleus et son staff invitent à tour des bras des adversaires pour jouer les sparring-partners de leur groupe : des joueurs du VII donc, mais aussi des espoirs ou l'équipe de France militaire. Dernière trouvaille de l'encadrement tricolore pour le début de ce stage niçois : faire venir cinq « partenaires », des éléments qui viennent d'un club qui n'a pas plus d'un joueur déjà présent dans la sélection. Une manière de retrouver le groupe des 42 du début de l'ère Galthié, aboli par le nouvel accord entre la Ligue et la Fédération.

« Ça permet de compléter le groupe et de mettre à l'entraînement ce que l'on fait en match le week-end », appuie le talonneur Pierre Bourgarit. Leur boulot principal ? Aider les Bleus à réviser leurs gammes. « Ça permet à leurs joueurs de bosser avec les mêmes indications contre un adversaire commun », souligne l'ex-international et manager des U21 du Stade Français, Pascal Papé.

« Il y a beaucoup de rythme, nos joueurs sont à 100 % »

Début mars, ses espoirs se sont pointés à Marcoussis, quelques semaines après ceux de Massy, pour roder les Bleus avant leur déplacement en Ecosse. « On était là pour jouer les sparring-partners, dans des oppositions très minutées. Il y a beaucoup de rythme, nos joueurs s'envoient à 100 %, souligne l'ex-deuxième ligne. Eux s'envoient aussi, mais avec un peu plus de retenue. »

« On va se mettre en défense pour qu'eux puissent préparer leurs différentes attaques, décrit Marvin O'Connor. Ce sont des séquences très précises. Ils annoncent leurs mouvements, et nous on doit essayer de les perturber. En tant que joueurs du VII, on apporte un côté déstructuré, avec beaucoup de mouvements, quand c'est notre tour d'attaquer. »

Les mesures sanitaires vont contraindre les Bleus

Pour assurer un rythme constant, Fabien Galthié et ses adjoints se déploient autour du terrain et renvoient tout de suite le ballon si celui-ci sort du terrain. « Ce sont des oppositions très exigeantes », glisse Marvin O'Connor. « Le staff avait préparé une séance sur les phases de possession et de perte de balle, décrit Papé. Nos joueurs étaient ravis, ils se sont bien frottés. Et ont pu voir ce qui les séparait de ce niveau-là. »

Mais pas question pour les espoirs du Stade Français de réitérer l'expérience cet hiver à Marcoussis. Les contraintes sanitaires ont obligé la FFR à limiter le groupe à 31 éléments pour l'ensemble du Tournoi afin d'éviter les allées et venues de joueurs externes et limiter les risques de contamination du groupe tricolore. Présents dans la bulle de Nice, les joueurs du VII ont pu venir dépanner avant le déplacement en Italie samedi pour le lancement du Tournoi, mais ont ensuite leurs propres échéances à préparer. « On va s'adapter, glisse l'entraîneur de l'attaque, Laurent Labit. Même s'il faut travailler avec moins de joueurs que prévu. » Et se passer des précieux sparring-partners.