Tournoi des Six Nations: comment les jeunes ont pris les commandes du XV de France

Les champions du monde des moins de 20 ans 2018 et 2019 font les beaux jours de l’équipe de France, qui affronte l’Irlande ce dimanche à Dublin.

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 En l’absence de Romain Ntamack, blessé, le Toulonnais Luis Carbonel, lui aussi champion du monde en équipe de jeunes, a réintégré le groupe.
En l’absence de Romain Ntamack, blessé, le Toulonnais Luis Carbonel, lui aussi champion du monde en équipe de jeunes, a réintégré le groupe. Presse Sports/Stéphane Mantey

Leur figure de proue n'est pas là mais elle ne devrait pas tarder à refaire son apparition. Romain Ntamack a fini de soigner une fracture de la mâchoire. Trop juste pour le déplacement des Bleus, ce dimanche (16 heures) en Irlande, mais de retour à l'entraînement avec le Stade toulousain, l'ouvreur pourrait rejoindre le XV de France lors des deux derniers matchs du Tournoi, en Angleterre le 13 mars et contre le Pays de Galles la semaine suivante.

En attendant, ses petits frères se sont bien débrouillés sans lui. Arthur Vincent, Louis Carbonel, Cameron Woki, Pierre-Louis Barassi, Jean-Baptiste Gros, Killian Geraci, champions du monde avec les moins de vingt ans (2018 et 2019), font partie des grands désormais sous la tunique bleue.

Vent de fraîcheur

Ils ont participé au succès inaugural des Tricolores en Italie samedi dernier (50-10), ou l'ont préparé parmi les 31 sélectionnés, comme le voyage en Irlande ce dimanche (16 heures). D'autres frappent à la porte ou sont sur la touche momentanément, comme Demba Bamba, convalescent.

Cette ribambelle de jeunes souffle un vent de fraîcheur sur la troupe de Fabien Galthié, mais surtout, cette première vague en annonce d'autres derrière elle, laissant imaginer un réservoir inépuisable de talents prêts à éclore et à dominer le monde.

« Nos adversaires sont étonnés, raconte Didier Retière, le directeur technique national. Les Italiens, par exemple, nous disaient après le match qu'ils étaient surpris d'une telle homogénéité, d'une telle richesse à tous les postes. »

Comment expliquer l'émergence de cette génération et surtout le rôle qu'elle joue au plus haut niveau? « Nous avons déjà été champions du monde avec les moins de 21 ans en 2006, ajoute Retière qui était alors leur entraîneur. Il y avait une belle génération ( NDLR : Médard, Mermoz, Beauxis, Guirado, Domingo… ), mais tout le travail initié par Pierre Villepreux puis Jean-Claude Skrela ( NDLR : ses prédécesseurs à la DTN ) n'a pas pu se concrétiser ensuite. Il s'est arrêté. »

Tout est différent aujourd'hui. La structure mise en place ne laisse personne en dehors des radars. « L'approche a changé dans la détection des talents, souligne Didier Retière. Désormais, nous ne laissons plus aucun poste dans l'oubli et nous mettons l'accent sur ce qui fait la force d'un joueur. Avant, on insistait surtout sur ce qu'il ne faisait pas bien. On travaille beaucoup avec les clubs. Nous avons un outil : le plan individuel de développement. Le club et l'équipe de France sont liés et cela ne concerne pas uniquement la préparation physique. Si un garçon a un souci de comportement dans son club, nous ne le prenons pas. »

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Les échanges sont réguliers entre les staffs. Les joueurs se préparent de la même façon, chez les Bleus et en Top 14. « Nous avons aussi décidé de réunir toutes les équipes de France, à partir des 16 ans, dans un même projet de jeu, précise le directeur technique national. Notre identité, ce qui fait notre force depuis toujours, c'est une défense très solide et une capacité à surprendre. Tout le monde travaille dans le même sens. L'arrivée de Fabien Galthié et de Raphaël Ibanez a fait beaucoup de bien évidemment. Tout ce qu'ils mettent en place sert pour les niveaux en dessous. »

«Des gamins habitués à gagner et remporter des titres»

La mentalité a changé aussi. « Ce sont des gamins qui sont habitués à gagner, à remporter des titres, insiste Didier Retière. Ils ne veulent pas s'arrêter là, ils veulent tout croquer. Ils ont très vite intégré les bons côtés du professionnalisme. Ils sont bosseurs et très unis. Il y a une sorte de fraternité entre eux, un sentiment d'appartenance Les moins de vingt ans d'aujourd'hui ont un groupe WhatsApp. Les anciens sont restés dedans et continuent d'envoyer des messages. »

Un gage pour le présent. Pour l'avenir aussi. « La route vers la Coupe du monde 2023 est tracée, conclut Retière. Le principal souci sera de gérer cette forte concurrence. Mais j'ai tout de même une crainte. C'est que l'on se satisfasse trop vite des succès. Nous n'avons pas encore remporté le Grand Chelem ou le Mondial. Il ne faudrait pas que l'on se repose un jour sur nos lauriers. »