Stade Français : le couvre-feu, «c’est 300000 euros de pertes supplémentaires»

Thomas Lombard, le directeur général du Stade Français, évoque les conséquences du couvre-feu sur les deux prochains matchs à domicile, contre le Racing et Toulouse. Il se montre également optimiste sur l’issue du conflit entre la Fédération et la Ligue nationale.

 Thomas Lombard, directeur général du Stade Français.
Thomas Lombard, directeur général du Stade Français.  LP/Guillaume Georges

Ils étaient plus de 10000 spectateurs lors du dernier Stade Français - Racing au stade Jean-Bouin (Paris XVIe) en novembre 2019. Dans un peu plus d'une semaine, le derby de Top 14 programmé à 21h05 se disputera, cette fois, sans public! L'Etat a, en effet, pris une mesure forte pour lutter contre la propagation du Covid-19 en imposant à partir de samedi minuit un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures, et donc des matchs en nocturne à huis clos.

« C'est 150 000 euros de pertes supplémentaires par match par rapport à la jauge des 1000 spectateurs qui était déjà imposée, donc 300000 euros pour le Racing et Toulouse dans l'immédiat, sachant qu'on a pour habitude de générer le plus de revenus sur ces deux rencontres, déplore Thomas Lombard, directeur général du club parisien. Après, il est peut-être possible qu'on discute avec le diffuseur. » Le dirigeant fait allusion à Canal+ dont il a été un des consultants vedettes et qui a prévu de diffuser en prime time le dimanche à 21h05 les deux affiches, Stade Français - Racing (25 octobre) et Stade Français - Toulouse (1er novembre).

« Avancer l'heure des rencontres me semble compliqué par rapport aux programmations de la chaîne, mais pourquoi pas réfléchir à ce que Canal fasse jouer à cet horaire-là des équipes qui ne sont pas impactées par la zone du couvre-feu, poursuit-il. Face à des conditions exceptionnelles, on peut parfois envisager des mesures exceptionnelles, même si le choix de la diffusion est dicté pour une question d'attractivité. » Avant de se montrer fataliste après cette nouvelle mesure gouvernementale.

La plupart des abonnés réengagés par solidarité

« On n'a pas le choix, on est dans une situation sanitaire grave, cette résolution est aussi temporaire, ne concerne pas tous les matchs, poursuit Thomas Lombard. Maintenant, on va refaire nos comptes. Comme d'autres clubs, on se retrouve un peu plus dans la difficulté avec les conséquences du huis clos, à savoir le remboursement de toutes les hospitalités, des billets abonnés en fonction du nombre de match, sans compter l'agacement que cela peut générer chez les supporters. La plupart se sont réengagés par solidarité. S'ils voient que la situation perdure, ils peuvent très bien dire : On arrête pour cette saison, c'est trop compliqué, vous nous remboursez. »

Par ailleurs, l'intéressé se montre optimiste concernant l'issue du conflit entre la Fédération française et la Ligue nationale au sujet de la mise à disposition des joueurs internationaux pour les prochains matchs du XV de France. « Il y a des ajustements encore à trouver sur leur nombre, mais il y a la volonté de trouver un accord des deux côtés, indique-t-il. Ce qui est très important pour la Fédération, et on l'a compris dès le départ, c'est de jouer le match contre le Pays de Galles parce qu'il prépare celui de l'Irlande qui peut permettre à l'équipe de France de remporter le Tournoi. Sachant qu'il existe une manne financière importante en fonction de la place à laquelle on termine. »