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Rugby : qui est Gabin Villière, l’homme pressé qui tape à la porte du XV de France

L’ailier de Toulon, qui évoluait en Fédérale 1 il y a un an et demi, postule à une première sélection contre les Fidji dimanche.

 Gabin Villière, ici sous le maillot de Toulon, attend avec impatience sa première sélection avec les Bleus.
Gabin Villière, ici sous le maillot de Toulon, attend avec impatience sa première sélection avec les Bleus. AFP/Nicolas Tucat

Au sein du XV de France, il y a les joueurs que vous avez appris à connaître lors du Tournoi des Six nations et ceux que vous allez apprendre à connaître avec l'Autumn Nations Cup. Accord bancal entre la Fédération française et la Ligue nationale de rugby oblige, Fabien Galthié et son staff sont limités à trois feuilles de match par joueur pour le bloc de six rencontres automnales. Le deal va contraindre l'encadrement tricolore à une rotation contrainte. Et l'un des bénéficiaires pourrait s'appeler Gabin Villière.

Inconnu du grand public, l'ailier toulonnais de 24 ans est passé en un an et demi des duels de Fédérale 1, le troisième échelon hexagonal avec Rouen, aux entraînements des Bleus. En octobre, il a intégré un groupe élargi pour préparer les rencontres contre le pays de Galles et l'Irlande. Un premier pas dans la porte, qu'il compte bien pousser en grand dimanche contre les Fidji.

« J'ai hâte de connaître ma première feuille de match même si je dois me formater au jeu de l'équipe petit à petit, rentrer dans le moule, explique-t-il. Je reste patient, mais à l'intérieur, je suis pressé. »

Refoulé en junior par plusieurs clubs

Le Normand a pourtant déjà dû se montrer patient. Chez les juniors, où il évolue à Vire (Calvados), Villière entame une tournée de plusieurs clubs de Top 14 et Pro D 2 pour tenter de percer. Le Stade Français, Clermont, le Racing 92 ou encore Lyon refusent celui qui pense pouvoir faire carrière au poste de demi de mêlée.

« Ce n'est pas une revanche d'être chez les Bleus aujourd'hui, glisse-t-il. Je n'étais pas prêt à l'époque, j'avais besoin de connaître un niveau d'exigence plus élevé. » « Il n'était pas fait pour faire carrière comme numéro 9, il gardait trop les ballons, sourit Richard Hill, son entraîneur à Rouen, qu'il rejoint après ces tentatives infructueuses. On l'a repositionné d'abord au centre, puis à l'aile. »

Il y fait des ravages, inscrivant essai sur essai. « Il était au-dessus du lot et apprenait très vite, souligne son technicien. Il a appris à éviter ses adversaires et à éviter plaquages. Quand il met la main dans la gueule d'un adversaire pour le repousser, je peux vous dire que l'autre le sent passer. »

Meilleur joueur du tournoi de Hong Kong en 2019

Le jeune homme, dont plusieurs amis de son ancien club lui ont créé une page sur Facebook dédiée à ses exploits après un doublé dans un match contre Nantes, tape dans l'œil des sélectionneurs de l'équipe de France à 7 qui croient en ses appuis. A raison. En 2019, Gabin Villière est sacré meilleur joueur du tournoi de Hong Kong, où les Bleus se hissent en finale. Quelques mois plus tard, Toulon l'attire sur la Rade pour le lancer dans le Top 14.

« En Normandie, il sert d'exemple aux jeunes qui veulent percer dans le rugby, raconte Richard Hill. Ils ont vu qu'un parcours comme le sien n'était pas forcément un obstacle. » « Je sors un peu des sentiers battus, admet le joueur, dont le parcours évoque celui d'un Anthony Bouthier ou d'un Grégory Alldritt, également passés par ce niveau. Pour moi, c'est exceptionnel d'être ici. » Il devra peut-être choisir un nouveau superlatif ce week-end.