Irlande-France : Sexton, «choqué» par les avis sur sa commotion, espère jouer contre les Bleus

Le demi d’ouverture irlandais, sorti après un choc à la tête contre le pays de Galles, veut se concentrer sur les protocoles de retour pour pouvoir tenir sa place contre le XV de France dimanche, lors de la deuxième journée du Tournoi des Six Nations.

 Après un choc avec le genou du Gallois Justin Tipuric, Jonathan Sexton avait dû abandonner ses partenaires dimanche à dix minutes de la fin du match à Cardiff.
Après un choc avec le genou du Gallois Justin Tipuric, Jonathan Sexton avait dû abandonner ses partenaires dimanche à dix minutes de la fin du match à Cardiff. Reuters/Rebecca Naden

Jonathan Sexton pourra-t-il affronter les Bleus? L'Irlande veut y croire en tout cas. Le capitaine et demi d'ouverture du XV du Trèfle, victime d'une énième commotion le 7 février lors du match perdu (21-16) au Pays de Galles, devrait tenir sa place dimanche 14 février face au XV de France, lors de la deuxième journée du Tournoi des Six Nations.

« Je suis plutôt attristé, et même choqué, par certains articles récents, qui sont inexacts et inappropriés. Mais peu importe… Je veux me concentrer sur cette semaine et sur les protocoles de retour au jeu. Si je les passe, je pourrai jouer. Sinon, je ne pourrai pas », a lancé Sexton ce mercredi, visiblement agacé par les sempiternelles questions sur sa santé et la remise en cause de certains spécialistes.

«On m'a accusé d'être égoïste»

« Je suis déjà passé par là. On peut en parler autant qu'on veut, mais je sais que je ne peux pas gagner… J'ai essayé de présenter les faits, on m'a accusé d'être égoïste et de ne pas penser à la santé des jeunes joueurs », a assuré le joueur de 35 ans (97 sélections).

Lorsqu'il est resté à terre dimanche à Cardiff, après un choc avec le genou du Gallois Justin Tipuric, toute l'Irlande a retenu son souffle. Une nouvelle fois, Sexton est allé au charbon. Une nouvelle fois, il a pris un coup à la tête.

Comme en 2014 et en 2015. Après une série de commotions à répétition, avec le Racing 92 et le XV du Trèfle, Sexton avait dû observer une pause de trois mois. L'année suivante, rebelotte. Touché face aux Wasps, l'ouvreur tient son rang et dispute le Tournoi… où il subit un nouveau choc à la tête.

«J'ai pris un coup sur la tête mais ça va»

Mais l'intéressé refuse de s'apitoyer sur son sort. « Je vais bien. J'ai pris un coup sur la tête mais ça va. J'ai pris un coup sur la tempe, mais ça devrait aller une fois que j'aurai passé tous les protocoles », a-t-il d'ailleurs promis après la première journée du Tournoi.

Mardi, le staff irlandais avait assuré compter sur son talisman. Sans se tracasser. D'autant que, depuis dimanche, Sexton suit « le protocole de retour progressif au jeu », comme l'a indiqué sa fédération.

« C'est un protocole en six étapes de 24 heures chacune. A chaque palier, s'il n'y a pas de symptôme résultant de la commotion cérébrale, on peut passer à l'étape suivante. Pour le moment, il n'y a pas de problème. On va voir comment cela évolue dans la semaine », a précisé l'entraîneur de la défense irlandaise Simon Easterby.

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« Notre priorité est avant tout la santé et la sécurité des joueurs. Si le joueur rate une étape, alors il doit patienter un jour de plus avant de pouvoir continuer le protocole. Mais nous pensons que Johnny passera ces tests avec succès et reviendra vite au jeu », a ajouté l'ancien troisième ligne international.

«S'il décide de rester, c'est qu'il s'en sent capable»

Du côté des Bleus non plus, on ne s'inquiète pas trop pour l'Irlandais. « Johnny, il est majeur, il a énormément d'expérience. Donc s'il décide de rester sur le terrain, c'est qu'il s'en sent capable, » estime Brice Dulin, qui a joué avec Sexton au Racing 92.

« S'il continue à jouer, c'est que les médecins lui en donnent la possibilité et lui, derrière, est assez grand et a assez d'expérience pour savoir qu'il peut le faire », a ajouté l'arrière des Bleus. Preuve de la confiance irlandaise, aucun ouvreur n'a été appelé pour compenser une potentielle absence de Sexton. Les Français, eux, vont se concentrer sur ce qu'ils savent faire.

« Les ingrédients seront les mêmes pour nous que Sexton soit là ou pas », analyse l'ailier Gabin Villière. « Il faudra vraiment mettre tous les ingrédients pour être à la hauteur de cet événement. Ce n'est pas forcément quelque chose sur lequel on va beaucoup se pencher parce que ce n'est pas forcément notre problème, c'est plus le problème des Irlandais. »