Irlande-France : pour les Bleus, c’est l’heure de frapper un grand coup

Après la large victoire en Italie en ouverture du Tournoi des Six Nations, les Français de Fabien Galthié ont l’occasion, ce dimanche (16 heures) à Dublin, de confirmer contre l’Irlande leur statut de favori d’une compétition qu’ils n’ont plus remportée depuis 2010.

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 Antoine Dupont et les Bleus doivent prouver ce dimanche en Irlande qu’ils sont capables de frapper à la porte du Grand Chelem.
Antoine Dupont et les Bleus doivent prouver ce dimanche en Irlande qu’ils sont capables de frapper à la porte du Grand Chelem. Reuters/Guglielmo Mangiapane

Ce n'est pas encore une vague emportant tout sur son passage et gravant son empreinte sur des chapelles englouties. Attendons un peu, quelques emballements de plus, quelques titres aussi. Mais c'est déjà une petite flamme qui brûle, réchauffe et éclaire d'une lumière bleue tout ce qui se trouve dans le sillage de ce XV de France nouvelle génération, 25 ans de moyenne d'âge.

Après la démonstration de Rome face à des Italiens dépassés (50-10) en ouverture du Tournoi, place au test de Dublin ce dimanche contre des Irlandais pas franchement rassurés après leur défaite au Pays de Galles (21-16). Pour les Tricolores, tous les voyants sont au… bleu. On a beau leur promettre du vent, du froid, du combat, une bataille rangée dans un antre où ils ne se sont plus imposés depuis 2011, rien n'y fait. Ollivon et les siens semblent trop forts, trop enthousiastes, trop confiants et trop bien affûtés pour chuter sur la pelouse de l'Aviva Stadium.

Les Bleus ont tout ce qu'il faut

« Il faut se préparer à vivre le chaos », a lancé le sélectionneur Fabien Galthié. Y croit-il vraiment? Le chaos? D'où pourrait-il venir? Des Irlandais vieillissants, patauds, en tel manque de renouvellement qu'ils paraissent désemparés sans leur charnière de grognards aux jambes lourdes Jonathan Sexton, 35 ans, et Conor Murray, 31 ans, tous deux blessés et sur la touche? Le chaos? Dans une arène vidée de tout spectateur, comme la règle l'impose en pleine pandémie de Covid-19?

Un chaos en sourdine alors. Et pour y mettre de l'ordre, les Bleus ont tout ce qu'il faut. A commencer par le meilleur d'entre eux, sans doute le meilleur joueur sur la planète, l'extraterrestre Antoine Dupont. Le demi de mêlée des Tricolores a pris une telle dimension qu'on ne lui trouve plus aucun défaut. Attaque, défense, soutien, repli, passe, coups de pied tactiques même maintenant… Le Toulousain de 24 ans va si vite et joue si juste qu'on attendrait presque désormais de le voir sous la grêle, dans la tempête, le naufrage de son équipe même, afin de vérifier s'il peut devenir l'idole que tout le monde pressent.

Huit victoires en dix rencontres

Ce sera peu probable à Dublin. Car Dupont n'est pas seul sur son étoile. Il colle aux basques d'un sacré monstre à seize pattes, paré pour le gros temps. Et, autour de lui, la cavalerie semble aussi dense et hermétique que bondissante. « Nous avançons, nous progressons, estime Fabien Galthié. Nous sommes meilleurs qu'il y a un an et nous allons être encore meilleurs. »

Depuis qu'il a pris leur destin en main, les Bleus ont gagné huit fois et perdu deux matchs, en Ecosse (28-17) le 8 mars dernier et en Angleterre (22-19 après prolongation) avec une équipe bis le 6 décembre. Au passage, ils ont dominé les Irlandais le 31 octobre lors de l'ultime journée du Tournoi 2020 (35-27) au Stade de France. « Le rugby, c'est une histoire de cycles, souligne Didier Retière, le directeur technique national. Nous sommes en pleine ascension en vue de la Coupe du monde 2023. Les Irlandais, les Anglais ou les Gallois, eux, semblent décliner. Mais, attention, nous n'avons rien gagné encore. » Les Bleus sont en chemin, éclairés par leur petite lumière.