France-Italie : pourquoi le staff des Bleus parle d’un match piège

Le XV de France va affronter une équipe d’Italie normalement largement à sa portée. Il s’agit néanmoins d’un véritable test pour une sélection tricolore remodelée et remaniée.

  Baptiste Serin (à gauche au plaquage) aura la conduite du jeu du XV de France face à l‘Italie, lui l’habituel remplaçant d’Antoine Dupont.
Baptiste Serin (à gauche au plaquage) aura la conduite du jeu du XV de France face à l‘Italie, lui l’habituel remplaçant d’Antoine Dupont.  AFP/Anne-Christine Poujoulat

Le staff du XV de France s'adapte constamment. Aux conditions sanitaires, aux règles de sélection des internationaux. Ce jeudi, à deux jours de la confrontation avec l'Italie au Stade de France (21h10, France 2), le manager général des Bleus, Raphaël Ibanez est revenu sur le peu de temps dont ils avaient disposé cette semaine pour prendre la température d'un groupe de novices.

« Avant la rencontre contre le pays de Galles (le 24 octobre dernier), on pensait avoir vécu la semaine la plus courte ( NDLR : avec trois jours d'entraînement seulement ). Eh bien non. » Le staff n'a pris en main le groupe dans lequel figurent bon nombre de joueurs sans sélection que lundi après-midi et n'a disposé que des journées de mardi et mercredi pour s'entraîner. Pour autant, Ibanez s'est félicité « du sérieux et de l'application » des joueurs, qualifiant même la séance à haute intensité de mercredi soir d'« exceptionnelle ».

Sur la pelouse de Saint-Denis, il faudra effectivement compenser ce manque d'expérience collective au niveau international avec un engagement de tous les instants. Au point désormais de faire du rendez-vous face aux Transalpins, pourtant derniers du Tournoi des Six Nations, « un vrai test-match international ».

Cette rencontre a tout du match piège, le sélectionneur – Fabien Galthié le sait - contre une sélection « qui a l'habitude de jouer ensemble même si elle ne fait pas partie des meilleures du monde. Ce sera un adversaire rugueux, difficile, de très haut niveau ».

«Serin transmet tout son savoir»

C'est donc un sentiment bizarre qui flotte ce jeudi au centre d'entraînement de Marcoussis (Essonne) malgré les certitudes acquises lors des rendez-vous internationaux de 2020. Les habituels titulaires (Ntamack, Dupont, Alldritt) étant allés au bout de leurs trois feuilles de match, ils ont cédé la place à une équipe de réservistes. Pour faire l'amalgame, les entraîneurs des Bleus comptent énormément sur Baptiste Serin qui fait figure d'ancien avec ses 38 sélections. « Il est engagé, serein. Il transmet tout son savoir à ce groupe. Et cela nous va très bien », positive Galthié à l'égard de son demi de mêlée qui n'a joué que des bouts de match jusque-là dans l'ombre du phénomène Antoine Dupont. « A notre niveau il faut être prêt n'importe quand, n'importe où, contre n'importe qui. Les finisseurs ont une mission compliquée. Baptiste le sait et il est prêt. » Pour sécuriser la charnière, le Toulonnais sera associé à son ancien compère en Gironde, Matthieu Jalibert qui aura le rôle du buteur.

A l'aile, Gabin Villière effectuera ses grands débuts avec le maillot du coq. Un baptême du feu pour le Toulonnais, élevé au rugby en Normandie après « avoir été refusé dans tous les centres de formations en France », souligne Galthié. Un parcours atypique comme les affectionne le sélectionneur. « A Rouen, il a cassé la baraque et enchaîné une série de performances. Il a su s'imposer à Toulon avec un jeu engagé, généreux fait de percussions et de fulgurances. Il combat énormément. Il a une force en lui qu'il transmet à toute l'équipe. »

Le XV de départ

Dulin - Thomas, Baraque, Danty, Villière - (o) Jalibert, (m) Serin (cap.) - Macalou, Jelonch, Woki - Pesenti, Geraci - Aldegheri, Mauvaka, Neti