Ecosse-France : pourquoi on veut vite revoir ces Bleus

Les cadres des Bleus ont terminé leur année sur une victoire (15-22) en Ecosse ce dimanche. Place désormais à de nouveaux visages et aux réservistes.

 Antoine Dupont et Thomas Ramos en ont fini avec leur année 2020 avec le XV de France.
Antoine Dupont et Thomas Ramos en ont fini avec leur année 2020 avec le XV de France. AFP/Andy Buchanan

Le XV de France n'a pas encore terminé son année 2020, mais ses joueurs majeurs si. Vainqueurs de l'Ecosse sur son terrain (15-22) pour la première fois depuis six ans, les Dupont, Ollivon ou Vakatawa ne disputeront pas les deux derniers matchs de la Coupe d'automne des nations, accord entre la Fédération française et la Ligue nationale de rugby oblige. Mais l'équipe type des Bleus constituée par Fabien Galthié et Raphaël Ibañez a réussi sa première année de vie commune.

La confiance s'installe

Une seule défaite, en Ecosse dans le Tournoi des Six nations en mars, pour six succès : les années où les Bleus enquillaient les revers - huit sur onze matchs en 2018 pour mesurer le fossé - semblent loin. En dominant l'Irlande, l'Angleterre et le pays de Galles à deux reprises en 2020, le XV de France va s'appuyer sur des succès plutôt que sur des fameuses « défaites encourageantes », cataplasme des équipes à côté de leurs pompes.

« On est parti avec un projet nouveau, une équipe nouvelle, un staff nouveau. On est allé vite », se félicite Fabien Galthié. « Ils ont tout fait dès la première année pour gagner la confiance de leurs supporters, qui reste l'objectif ultime, estime l'ancien demi d'ouverture des Bleus, Christophe Lamaison. Au-delà des résultats, le nouveau staff a posé un socle. Sur le terrain, l'équipe dégage de la rigueur dans chaque situation, comme on a encore vu en Ecosse. »

Les leaders se dégagent

Leurs noms commencent à s'installer dans l'esprit des suiveurs très occasionnels du XV de France. La charnière Dupont-Ntamack, le nouveau capitaine Charles Ollivon, son complice en troisième ligne Grégory Alldritt, sans oublier Gaël Fickou ou Bernard Le Roux : le staff des Bleus a installé des cadres qui enchaînent les rencontres et continuent de prendre du vécu international commun en vue de la Coupe du monde 2023 en France.

« Cette génération s'approprie le maillot, et c'est très positif, salue l'ancien troisième ligne Olivier Magne. Une charnière s'impose, la première ligne répond présent et il faut aussi souligner l'apport d'un Vakatawa (NDLR : auteur de l'unique essai français en Ecosse) à chaque match. Des garçons deviennent indéboulonnables, et c'est toujours bon signe pour une équipe. » « Au-delà des joueurs qui restent en place parce qu'ils gagnent, tu as aussi des remplaçants qui donnent satisfaction et un joli vivier tricolore dans le Top 14, lâche Lamaison. Aujourd'hui, tu as une soixantaine de gars qui tournent autour de cette équipe. »

D'autres tests à venir

Les cadres se retrouveront maintenant en début d'année prochaine pour préparer un Tournoi des Six nations moins favorable les années impaires. Les Bleus auront trois déplacements au programme, contre deux cette année, avec notamment des voyages en Irlande et en Angleterre, où les Français n'ont plus gagné depuis respectivement 2011 et 2007. Et devraient aussi se frotter à des nations de l'hémisphère Sud, sauf nouvelles contraintes sanitaires.

« Quand on me dit qu'Antoine Dupont est aujourd'hui le meilleur du monde à son poste, je dis qu'il ne faut pas s'emballer, lâche Christophe Lamaison. Il faut relativiser les performances et attendre qu'elles s'inscrivent sur la durée. » « Il faut que cette équipe montre qu'elle peut s'imposer chez les tout meilleurs, poursuit Magne. Mais la dynamique est là, et la confiance avec. Il faudra construire autour de ça. »