Coupe d’Europe de rugby : «On n’a pas trop ressenti qu’il n’y avait que 5000 personnes»

Le demi de mêlée international Antoine Dupont, précieux lors du succès de Toulouse en Coupe d’Europe ce dimanche, évoque notamment le risque de contamination lié à la crise sanitaire.

 Antoine Dupont a été un des grands artisans du succès du Stade toulousain ce dimanche face à l’Ulster (36-8).
Antoine Dupont a été un des grands artisans du succès du Stade toulousain ce dimanche face à l’Ulster (36-8). AFP/Fred SCHEIBER

Il porte le nom le plus commun de France, mais sur le terrain, il n'a rien d'ordinaire, on ne voit que lui. Antoine Dupont a été un des grands artisans du succès du Stade toulousain ce dimanche face à l'Ulster (36-8), en quarts de finale de la Coupe d'Europe. Le demi de mêlée international (24 sélections), déjà star à presque 24 ans, décrypte la domination retrouvée de son équipe sur le rugby français et européen, et analyse cette période bizarre qui impose de jouer devant 5000 personnes ou à huis clos, mettant en péril l'économie du rugby.

Toulouse se qualifie pour la deuxième année d'affilée en demi-finale de Coupe d'Europe. Quelle est votre ambition cette saison ?

ANTOINE DUPONT. Quand on atteint les phases finales, on a tous pour objectif de remporter la compétition. Mais on sait aussi la difficulté que c'est. On a trébuché lors de la dernière édition en demi-finale parce qu'on s'était trompé de stratégie. Dans le dernier carré, la moindre erreur se paie cash. Il faudra se préparer en conséquence. On a participé à plusieurs matchs de phase finale depuis cette demie perdue. Je pense qu'on a appris de ces expériences.

Comment vivez-vous le contexte actuel qui vous impose de jouer devant 5 000 personnes ?

On s'était préparés par rapport à ce contexte particulier. Déjà, jouer un quart de finale dès le 3e match de la saison, c'est assez spécial, mais on le savait et on y pensait depuis des mois. Ensuite, le stade n'était pas plein. C'est pour ça qu'on s'était dit qu'il fallait débuter très fort, mettre beaucoup de rythme et d'intensité dès le début pour entrer immédiatement dans la partie. Au final, on n'a pas trop ressenti qu'il n'y avait que 5000 personnes. Le public toulousain est connaisseur et, on se faisait la remarque entre joueurs sur le banc en fin de match, on n'avait pas l'impression qu'ils étaient si peu nombreux.

Comment allez-vous traverser cette semaine avec le risque de contamination ? Castres a, par exemple, été éliminé en Challenge européen pour trois cas positifs au Covid…

En tant que joueurs, on doit surtout faire attention quand on sort de chez soi. Je pense que si notre entraîneur (Ugo Mola) pouvait nous cacher toute la semaine, il le ferait. Mais c'est compliqué de rester cloîtré chez soi. Il ne faut pas faire n'importe quoi, mais on doit continuer à vivre en prenant des précautions. On va sûrement faire plus attention cette semaine que les autres, et faire des tests quand on nous le demandera.

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle qui met en péril économiquement de nombreux clubs ?

En tant que joueurs, on est pris entre deux feux. À part se concentrer sur nos performances, on ne maîtrise pas grand-chose. À Toulouse comme ailleurs, on sait très bien que si la jauge maximale reste fixée à 5000 personnes, ce ne sera pas viable économiquement. Mais la seule chose qu'on peut faire actuellement, nous joueurs, c'est de gagner nos matchs.

Personnellement, vous semblez prendre encore plus de poids au fil des saisons…

J'ai l'obligation, par mon poste et mon vécu, d'assumer davantage le leadership. Nous sommes une jeune génération qui se connaît très bien. Nous jouons ensemble depuis plusieurs saisons. Et on a plusieurs joueurs d'expérience dans le groupe qui sont là et qui nous guident parfaitement. Mais petit à petit, ça va être à nous d'assumer le rôle de leaders.