Coupe d’Europe de rugby : les Saracens, le défi anglais du Racing

A la recherche d’un premier sacre européen, les Franciliens retrouvent leur bête noire, ce samedi en demi-finale de la Champions Cup : l’équipe anglaise des Saracens.

 Le Racing 92 va jouer contre les Saracens une partie d’échecs contre une des meilleures formations européennes.
Le Racing 92 va jouer contre les Saracens une partie d’échecs contre une des meilleures formations européennes. AFP/Thierry Zoccolan

C'est devenu un classique du rugby européen. Un choc France-Angleterre comme en raffole le monde de l'ovalie. A défaut de soulever les foules dans une Paris-La Défense Arena de Nanterre à la jauge ramenée à un millier de spectateurs après les annonces du ministre de la Santé et qui sonnera donc creux, Racing - Saracens proposera une opposition entre deux des plus beaux effectifs du Vieux Continent pour une place en finale le 17 octobre (le lieu reste à déterminer).

Si les Anglais sont déjà triples vainqueurs de l'épreuve (2016, 2017 et 2019) et dominent la scène européenne, les Franciliens rêvent enfin d'accrocher à leur tableau de chasse leur bête noire qu'ils n'ont jamais battue en match à élimination directe. « Bête noire? Non je ne crois pas », s'est étonné le demi de mêlée Teddy Iribaren dont les coups de génie pourraient perturber la belle mécanique parfaitement huilée des « Saries ». « Moi je les ai joués deux fois et j'ai gagné une fois ( NDLR : 30-10 le 17 novembre 2019 à Nanterre ) donc je ne sais pas, poursuit Iribaren. Le club a perdu en finale contre eux il y a quatre ans mais je ne pense pas que le club prenne les Saracens pour sa bête noire. »

En novembre dernier, les joueurs du Racing avaient marqué leur territoire en s'imposant largement sur leur pelouse synthétique. Le signe indien semblait vaincu. Mais les hommes du manager Laurent Travers avaient à nouveau trébuché le 19 janvier dernier pour le match retour en Angleterre. Une courte défaite (27-24) face à des adversaires qui venaient pourtant d'apprendre quelques jours auparavant leur relégation en deuxième division pour avoir triché avec les règles salariales.

« On est capable de gagner et on va tout faire pour »

« C'est quasiment l'équipe d'Angleterre, souligne le talonneur international Camille Chat qui s'est déjà frotté à Owen Farrell (suspendu pour cette rencontre) et Maro Itoje lors du Tournoi des Six Nations. Je n'ai jamais affronté une équipe aussi forte et aussi costaude. » Les suspensions, les départs et la relégation ne semblent pas avoir affaibli l'effectif anglais, d'après les Racingmen.

Même l'absence du maître à jouer le demi d'ouverture Owen Farrell n'a pas pesé au moment de réaliser une performance majuscule le week-end dernier sur la pelouse du Leinster (17-25), un des grands favoris de la compétition. « Peu importent les hommes. Les Saracens c'est un système bien en place. Les joueurs savent comment ils doivent faire et pourquoi ils le font », détaille Laurent Travers qui garde encore en mémoire la cruelle défaite en 2015 dans le vieux stade de Colombes dans les ultimes secondes.

Mais jeudi au moment d'évoquer l'adversaire de samedi et son chapelet d'internationaux, le bouillonnant Teddy Iribaren a fini par mettre fin au concert de louanges. « On va arrêter de regarder les Saracens et leur suprématie. On est capable de gagner et on va tout faire pour. Il n'y a pas trop de questions à se poser. » « Ce sera un match à la vie à la mort », résume le troisième ligne franco-sud-africain Antonie Claassen.

Le chiffre

6. Dans leur confrontation, les deux clubs se sont rencontrés à huit reprises. Le Racing 92 l’a emporté seulement deux fois et à chaque fois en phase de poules. Les Anglais mènent donc largement notamment dans les matchs à élimination directe. Les Ciel-et-Blanc emmenés par Dan Carter s’étaient inclinés à Lyon en finale de la Coupe d’Europe en 2016 après un premier revers en quart l’année précédente.