Coupe d’Europe de rugby : le Racing 92 veut enfin décrocher une étoile

Après deux finales perdues en 2016 et 2018, le club francilien, opposé à Exeter ce samedi, est à 80 minutes de décrocher un premier sacre européen dont il a fait une quête obsessionnelle.

 Le centre international d’origine fidjienne Virimi Vakatawa sera une des armes du Racing pour décrocher son premier titre de champion d’Europe.
Le centre international d’origine fidjienne Virimi Vakatawa sera une des armes du Racing pour décrocher son premier titre de champion d’Europe. LP/Arnaud Journois

Cela pourrait ressembler à une comptine enfantine : « Tu l'auras, au bout de trois. » Mais la quête d'un premier titre européen pour le Racing 92 a les allures pour le moment d'un roman inachevé dont l'épilogue — heureux ou malheureux — va s'écrire ce samedi du côté de Bristol où les joueurs Ciel-et-Blanc vont défier le club anglais d'Exeter (17h45, France 2 et beIN Sports 3). La terre anglaise n'a jamais été très propice aux victoires françaises mais le huis clos imposé au Ashton Gate de Bristol du fait des contraintes sanitaires pourrait compenser l'impression bien réelle de se trouver en terrain hostile.

Après deux finales perdues et autant d'erreurs remâchées, d'abord face aux Saracens en 2016 (9-21) puis deux ans plus tard face à la province irlandaise du Leinster (12-15), où le Racing avait presque entrevu la première étoile, voilà de nouveau les joueurs franciliens en passe d'être sacrés. Le centre Henry Chavancy, l'enfant du club qui a gravi tous les échelons un à un au point de devenir le capitaine emblématique, a eu des mots forts pour dire ce que représenterait à ses yeux un premier sacre continental : « Il y a 12 ou 13 ans, nous étions encore en deuxième division. Pour moi, remporter le titre en Pro D2 et en Coupe d'Europe avec le même club, ça aurait vraiment une saveur spéciale. »

«Ce serait la concrétisation de quatorze ans d'efforts»

Après le titre de champion de France obtenu en 2016 dans le contexte unique d'une finale délocalisée au Camp Nou de Barcelone devant 100 000 spectateurs, le club francilien, propriété de Jacky Lorenzetti, a fait d'un sacre européen une véritable quête obsessionnelle, une quête ultime. « Ce serait la concrétisation de quatorze ans d'efforts », a convenu l'homme d'affaires. Entre la fièvre et la ferveur catalane et le huis clos venteux et humide bristolien, c'est un peu le choc des extrêmes. « On n'a jamais connu ça. Dans les têtes, on sera prêts pour faire face à ce contexte particulier, qui sera unique, rassure le demi de mêlée Maxime Machenaud. On a connu une finale de Top 14 unique en Espagne. On connaîtra quelque chose de complètement différent mais d'unique aussi (à Bristol). »

Les recrues star comme le Néo-Zélandais Dan Carter n'ont pas suffi à exaucer le vœu de sacre européen. Et c'est finalement l'année où la force des Ciel-et-Blanc repose avant tout sur un collectif sans faille avec quelques solistes de génie - l'Ecossais Finn Russell, Virimi Vakatawa et Teddy Iribaren - que les hommes du manager Laurent Travers pourraient être la première équipe française depuis Toulon en 2015 à s'installer sur le toit de l'Europe.

Le Racing a d'abord dû se jouer des éléments extérieurs et du Covid-19 qui s'est propagé il y a deux semaines parmi les coéquipiers de Henry Chavancy au point de provoquer l'isolement de neuf d'entre eux et le report du match de Top 14 contre La Rochelle. C'est en Corse à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) que l'effectif s'est rassemblé dans une bulle afin de préparer sa finale. Les entraînements avec contact n'ont repris collectivement que jeudi et tous les tests PCR sont revenus négatifs. La retraite corse suffira-t-elle au moment d'affronter le club d'Exeter véritable bizut à ce stade de la compétition mais authentique valeur sûre en Angleterre?

Le chiffre : 4

En cas de succès samedi à Bristol face à Exeter, le Racing 92 deviendrait la 4e équipe tricolore à remporter la Champions Cup (anciennement H Cup) après Toulouse (4 titres en 1996, 2003, 2005 et 2010), Toulon (2013, 2014 et 2015) et Brive (1997).