Au lendemain de sa garde à vue, Laporte cherche le soutien du rugby amateur

Le candidat à sa réélection à la présidence de la Fédération était en meeting ce jeudi soir dans l’Hérault. Reportage.

 French rugby federation (FFR) president Bernard Laporte (L) and vice-president Serge Simon give a press conference, on September 24, 2020, one day after being released from police custody as part of an investigation into suspicions they favoured Top 14 club Montpellier. (Photo by Pascal GUYOT / AFP)
French rugby federation (FFR) president Bernard Laporte (L) and vice-president Serge Simon give a press conference, on September 24, 2020, one day after being released from police custody as part of an investigation into suspicions they favoured Top 14 club Montpellier. (Photo by Pascal GUYOT / AFP) AFP

Bernard Laporte était en terrain conquis. Après deux jours de garde à vue pour des soupçons de favoritisme, le président de la Fédération française de rugby (FFR) a repris sa campagne électorale à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier. Bernard Laporte, qui brigue un second mandat, s'est dit « soulagé » de retrouver la liberté. Très ému, il a versé une larme devant les journalistes : « Je ne lâcherai jamais », a-t-il sangloté, avant d'interrompre son point presse plus tôt que prévu. Un quart d'heure plus tard, il avait retrouvé son énergie pour un long meeting devant une quarantaine de présidents de clubs amateurs, tous acquis à sa cause.

« c'est douteux que cette garde à vue ait lieu dix jours avant les élections », soupire Claude Soncourt, dirigeant du RC Védasien

« Ça fait trois ans que cette affaire dure, c'est quand même douteux que cette garde à vue ait lieu dix jours avant les élections », soupire Claude Soncourt, dirigeant du rugby Club Védasien. « Ce n'est pas un hasard, j'en suis convaincu, accuse carrément Dominique Fernandez, président de l'école de rugby de Saint-Jean de Védas. C'est de la politique déguisée et c'est mesquin. » Pour Yvan Vincent, président du rubgy club de Mauguio-Carnon, l'affaire n'est pas si grave. Ces interrogatoires en garde à vue ? « Ce sont des choses qui arrivent dans la vie ! Il faut aller de l'avant. »

« On a souvent été oublié par les anciennes gouvernances, lui nous a donné la parole et nous a aidé », souligne Pierre Arénas du RO Vedasien

C'était aussi le discours de Bernard Laporte, qui n'est que brièvement revenu sur l'affaire. Il voulait surtout relancer sa campagne : « J'ai très bien dormi cette nuit et je repars avec enthousiasme, force et conviction pour aider les clubs amateurs qui en ont bien besoin. Je remercie tous ceux qui m'ont laissé des messages, j'avais l'impression d'être au Nouvel An. Ca fait chaud au coeur ! »

Les dirigeants l'ont remercié pour son soutien pendant ses quatre premières années à la présidence de la FFR. « Il a beaucoup apporté aux clubs amateurs, souligne Pierre Arénas du Rugby Olympique Vedasien. On a souvent été oublié par les anciennes gouvernances, lui nous a donné la parole et nous a aidé. » Une aide notamment financière : le prix des licences a baissé et la "Fédé" a offert du matériel aux petits clubs. « Un ballon pour cinq joueurs, ça nous a permis d'avoir du matériel en bon état, rappelle Claude Soncourt. Ils nous ont aussi donné des plots, des jeux de maillots. C'est important pour un petit club de série Les dirigeants d'avant ne l'avaient jamais fait ! »

Tous se disent prêts à re-voter pour « Bernie » aux élections, dans dix jours. Ils ont longuement applaudi le président sortant, qui a sans doute trouvé à Saint-Jean de Védas ce qu'il était venu chercher : un peu de soutien moral.