Nadal vainqueur dans la nuit de Sinner à Roland-Garros : «Il fait trop froid pour jouer»

L’Espagnol a battu le jeune Italien Sinner à 1h26 du matin et retrouvera l’Argentin Schwartzman vendredi en demi-finale. Au-delà de l’horaire, il regrette surtout d’avoir dû lutter contre le thermomètre…

 Douze fois vainqueur de Roland-Garros, Rafael Nadal a souffert face au jeune Italien Sinner. Son premier vrai test du tournoi…
Douze fois vainqueur de Roland-Garros, Rafael Nadal a souffert face au jeune Italien Sinner. Son premier vrai test du tournoi… REUTERS/Gonzalo Fuentes

Il est 1h26 dans la nuit de mardi à mercredi. Soulagé après un ultime smash gagnant, Rafael Nadal enlève son bandeau rouge et file vers le filet. En dominant le grand espoir italien Jannik Sinner (7-6 (7/4), 6-4, 6-1 en 2h49), l'Espagnol, outre un 98e succès pour son 100e match sur la terre battue parisienne, vient de signer un nouveau record. Celui de la victoire la plus tardive dans l'histoire de Roland-Garros.

Au terme du jour le plus long, pourtant commencé à 11 heures, le n°2 mondial a en effet commencé son match à 22h37 ! La Polonaise Swiatek, qui venait de se qualifier pour les demies, était même étonnée de voir le Majorquin débouler dans le froid et le vent avec son sac à l'heure avancée des tapas.

Nadal : « C'est dangereux pour nos corps de jouer dans ces conditions »

« Merci beaucoup d'être restés si tard dans de telles circonstances, sourit Nadal à une poignée de passionnés transis. Ça a vraiment été très dur. Avec ces conditions, mon lift ne prend pas vraiment mais j'ai su trouver de l'agressivité. Je suis très heureux d'être de nouveau en demi-finale, c'est le tournoi le plus important pour moi. »

Devant tout son clan emmitouflé, masqué et soigneusement dispersé dans les tribunes à ciel ouvert pour respecter les gestes barrière, Nadal a passé son premier vrai test du tournoi dans sa quête d'un 13e sacre. Pendant deux manches, Sinner, du haut de ses 19 ans, a fait plus que jeu égal.

Avec une puissance et un relâchement qui ont parfois rappelé Robin Söderling, l'un des deux hommes (avec Djokovic) à avoir terrassé le monstre de la terre dans son antre de la Porte d'Auteuil. Le 75e mondial a servi pour le premier set à 6-5, mené 3-1 dans le deuxième, mais subi les foudres du Manacori dans les moments clés. On appelle ça l'expérience… « J'ai eu tellement d'occasions que je n'ai pas su saisir, résume le Transalpin. Lui, il les a saisies! »

À 2 heures, Nadal se présente devant la caméra de la salle de presse pour sa conférence virtuelle. « Ce n'est pas l'idéal de finir à une heure et demie du matin, mais le problème, c'est vraiment la température, lâche-t-il. Il fait trop froid pour jouer au tennis. Je sais que les footballeurs jouent, mais eux ils bougent sans arrêt. Nous, on a beaucoup de temps morts et c'est dangereux pour nos corps de jouer dans ces conditions. »

Un brin fataliste et sans vouloir polémiquer, l'homme aux 19 titres majeurs se demande pourquoi cinq matchs étaient programmés sur le Central. « Il y avait quand même des risques que ça se passe comme ça, souffle-t-il. Il fallait juste être patient et accepter. »

Schwartzman : « Cette semaine je peux le battre »

En demi-finale, Nadal retrouvera Diego Schwartzman, qui avait créé la sensation en le sortant sans ménagement du tournoi de Rome il y a trois semaines. L'Argentin est venu à bout de Dominic Thiem au terme d'un bras de fer inégal mais brutal de 5h08 (7-6 (7/1), 5-7, 6-7 (6/8), 7-6 (7/5), 6-2) et s'invite pour la première fois dans le dernier carré.

Récent vainqueur de l'US Open et finaliste des deux derniers Roland-Garros, l'Autrichien a en partie payé sa débauche d'énergie du tour précédent face à la révélation française Hugo Gaston. « J'avais déjà dépassé mes limites », résume le n°3 mondial. Après son combat, le gladiateur Schwartzman n'a pas raté une miette du quart de Nadal malgré l'heure avancée.

« Le fait est qu'il m'a battu neuf fois et moi une seule, sourit l'infatigable marathonien. Je ne sais pas si je serai extrêmement confiant. Je sais que cette semaine je peux le battre. Mais je vais me contenter de penser à la formidable victoire que je viens de remporter. Je suis ravi et je ne veux pas penser à autre chose ce soir. »

Rendez-vous vendredi après-midi sur le Central pour un match qui sent déjà la sueur et la poussière. « Je pensais avoir deux jours off, calcule Nadal en quittant le stade. Ce sera un jour et demi… Diego part avec un léger avantage, c'est une réalité. Les conditions lui sont plutôt favorables. À moi de trouver le chemin pour lui faire mal. Si je poursuis sur mon niveau de la fin de match, j'aurai des options. » Surtout s'il fait un peu moins froid…