Retraite de Julien Lizeroux : «Revenir après deux ans, peu de sportifs auraient pu le faire»

Le slalomeur, vice-champion du monde en 2009, dispute sa dernière course ce mardi soir à Schladming. Avant de prendre sa retraite, à 41 ans.

 Le skieur de La Plagne n’a pas encore réussi à se qualifier pour une seconde manche cette saison.
Le skieur de La Plagne n’a pas encore réussi à se qualifier pour une seconde manche cette saison. AFP/Joe Klamar

Pas de communiqué larmoyant ou de long message pour remercier tous ses partenaires ou amis croisés pendant sa longue carrière. En guise d'annonce de départ à la retraite, Julien Lizeroux a misé sur la voix de Jim Morrison. Lundi soir, le slalomeur français a emprunté le titre des Doors, « The End », pour annoncer son retrait du circuit. Un clip où le vétéran de 41 ans apparaît sur la piste de Schladming, où il disputera sa dernière course, avant de se téléporter dans son salon en tenue de ski, puis en pyjama à côté de sa compagne, la skieuse Tessa Worley — qui a remporté ce mardi le géant de Kronplatz.

Ce mardi en fin d'après-midi, le technicien de La Plagne dévalera la mythique pente autrichienne avec peu d'espoirs de finir en beauté. Le double vice-champion du monde de 2009 à Val-d'Isère — slalom et combiné — n'est jamais parvenu à réaliser une performance pour se hisser en seconde manche cette saison. Le corps ne suit plus autant qu'il y a plus de dix ans, mais le voir au départ d'une épreuve de Coupe du monde en 2021, plus de vingt ans après sa première course à ce niveau, le satisfaisait déjà.

« Je suis le seul quadra sur le circuit technique, c'est un fait et je n'en ai pas marre qu'on me le rabâche », se félicitait-il la saison dernière. Sa longévité est marquante, surtout quand on sait que son genou gauche l'a éloigné du circuit pendant plus de deux ans, 34 mois pour être précis, de 2011 à 2013. « Beaucoup de monde avait hypothéqué ses chances de retour à l'époque, se souvient son ancien partenaire chez les Bleus et consultant pour Eurosport, Jean-Pierre Vidal. Malgré cette blessure, il a beaucoup travaillé pour rester au top niveau physiquement. C'est fort ce qu'il a accompli. Revenir après deux ans sans ski, peu de sportifs auraient pu le faire. »

«J'ai songé 1000 fois à m'arrêter»

« Quand on est blessé, le doute est encore plus présent, surtout quand on a des blessures lancinantes, expliquait l'intéressé à RMC avant son retour en 2013 à Levi. On me demande souvent si j'ai songé à arrêter. J'y ai songé mille fois. Mais avant de voir ce challenge sportif, j'avais surtout le challenge humain : retrouver une vie normale. »

Son autre vie va débuter ce mardi soir, après une carrière ponctuée de trois victoires en Coupe du monde pour neuf podiums, mais où il n'aura jamais pu dépasser la neuvième place aux JO. « Ses blessures l'ont pénalisé, il avait une capacité bien supérieure sans ça, soutient Vidal. C'est un vrai compétiteur, il a toujours essayé de tirer le groupe vers le haut. » Ce mardi soir, les Bleus perdent un vieux compagnon de route.