Renaud Lavillenie après son saut à 6,02 m : «C’est magique !»

Le perchiste français a signé la meilleure performance mondiale de l’année grâce à un saut à 6,02 m ce dimanche à Tourcoing. Il n’avait pas franchi 6 m depuis mars 2016.

 Renaud Lavillenie revient dans le camp des plus grands perchistes du moment avec un saut à 6,02 m ce dimanche à Tourcoing.
Renaud Lavillenie revient dans le camp des plus grands perchistes du moment avec un saut à 6,02 m ce dimanche à Tourcoing. AFP

Renaud Lavillenie, 34 ans, qui ne s'était plus envolé au-delà des 6 mètres depuis presque cinq ans, a signé la meilleure performance mondiale de l'année avec un saut à 6,02 m, à Tourcoing. Mieux que les 6,01 m de « Mondo » Duplantis.

On vous a senti vraiment heureux après ce saut à 6,02 m réussi au premier essai…

RENAUD LAVILLENIE. Si on remonte quelques années en arrière, c'est quelque chose qu'on avait du mal à imaginer. J'ai eu des années incroyables entre 2013 et 2016. Après, j'ai galéré. Revenir à un tel niveau, c'est magique, même si j'ai tout fait pour. J'ai réglé mes pépins physiques, je m'entraîne très bien depuis 6 mois. Tout s'est déclenché à Bordeaux (5,92 m, le 16 janvier). Cette capacité à être régulier, à maintenir un niveau de performance, je ne l'avais pas perdu. Je n'avais juste plus les capacités physiques de le faire.

Ce 20e saut de votre carrière à 6 mètres arrive dans une période particulière. Les contraintes sanitaires qui chamboulent les compétitions ne vous perturbent donc pas ?

Il faut être lucide sur les conditions. Oui, c'était compliqué au printemps 2020 mais, depuis, les sportifs de haut niveau peuvent s'entraîner, même si pour certains sports c'est un peu plus délicat. Oui, les protocoles sont pesants, mais j'ai la chance d'aller au stade, de faire des compétitions. Et, paradoxalement, le premier confinement m'a été bénéfique. Il m'a permis de retrouver un équilibre physique.

Votre dernier saut à 6 mètres remontait à mars 2016. Aviez-vous fini par faire une croix sur cette hauteur mythique ?

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Non, je n'ai jamais abandonné car il y avait eu quelques signes, comme en 2018, où 3 fois je ne suis pas passé loin. Même si les années passent, il n'était pas question de me dire c'est bien si je fais 5,80 m. Je savais que j'avais du potentiel, et un compétiteur se doit d'avoir de l'ambition. Au fond de moi, je savais que je pouvais refaire 6 mètres. Une performance comme celle-ci libère un homme.

Quelles perspectives vous ouvre ce saut ?

Mon ambition était de faire 6 mètres dans la saison, je le fais dès ma 3e compétition, ça ouvre des perspectives! Je peux nourrir de vraies ambitions aux Championnats d'Europe en salle (NDLR : du 5 au 7 mars à Torun, en Pologne), pas simplement monter sur le podium mais décrocher la médaille d'or. Il reste un mois, les performances peuvent évoluer, Mondo (NDLR : Duplantis) sera peut-être à 6,15 m et moi toujours à 6,02 m, auquel cas je serai lucide. Au moins, je sais que je suis compétitif.

Mi-janvier, Teddy Riner, avec 26 kg en moins, a remporté le tournoi de Doha, un an après sa défaite à Paris. Vous revoilà à 6 m. Le report des JO de Tokyo a semble-t-il été bénéfique aux «vieux»…

Pas forcément pour les vieux, mais à ceux qui étaient en difficultés il y a un an. Teddy et moi, on a été champions olympiques, ce genre de défi ne nous fait pas peur. Quand il s'agit de tout remettre en place pour se remobiliser, on répond présent. On sait que les combats et les compétitions seront difficiles mais, même si les années passent, le niveau de performance et la motivation sont toujours là.