Pédiluves, désinfection des tatamis : le judo ne baisse pas la garde face au Covid

Un premier tournoi international a été organisé en France, ce samedi à Venelles, près d’Aix-en-Provence. Il a été encadré par des mesures sanitaires drastiques qui ont bien été comprises et respectées par les combattants.

 Les tapis ont été désinfectés entre chaque combat par des enfants du club de judo.
Les tapis ont été désinfectés entre chaque combat par des enfants du club de judo. JSM

Dans les tribunes, un grand gaillard s'échauffe masqué. « C'est vraiment étrange comme compétition », soupire Quentin, qui participe à son premier tournoi de judo depuis février. « Ça m'avait énormément manqué », sourit le jeune homme, qui vient de se qualifier, ce samedi, pour les quarts de finale d'une compétition atypique : c'est le premier tournoi de judo international organisé en France depuis le début de la pandémie de Covid-19. « On a proposé un protocole sanitaire très contraignant au préfet et il l'a validé », se félicite Dominique Gaudinière, directeur sportif du Judo Club Venellois et organisateur de cet événement dans cette commune située au nord d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Le port du masque est obligatoire, pour tous, dans la salle. Un sens de circulation a été mis en place et la capacité du gymnase a été réduite au minimum : pas plus de 50 personnes dans le public. Les combattants sont regroupés par équipe, dans des zones dédiées, et ne doivent pas être en contact entre eux. Sauf sur le tatami, bien sûr. C'est le seul endroit sans masque. Avant de combattre, les judokas doivent se plier à un protocole strict : lavage des mains, passage dans un pédiluve. Les tapis sont désinfectés entre chaque combat par des enfants du club. « Attention, tu as laissé une bande » : une bénévole veille pour qu'aucun centimètre carré ne soit oublié.

Un essai encourageant avant les Championnats de France

Les organisateurs ont même hésité à imposer une protection sur les tatamis. « Mais on a fait des tests et c'est impossible au niveau pulmonaire, les combattants étaient en permanence en recherche de ventilation », explique Dominique Gaudinière. Il y a donc un risque de contamination, mais limité au maximum : la température de tous les participants a été vérifiée au début de la compétition. Ils ont également dû signer une attestation sur l'honneur, dans laquelle ils assurent qu'ils ne sont ni des malades asymptomatiques, ni des cas contacts.

« Le tournoi a été très bien organisé, salue Maxime, judoka niçois, tout en ajustant son masque. C'est contraignant mais on doit s'habituer. » Pour lui, la saison peut désormais reprendre : « Je pense qu'avec ce dispositif, les Championnats de France vont pouvoir avoir lieu, dans quinze jours, à Brest. » Des cadres de la Fédération française étaient là pour le vérifier. Laurent Del Colombo, responsable technique de la Ligue Paca, partage son avis : « Le test est très positif. Je pense qu'on appliquera un protocole assez semblable, peut-être même un peu plus strict. » Pour l'instant, les championnats sont maintenus, à condition que la situation sanitaire en Bretagne ne se dégrade pas. Dominique Gaudinière lâche : « C'était le premier tournoi post-Covid… J'espère que ça ne sera pas le dernier ! »