Open d’Australie : et soudain, Gaël Monfils fond en larmes…

Le Français, n°11 mondial et qui n’a plus gagné de match depuis un an, n’a pu s’empêcher de pleurer après son élimination d’entrée en cinq sets contre le Finlandais Ruusuvuori (86e) à Melbourne.

La conférence de presse touche à sa fin… et Gaël Monfils, 34 ans, fond en larmes. En manque total de repères et surtout de confiance, le nouveau protégé du coach autrichien Günter Bresnik, n°11 à l'ATP, a valsé dès le premier tour de l'Open d'Australie face au Finlandais Ruusuvuori (3-6, 6-4, 7-5, 3-6, 6-3), classé 75 rangs plus bas dans la hiérarchie planétaire et qui dispute à peine son 3e Grand Chelem.

« Je n'ai pas de confiance. Je demande de la clémence »

« Je joue mal, je n'arrive pas à servir, je n'arrive plus à faire un coup droit, je fais des fautes, souffle, dévasté et impuissant, le n°1 tricolore. Je suis six mètres derrière, je mets des bâches. Pas de confiance. Je suis honnête de vous dire que je n'ai pas de confiance. Je ne me sens pas bien, ça se voit. Je n'ai pas besoin d'en dire plus, ça se ressent je pense… »

Sur les deux premiers mois de 2020, Monfils marchait presque sur l'eau. Depuis un an, et sept défaites consécutives, il ne sort plus la tête du seau. « Je m'entraîne, j'essaye de croire en ce que je fais à l'entraînement. Mais c'est dur. Vous allez dire que j'ai encore perdu, mais pour moi c'est la première défaite de l'année. J'essaye de continuer à travailler, voir le moment où ça va me sourire un peu plus. À chaque fois, j'arrive ici (NDLR : en conférence de presse), je me sens jugé. Je suis déjà à terre, vous me tirez dessus… Je demande un peu de clémence. Oui j'ai beaucoup perdu, ça me fait mal parce que je taffe. Le pire c'est que je taffe. Vous le voyez que je n'y arrive pas. Je m'entraîne comme un boucher et ça ne passe pas. »

Rarement aussi atteint

Au-delà d'un revers de plus, Monfils semble perdu. Il y a quelques jours, lors de l'ATP Cup, il avait tenté de mettre en place les consignes plus agressives de son entraîneur. Quitte à arroser les bâches. Cette fois, il a préféré jouer contre elles et retrouver l'attitude attentiste, passive, dont il voudrait essayer de se défaire.

La carrière de l'ex-n°6 mondial, vainqueur de 10 tournois et battu 21 fois en finale, est faite de montagnes russes émotionnelles. Mais rarement Monfils ne s'était montré aussi atteint. « J'aimerais bien me relever et vous dire que ce cauchemar est fini, glisse-t-il, mais là je suis dedans… » Pour combien de temps ?

Paire : « ce tournoi c'est vraiment de la m… »

Deuxième Français au classement mondial, Benoît Paire n'a pas fait mieux que Monfils. L'Avignonnais (28e), qui a fait partie des 72 joueurs contraints de subir un isolement strict de quatorze jours, est vite passé à la trappe contre le Biélorusse Gerasimov (6-2, 2-6, 7-6 (6), 7-5).

« C'est bien beau leur tournoi, mais pour moi, je trouve que c'est de la merde, et ce qui s'est passé (NDLR : sa quarantaine), c'est honteux, s'est emporté Paire après le match. Tant que ce n'est pas simple, j'ai du mal à comprendre comment cela se fait qu'on organise des tournois, alors qu'on ne se sent pas les bienvenus. Ce n'est qu'une question d'argent. C'est tout, en fait. Il y a une énorme perte s'ils ne font pas le tournoi. Coûte que coûte, il faut qu'il y ait le tournoi. »

Le bouillant Sudiste ne quittera pourtant pas Melbourne les poches vides. « La plupart des joueurs se disent qu'il y a un petit peu d'argent à gagner et ils viennent pour ça. Moi le premier, je joue aussi pour l'argent, lance-t-il. Mais s'il faut faire tant de sacrifices et que ça se passe si mal, que ce soit une galère pareille, à un moment donné, il faut juste dire stop. »

Moutet au top, la belle histoire de Muller

Mais tout n'est pas gris pour les Bleus. Corentin Moutet (80e) a réussi une superbe performance en venant à bout du local John Millman (38e) (6-4, 6-7 (4), 3-6, 6-2, 6-3), Adrian Mannarino (32e) s'est aisément défait de l'Autrichien Novak (100e) (6-2, 6-4, 7-6 (2) et Ugo Humbert a écarté le Japonais Uchiyama (6-3, 6-4, 6-7 (3), 6-3).

Chez les filles, carton plein avec les qualifications de Caroline Garcia, Fiona Ferro et Alizé Cornet, qui a renversé la Russe Savinykh (6-2, 4-6, 7-6 (10-7)) après avoir été menée 0-4 dans le dernier set…

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Enfin, la belle histoire du jour est signée Alexandre Müller. Battu au dernier tour des qualifications, le natif de Poissy avait tout de même décidé de faire le voyage -et quinze jours enfermé en chambre- en Australie en espérant être repêché au gré des forfaits. Intégré in extremis dans le grand tableau, il s'est offert l'Argentin Londero (4-6, 6-3, 6-0, 6-3)…