«On se sent toujours mieux après» : quand le sport adapté freine le vieillissement

Bouger peut vous changer la vie. Il existe quantité de méthodes et de cours à petits prix pour continuer à faire de l’activité physique même lorsque notre corps vieillit.

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 Maisons-Alfort (Val-de-Marne), le 30 janvier. En raison de la fermeture des salles, Mehdi Vigneron organise dans un parc des séances de gym volontaire.
Maisons-Alfort (Val-de-Marne), le 30 janvier. En raison de la fermeture des salles, Mehdi Vigneron organise dans un parc des séances de gym volontaire. LP/Icon Sport/Matthieu Mirville

Le froid pique un peu en ce début de matinée de fin janvier. Le thermomètre flirte avec le 0 °C dans la cour de l'école de Grémévillers, dans l'Oise. C'est le prix à payer en période de Covid pour continuer à s'entretenir puisque toutes les salles communales sont fermées pour raisons sanitaires.

Marie-Laure Beaudoin n'est pas la maîtresse des lieux mais elle dirige la manœuvre face à une dizaine d'élèves (pour s'inscrire à ses cours, renseignements sur son site Moov'adapt). Il y a là Sylviane, « Pierrot » ou Nelly : des habitants du petit village de 450 âmes niché dans la campagne. Tous sont âgés de plus de 55 ans. Après une vie de labeur, souvent dans les champs alentour, la petite bande se remet au sport, à son rythme et sans contrainte : « Je leur propose des mouvements doux, raconte la coach spécialisée en activité physique adaptée, à base d'assouplissements, d'étirements, de renforcement musculaire. Nous sommes ici dans un milieu rural avec des personnes qui ont passé leur vie dans les champs avec des travaux difficiles. Je suis là pour les aider à se sentir mieux dans leurs corps, leur redonner le goût d'une activité physique que leur emploi ne leur a plus permis de pratiquer. Tout se fait en fonction de leur envie et de leur capacité avec un objectif : freiner le vieillissement de leur corps. »

«Je suis là pour les aider à se sentir mieux dans leurs corps», explique Marie-Laure Beaudoin. /LP/Alexis Bisson
«Je suis là pour les aider à se sentir mieux dans leurs corps», explique Marie-Laure Beaudoin. /LP/Alexis Bisson  

Dans le village, Sylviane, « Pierrot » ou Nelly se croisent à la boulangerie mais ne se connaissent pas. Pendant une petite heure le samedi, en bougeant leur corps parfois un peu rouillé, ils apprennent à faire connaissance. « C'est important de travailler sur leur moral », reprend Marie-Laure Beaudoin qui donne également des cours à domicile.

«On s'entretient à notre rythme et sans contrainte»

A quelques départements de là, dans le Val-de-Marne, la démarche de Mehdi Vigneron est à peu près la même. Lui est animateur et conseiller de développement départemental pour la FFEPGV (Fédération française d'éducation physique et de gymnastique volontaire) qui regroupe près de 500000 adhérents dans 5600 clubs en France (pour trouver un club de gymnastique volontaire, s'adresser à la Fédération française : 01.41.72.26.00).

Derrière ce nom, gym volontaire, un peu désuet, se cache une discipline à la mode : « La gym volontaire est une séance sportive adaptée aux capacités de chacun, quelles que soient sa forme et ses envies, explique Mehdi Vigneron. Elle s'adresse à tous les âges, même si 50% des adhérents ont plus de 60 ans. » Pour une cotisation annuelle de 80 à 110 euros, la gym volontaire s'adresse ceux qui n'ont pas l'envie ou l'âge de s'inscrire dans une association de sport traditionnel, un club de gym et qui ne veulent pas faire n'importe quoi seul devant leur miroir : « On le fait pour le plaisir d'abord, prévient Mireille, 74 ans, sans but de performance. On se retrouve entre copines, on s'entretient physiquement, à notre rythme et sans contrainte. Dans mon groupe, on a de 60 à 90 ans et, quand on a fini, on se sent toujours mieux qu'en arrivant. »

Des séances organisées en visio

Ici, hors période de pandémie, les copines se retrouvent une à deux heures par semaine. Au lieu de faire du tricot, elles pratiquent le Pilates en papotant quand les garçons remplacent la belote par un doux renforcement de leurs abdos fatigués : « Ces séances, note Mehdi Vigneron, luttent contre la perte de mémoire, favorisent l'équilibre des vieilles personnes, aident à les remettre d'une chute, à prévenir des accidents cardio-vasculaires. Nous sommes dans une démarche de bien-être aussi bien physique que psychologique pour retarder le plus possible le vieillissement. »

Et sans contrainte car, dans « gym volontaire », les deux mots sont importants. « Pendant la crise, les activités sont évidemment au ralenti, continue le conseiller du Val-de-Marne. Mais elles ne sont pas arrêtées. Les activités et les cours en extérieur (marche nordique…) continuent en respectant les règles sanitaires. Nous organisons aussi des séances en visio. On se débrouille pour ne pas abandonner nos adhérents qui sont tous très demandeurs pour continuer leur activité. » La gym douce est aussi un remède à la crise.