Rugby : Lucie Gomes, la touche tendresse de Beauvais

La kinésithérapeute du promu en Fédérale 1 est la seule femme du staff. Sur un plan humain, elle occupe un rôle central au sein du groupe, faisant office de confidente.

 Lucie Gomes, kinésithérapeute, fait partie du staff de Beauvais depuis trois ans.
Lucie Gomes, kinésithérapeute, fait partie du staff de Beauvais depuis trois ans. LP/Florent Pervillé

Elle démarre déjà sa quatrième saison au Beauvais Rugby Club. Ce dimanche (15 heures), pour la réception de Marcq-en-Barœul, Lucie Gomes sera présente, comme à son habitude, au bord du terrain, prête à prodiguer ses soins en cas de besoin. Avec Ludovic Mulle, elle est l'une des deux kinés du club, mais aussi l'unique femme du staff. C'est « presque par hasard » que les routes de la Beauvaisienne de 32 ans et du promu en Fédérale 1 se sont croisées, en 2017.

« Après avoir été technicienne de laboratoire, j'avais repris sur le tard des études de kinésithérapie, explique-t-elle. J'ai alors fait un stage d'un mois chez les Espoirs du Stade toulousain, ce qui m'a fait mettre un pied dans le rugby. Quand j'ai trouvé un poste à l'hôpital de Beauvais, j'ai entendu des collègues qui disaient que le club cherchait un kiné. J'ai rencontré le président, ça a matché… » Trois ans plus tard, l'Axonaise d'origine ne regrette vraiment pas son choix, même s'il nécessite un investissement chronophage. En plus des rencontres, à domicile comme à l'extérieur, elle passe, en effet, au stade le lundi, pour les soins, puis au moins deux fois par semaine, avant les entraînements.

«J'ai la chance qu'il y ait un super groupe, qui m'a intégré de la meilleure des manières, c'est aussi pour ça que je m'investis autant, souffle la trentenaire. C'est une super aventure. Dans ce sport, il y a des valeurs très fortes dans lesquelles je me retrouve: l'abnégation, la cohésion, la solidarité… Il y a peu d'individualisme. Et les joueurs m'ont fait comprendre que je faisais partie de l'équipe. »

« Le rugby, ce n'est que de l'amour »

Si cette expérience se révèle très enrichissante au niveau professionnel, les pépins physiques à traiter étant très divers en fonction des postes, elle constitue surtout pour Lucie Gomes « une incroyable aventure humaine ». Car, une fois les joueurs installés sur sa table de massage, son implication va bien au-delà de celle d'une simple kiné.

« On sert aussi de confident, de médiateur entre le staff et les joueurs, indique-t-elle. Il y a un rôle central au niveau humain. J'aime ça, bien que ce ne soit pas toujours évident, car il faut gérer les côtés professionnel et amical. On parle de leur vie en général, même si elle est finalement très tournée vers le rugby… Leur sport leur donne une image un peu brutale, mais en dehors du terrain, ce sont de gros nounours, des mecs en or. »

Pour les joueurs, le passage entre les mains de la kiné est donc vécu comme un moment particulier, où les thèmes abordés dépassent bien souvent le cadre du ballon ovale. « Son accompagnement psychologique est essentiel, confirme l'ouvreur Clément Drahonnet. Lucie nous écoute, elle tient un rôle dans l'osmose et l'entente au sein du groupe. Elle fait très attention à l'état d'esprit, au ressenti de chacun. On aborde aussi nos soucis personnels du quotidien, car on se sent proches. Pour elle, ça doit parfois faire beaucoup ! Mais ce n'est pas parce que c'est une femme qu'on se confie ainsi, c'est surtout dû à son tempérament. »

Lucie Gomes l'atteste d'ailleurs : au BRC, elle n'a jamais souffert d'être unique en son genre. Au contraire, elle est comme un poisson dans l'eau dans ce grand bain de testostérone, et a même parfois le droit à des petits traitements de faveur. « Ils me considèrent un peu comme la princesse, sourit-elle. Ils ont souvent des petites attentions mignonnes. À la fin de la saison dernière, ils m'ont offert un bouquet de fleurs. Je suis la seule présence féminine, donc j'apporte une touche de douceur. Je leur répète souvent que le rugby, ce n'est que de l'amour. J'ai l'impression d'être dans une grande famille… »