Régional 1 : « J’ai tout fait pour toucher le haut niveau », confie Hendrick Cakin

Formé à Guingamp et à Toulouse, le milieu de terrain qui a rejoint Compiègne cet été a également évolué à Nantes puis à Reims. Mais des éléments contraires l’ont toujours empêché de s’installer dans le monde pro.

 Hendrick Cakin, le milieu de terrain de Compiègne, a évolué au FC Nantes entre janvier 2016 et l’été 2017.
Hendrick Cakin, le milieu de terrain de Compiègne, a évolué au FC Nantes entre janvier 2016 et l’été 2017. DR

Ce dimanche, c'est dans l'atmosphère très confidentielle du 4 e tour de la Coupe de France que Hendrick Cakin et ses coéquipiers de Compiègne (R 1) tenteront d'obtenir leur qualification sur le terrain de Breteuil (R 2). Il semble loin le 14 avril 2018 lorsque le milieu de terrain jouait sa première rencontre en Ligue 2, le temps de quelques minutes lors du net succès de Reims au Paris FC (0-3). Si le joueur de 28 ans se retrouve aujourd'hui au niveau régional, c'est que les choses ne se sont pas toujours passées comme prévu durant son tortueux parcours.

Très jeune, l'enfant de Sarcelles démontre des qualités au-dessus de la moyenne. Dès l'adolescence, il quitte donc son Val-d'Oise natal pour rejoindre le centre de formation de Guingamp, où évolue déjà son grand frère William, puis celui de Toulouse. À seulement 17 ans, il s'entraîne avec l'équipe de Moussa Sissoko, et apparaît à treize reprises sur le banc dans l'Élite. Mais le contrat pro qu'il espère tant ne lui est pas soumis.

« La concurrence était rude en milieu de terrain, c'était plutôt en tant que latéral que je pouvais me faire une place, explique Cakin. Mais le club a fait signer Serge Aurier, et m'a proposé de rester comme amateur. J'étais mécontent, je n'ai plus adopté la bonne attitude et les choses ont changé. » Le Francilien connaît alors sa première saison blanche, avant de rebondir à Vannes, en National.

« J'ai été titulaire pendant six mois, ça se passait super bien, se souvient-il. En janvier, alors que je suis tout proche de signer à Brest en L 2, je suis victime d'une rupture des ligaments croisés du genou. Là, c'est un peu la descente aux enfers. Vannes dépose le bilan à la fin de la saison, je n'ai plus de club et je suis blessé. Je dois faire ma rééducation tout seul. »

Un rôle forcément particulier à Compiègne

Il doit alors attendre deux ans avant de retrouver un employeur. Mais pas n'importe lequel : en janvier 2016, le FC Nantes lui fait parapher son premier contrat pro pour encadrer les jeunes de la réserve, en N 2. « J'étais un peu en retard sur le plan physique, mais content de retrouver un groupe, souffle le milieu de terrain. J'ai recommencé à faire de bonnes performances, à m'entraîner avec les pros. Si Sergio Conceiçao (NDLR : l'entraîneur de l'époque) était resté, je pense que j'aurais pu avoir ma chance. Mais à l'issue de la saison, Reims me propose un contrat de deux ans. C'était un beau bond en avant, un retour presque inespéré. Mes efforts étaient récompensés. »

Dans la Marne, rapidement gêné par une tendinite au tendon d'Achille, il ne parvient pas à faire son trou dans une équipe qui fonce à toute allure vers la Ligue 1. « Les résultats étaient là, et j'avais plutôt un rôle de sparring-partner, soupire-t-il. À la fin de saison, j'ai résilié mon contrat pour rejoindre Charleroi (D 1 belge), mais un problème d'agents a empêché le transfert. Je me suis retrouvé sur le carreau. Je suis alors rentré chez moi et j'ai décidé de préparer ma reconversion. Aujourd'hui, j'ai besoin de stabilité. »

Cet été, Hendrick Cakin a décidé de s'engager à Compiègne, l'équipe dirigée par son ancien coach sarcellois Djilalli Bekkar, et s'est lancé dans une formation de coach sportif. Il a ainsi fermé la parenthèse du professionnalisme, sans regret aucun. « J'ai tout fait pour toucher le haut niveau, je me suis donné corps et âme, estime l'intéressé. J'ai fait ce que j'avais à faire, j'ai rencontré des personnes incroyables. J'ai pu accéder à un niveau social que je n'aurais jamais atteint sans le foot. Les gens ne comprennent pas toujours qu'il faut un facteur chance pour réussir, un petit coup de pouce, un coéquipier qui se blesse ou des résultats qui font défaut. »

« Il avait le niveau et la mentalité, mais il a connu des blessures et n'a pas forcément été au bon endroit au bon moment », abonde Djilalli Bekkar. Toute sa carrière, Cakin aura en tout cas dû batailler pour prouver qu'il avait sa place. À Compiègne, son statut est évidemment différent, puisque son riche CV dénote au sein du groupe. « J'ai voulu lui redonner goût à un projet dans lequel il est important, central, glisse son entraîneur. Il n'a jamais eu cette chance, bien qu'il ait connu le haut niveau. C'est un passionné, un professionnel dans l'âme qui déborde d'énergie. Mais, au-delà de l'aspect sportif, je veux aussi l'aider à penser à l'après football… »