Ligue 2 : Chambly, c’est quoi le problème ?

Giflé à Auxerre samedi soir, le club de l’Oise est devenu la nouvelle lanterne rouge du championnat. La conséquence de difficultés qu’il ne parvient pas à régler jusqu’à présent.

 L’entraîneur Bruno Luzi en discussion avec ses joueurs sur la pelouse d’Auxerre.
L’entraîneur Bruno Luzi en discussion avec ses joueurs sur la pelouse d’Auxerre.  LP/Icon Sport/Matthieu Mirville

Le FC Chambly vit peut-être la période la plus difficile de son histoire depuis la création du club, en 1989. Étrillé (4-0) à Auxerre samedi soir, le club picard a glissé à la dernière place du classement de Ligue 2, confirmant ses difficultés du moment. Avec un seul succès pour cinq défaites en huit journées, il doit rapidement réagir. Tentative de décryptage de cette entame manquée.

Une inquiétante fébrilité défensive

Le constat est implacable : avec 17 buts encaissés, le FC Chambly est la plus mauvaise défense de Ligue 2. Presque un comble pour une équipe qui a toujours forgé sa réputation sur l'imperméabilité de son arrière-garde et sa capacité à faire bloc durant ses temps faibles. « Il faut redevenir plus fort, on prend trop de buts. Être la pire défense, c'est assez incroyable pour un club comme le nôtre », confirmait le capitaine et défenseur Thibault Jaques avant le match à Auxerre. Depuis le début de saison, les Picards n'ont réussi à garder leur cage inviolée qu'une seule fois, à Caen (0-0).

Ils se sont notamment rendus coupables de plusieurs erreurs individuelles, à l'image de celles de Jaques contre le Paris FC (0-3) et à Sochaux (3-2) ou du gardien Xavier Pinoteau samedi. « On ne peut pas expliquer ou prévoir ce genre de choses, estimait le coach Bruno Luzi dans l'Yonne. Mais il est vrai qu'en ce moment, on cumule, c'est chacun son tour. C'est la période qui veut ça. » Au-delà de ces bévues, le président Fulvio Luzi évoquait plus globalement une « fragilité » au niveau collectif. Pour preuve, Chambly a concédé 97 tirs depuis le début d'exercice, soit plus de 12 tirs par match en moyenne.

Un manque d'emprise sur les matchs

Un autre élément saute aux yeux lors des rencontres du FC Chambly : l'équipe oisienne a trop rarement la maîtrise du ballon. Les statistiques le confirment. Avec seulement 32,86 % de possession de balle, la formation de Bruno Luzi est l'avant-dernière de Ligue 2 à ce niveau-là, juste devant Dunkerque (31,2 %). Les absences de Joachim Eickmayer dans l'entrejeu ou de Medhy Guezoui, véritable point d'ancrage en attaque, ne favorisent pas la tenue de la balle. À la récupération, Chambly est souvent contraint de se projeter vite vers l'avant, mais les opportunités offensives s'avèrent difficiles à trouver.

L'équipe est 18e au classement des tirs au but, avec seulement 67 tentatives. « Quand un club découvre le niveau pro, la deuxième saison, celle de la confirmation, est souvent plus difficile que la première, note Samuel Ollivier, journaliste de BeIN Sports qui présente « Maxi Ligue 2 » le lundi soir. On le constate souvent. La dynamique de victoires s'est essoufflée, et l'effet de surprise est passé. Les adversaires connaissent maintenant le style de jeu de Chambly, et s'adaptent. En plus, ils ne jouent pas dans leur stade, et c'est un vrai point négatif. »

Un onze de départ qui peine à se dessiner

Bruno Luzi n'est pas du genre à traverser les périodes difficiles sans tenter de faire bouger les choses. Cela se confirme en ce début de saison, où le coach n'a jamais reproduit la même composition deux fois de suite. À Auxerre, il n'a pas hésité à écarter le gardien Simon Pontdemé pour aligner Xavier Pinoteau, ou à lancer le jeune Boubacari Doucouré, 21 ans, au milieu de terrain. La tactique, à 3 ou 4 défenseurs et à 2 ou 3 attaquants, évolue aussi régulièrement. Mais pour le moment, rien ne semble fonctionner sur la durée.

« Je me suis certainement trompé dans le système, je vais prendre cette défaite pour moi », a même glissé l'entraîneur à l'issue du dernier revers. Certains de ses choix sont sans doute par défaut car, si le club est relativement épargné jusqu'à présent par le Covid-19, l'infirmerie ne désemplit pas. Aussi et surtout, les cadres de la saison passée sont globalement moins performants, et certains ont même perdu leur place, comme Anthony Soubervie. Enfin, si l'on excepte le défenseur Bradley Danger, aucune recrue estivale ne s'est réellement imposée. À titre d'exemple, le milieu Lorenzo Callegari (ex-PSG) n'a joué que 112 minutes, pour une seule titularisation.