Coupe de France : Beauvais retrouve la lumière

Onze ans après leur dernier 16e de finale en Coupe de France, les Picards ont réédité cet exploit ce dimanche après leur victoire (1-4) chez le petit Poucet, Aire-sur-la-Lys (R2). Au tour maintenant de Boulogne-sur-Mer (National) le 6 ou 7 mars prochains.

 Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), dimanche. Mathieu Duhamel, auteur d’un triplé, est congratulé par Ismaïl Haddou (numéro 10) et Eduardo Rodrigo (numéro 8).
Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), dimanche. Mathieu Duhamel, auteur d’un triplé, est congratulé par Ismaïl Haddou (numéro 10) et Eduardo Rodrigo (numéro 8). PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP

L'occasion était trop belle. Avec une Coupe de France new-look, Covid oblige, l'AS Beauvais-Oise, remontée en National 2 cette saison, n'a pas craqué. Ce dimanche, sur le terrain bosselé d'Aire-sur-la-Lys, une modeste formation de Régional 2, les joueurs de Sébastien Dailly n'ont pas tremblé. Victorieux (1-4) grâce à un triplé de Mathieu Duhamel, l'ancien pro en Ligue 1 à Caen et Evian TG, les Picards ont réussi leur pari. Dans moins de deux semaines, ils affrontent Boulogne-sur-Mer (National) pour un rendez-vous historique en 16es de finale.

Cela faisait onze ans que les Beauvaisiens n'avaient plus regoûté à l'ivresse de la Coupe de France. En 2010, les joueurs de l'équipe entraînée par Alexandre Clément avaient même poussé le plaisir jusqu'au tour suivant. Après avoir sorti (3-0) Agen (CFA2), les Beauvaisiens avaient vu leur aventure se terminer en 8e devant Sochaux (1-4). « Oui, cela rappelle de bons souvenirs, sourit Guillaume Godin, l'un des deux présidents avec Sylvain Reghem. C'est sympa de recevoir un coup de projecteur, via notre parcours en Coupe. »

Pour en arriver là, les Beauvaisiens ont eu un peu de chance au tirage mais pas que. « Nous avons passé six tours, ce n'est pas rien, analyse Sébastien Dailly, l'entraîneur de l'ASBO. On a évité six traquenards aussi. » Dernier exemple, à Aire-sur-la-Lys, qui venait de sortir deux équipes de N3 (Chantilly et Amiens AC) aux tirs au but. « Cela a été très compliqué, assure Eduardo Rodrigo, le milieu de terrain de l'ASBO. On avait mis en place une stratégie basée sur un jeu direct. Le terrain ne nous permettait pas de faire autrement. »

L'épopée beauvaisienne se poursuit avec un certain brio. Elle avait débuté au 4e tour avec une promenade (6-0) du côté de la baie de Somme à Saint-Valery (D1) puis une réception solide (2-1) de Feignies-Aulnoye (N3). Comme l'ensemble du monde amateur, il a fallu relancer la machine, il y a un mois avec un 6e tour à Maubeuge (N3) pour une qualification aux tirs au but (3-2 après un 0-0). Les Beauvaisiens ont ensuite écarté Longueau (R1) (3-1) et Steenvoorde (R1) successivement (3-1 et 4-2).

La panenka ratée d'Éric Cantona

Arrivé en 16es, Beauvais est encore loin des quarts de finale, record du club en 1989. Avant de tomber face à Auxerre de Guy Roux (2-1 et 0-0), l'équipe dirigée par le regretté Bruno Metsu avait sorti trois pensionnaires de Ligue 1 (Bordeaux, Caen et Lens). La panenka ratée d'Éric Cantona alors à Bordeaux en 32es fait partie de la légende. « Nous n'en sommes pas là, assure Guillaume Godin. Il y a Boulogne. Un match qui nous enchante car il nous permettra de nous jauger face à une équipe qui joue en National. Une division que nous aimerions bien retrouver bientôt. »

Dans l'ombre de Chambly (L2) depuis 2014, l'ASBO est à la recherche de son glorieux passé. Celui où il avait failli devenir le premier club picard à monter en Ligue 1 sous la houlette de Jacky Bonnevay en 2001. Leaders à 9 journées de la fin du championnat, alors que les 4 premiers étaient destinés à monter, les Beauvaisiens avaient trébuché jusqu'à la 7e place. Un traumatisme que les Picards n'ont jamais digéré, au point de toucher le fond jusqu'en CFA 2 en 2015.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Depuis 2018, l'ASBO tente de se reconstruire. Une première marche a été franchie la saison dernière avec une montée en N2. « La Coupe de France était notre priorité jusqu'à présent, explique Sébastien Dailly. Elle était la garantie d'avoir un match le week-end suivant. Mais plus maintenant, avec la reprise du championnat samedi à Reims en match en retard… »