Boxe : au comité régional, le club de Pont-Sainte-Maxence «s’est fait démonter», selon son entraîneur

Franck Dourlans, le président pontois, et l’entraîneur Giovanni Boggia n’ont pas été élus au sein de l’instance des Hauts-de-France. Et ils n’ont pas réussi à empêcher le vote des comptes, alors que leur club de Pont-Sainte-Maxence est en pleine procédure judiciaire afin d’examiner les finances de l’ex-comité de Picardie.

 Giovanni Boggia, l’entraîneur de Pont-Sainte-Maxence, n’intégrera pas le comité des Hauts-de-France, tout comme son président de club, Franck Dourlans.
Giovanni Boggia, l’entraîneur de Pont-Sainte-Maxence, n’intégrera pas le comité des Hauts-de-France, tout comme son président de club, Franck Dourlans.  LP/Stéphane Valade

« C'est une grosse déception ». Franck Dourlans, le président du Boxing Club Olympique de Pont-Sainte-Maxence, ne cache pas son désappointement. Samedi, il a été évincé dès le premier tour de l'élection du comité des Hauts-de-France, à l'instar de l'entraîneur de son club, Giovanni Boggia. Il siégeait pourtant au sein de l'instance régionale depuis quatre ans et la fusion des comités nordiste et picard. Pour expliquer ce désaveu, le président pontois refuse d'être trop catégorique, mais évoque tout de même certaines pistes.

« Il y a bien plus de clubs de l'ex-Nord-Pas-de-Calais que de l'ex-Picardie qui votent, ils sont en nette majorité, constate Franck Dourlans. Donc ils ont sans doute simplement choisi les gens qu'ils connaissent depuis toujours. Cela peut être une première explication. En plus, il fallait respecter une parité, huit femmes et douze hommes, ce qui n'était pas le cas il y a quatre ans. Il y avait donc moins de places pour les hommes. Après, peut-être aussi que Pont a un statut qui peut déranger. C'est une autre possibilité, même si je n'en ai pas la certitude. »

Depuis plusieurs années, le BCOP porte en effet un certain nombre d'idées novatrices au sein de la boxe hexagonale, notamment par la voix du volubile Giovanni Boggia. Entre autres, le coach est favorable à une professionnalisation des clubs afin de créer des emplois, ainsi qu'à une nouvelle organisation de la boxe pro régie par des divisions et des classements. Il pourra d'ailleurs désormais mettre en pratique certains de ses projets à l'échelle départementale, puisqu'il a récemment été élu trésorier du Comité de l'Oise, pendant que Franck Dourlans en prenait la présidence. Ce sera visiblement plus compliqué au niveau régional.

Le club n'abandonnera pas la procédure judiciaire

« Ce n'est même pas qu'on n'a pas été élus, on s'est fait démonter (sic), regrette l'entraîneur. Je ne veux pas spéculer sur les raisons du choix des votants, il faudrait leur demander. Mais on tient un discours sur le professionnalisme, l'élitisme, et je pense que cela met certains en panique. En fait, je connaissais l'issue du vote. Je voulais d'ailleurs prouver qu'on ne pouvait pas être élus sur nos idées. C'est comme ça, nul n'est prophète en son pays. » « On se rend compte qu'il y a une grosse machine fédérale qui fonctionne d'une certaine manière depuis des années, et que c'est très compliqué d'y apporter des changements », abonde son président de club.

Autre élément à prendre en compte : le club pontois a intenté une procédure judiciaire à l'encontre d'André Martin, aujourd'hui à la tête de la Fédération en attendant l'arrivée d'un nouveau président début 2021. Les dirigeants du BCOP souhaitent que soit examiné le bilan comptable de celui-ci à l'époque où il dirigeait l'ancien comité de Picardie. De ce fait, Franck Dourlans avait envoyé une vidéo aux présidents de clubs quelques jours avant l'élection du comité des Hauts-de-France, dans laquelle il leur demandait de s'abstenir de valider les comptes. Par mail, il a également appelé la présidente, Jacqueline Mairesse, à procéder au vote des comptes à bulletin secret, et non à main levée.

Là encore, Dourlans a fait chou blanc, puisqu'aucune de ses requêtes n'a abouti, et que les votes ont été validés en l'état. « Notre souhait n'a pas du tout été suivi et il est évident que la défense va se servir de cet argument au tribunal, regrette-t-il. Mais en soi, cela n'invalide pas la procédure. Je ne comprends pas pourquoi nous n'avons pas davantage de soutien. Je trouve ça incohérent et dommage qu'on se retrouve seuls, alors que nous n'accusons personne de malversation, nous demandons simplement des vérifications. De toute façon, de notre côté, on continue notre démarche… »