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NBA : LeBron James encore un peu plus dans la légende

La star des Lakers de Los Angeles est entrée encore un peu plus dans la légende du sport en remportant son quatrième titre NBA.

 Même Jimmy Butler (de dos) n’a rien pu faire : LeBron James est toujours le plus fort et remporte son 4e titre NBA.
Même Jimmy Butler (de dos) n’a rien pu faire : LeBron James est toujours le plus fort et remporte son 4e titre NBA. AFP/Mike Ehrmann

Il va falloir inventer des mots, des superlatifs pour raconter combien cet homme est un champion d'exception. Plus aucun de ceux que contiennent les dictionnaires ne lui conviennent. Dans une époque où l'histoire du sport s'écrit devant nos yeux, LeBron James est « plus grand que la vie » comme disent les Américains. Il a décroché dans la nuit de dimanche à lundi avec les Lakers de Los Angeles, son quatrième titre NBA après 2012 et 2013 avec Miami et 2016 avec Cleveland. Il est le premier à gagner des titres avec trois franchises différentes en s'approchant à titre individuel de tous les records possibles de son sport.

Arrivé en 2018 dans la cité des Anges, James a, à lui tout seul ou presque, ramené la légendaire franchise de Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar et Kobe Bryant, moribonde pendant dix ans, sur le toit du monde. « C'est une franchise historique et en faire partie est quelque chose que je pourrai raconter à mes petits-enfants. Ils pourront dire que leur pawpaw a joué pour les Lakers », se félicite-t-il. Avec lui, ils remportent leur 17e trophée Larry O'Brien et arrivent tout en haut à l'égal de leurs rivaux historiques, les Celtics de Boston.

James avait fait la même chose avec Cleveland, une équipe anonyme sans lui, dans son Ohio natal il y a quatre ans. Avec LA, il a réussi cet exploit quelques mois seulement après la disparition tragique de Kobe Bryant, « Mamba Noir » dans un accident d'hélicoptère. Il tenait à cet hommage et tout Los Angeles est descendu dans la rue en pleine nuit pour lui dire merci.

Il est aussi allé chercher le trophée à la fin d'une saison coupée en deux par la Covid et en restant enfermé pendant trois mois dans une bulle sanitaire en Floride, loin des siens : « Je n'ai pas vécu l'entrée en maternelle de ma fille, j'ai manqué le 16e anniversaire de mon fils. Cela vaut-il la peine de sacrifier ma vie de famille? », s'est-il interrogé. Avant de répondre : « Oui, évidemment! »

Le meilleur de tous les temps devant Jordan ?

En gagnant une fois de plus, LeBron James a remis une pièce dans la machine qui cherche à savoir qui est le meilleur basketteur de tous les temps : Michael Jordan ou lui? « James est le meilleur de sa génération et ce qui mérite le respect par-dessus tout, c'est sa longévité à ce niveau qui est exceptionnelle », juge pour nous Rudy Gobert, le pivot français des Utah Jazz.

Sa Majesté Jordan nous a donnés lui-même une réponse à Paris en janvier : « On ne peut pas nous comparer. Nous jouons à des époques différentes. Mais ce qui est sûr, c'est que LeBron est un des meilleurs joueurs de la planète. » Les deux monuments partagent le même numéro de maillot (23) et James succédera en 2021 à « MJ » à l'affiche de « Space Jam 2 ».

Mais le débat est peut-être ailleurs : James n'est-il pas tout bonnement en 2020, le plus grand champion tous sports confondus sur cette terre ? La presse américaine qui le surnomme « The Chosen One » (« L'Elu ») depuis qu'il est au lycée le pense. Son propre entraîneur Franck Vogel le dit : « LeBron est le plus grand joueur que l'univers ait jamais vu. » Et Nicolas Batum, le capitaine de l'équipe de France le confirme : « Jordan reste le plus grand basketteur de tous les temps. Mais LeBron est le plus bel athlète de toute l'histoire du sport. »

Admettons que ce soit le cas. Si le champion est au-delà de l'extraordinaire, l'homme l'est tout autant. Huitième sportif le mieux payé du monde avec 90 millions de dollars annuels (75 millions d'euros), né dans un ghetto pauvre à Akron dans l'Ohio, il pourrait se la couler douce en dehors du terrain, sans prendre position dans les conflits de société. C'est tout le contraire.

Dans la lignée d'un Mohamed Ali, le géant des parquets est un militant actif des droits de l'homme, de la lutte contre les violences policières et le racisme qui gangrènent la société américaine. Il a été un porte-parole du mouvement « Black Live Matters » obligeant toute la NBA à le suivre. Donald Trump en a fait sa bête noire. Proche de l'ancien président américain Barack Obama, le champion lui rend bien cette haine viscérale en étant son opposant numéro 1. « « La haine a toujours existé aux Etats-Unis. Donald Trump l'a simplement remise à la mode », hurle-t-il de rage.

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Quand il critique, et il ne s'en prive jamais, le locataire de la Maison Blanche, ses 46 millions d'abonnés sur Twitter et 66 millions sur Instagram applaudissent. Quand cet homme bientôt milliardaire en dollars, producteur de cinéma et de télé à succès parle, on l'entend. Mieux, on l'écoute car il a toujours quelque chose à dire. Il ne s'en privera pas jusqu'à la présidentielle américaine. Quitte à se mettre la moitié du pays à dos. Mais il s'en moque : il y a pour lui des combats qui valent encore plus qu'un nouveau titre NBA.

Cinq chiffres sur la carrière de LeBron James

4. C’est le nom de titres NBA qu’il a remporté (2012, 2013, 2016, 2020).

10. Le nombre de Finales NBA qu’il a disputées (2007, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2020).

3. Le nombre de ses médailles olympiques (2 or 2008, 2012 ; une de bronze 2004).

35. Son âge, il est né le 30 décembre 1984.

800. En millions de dollars (750 millions d’euros) sa fortune personnelle estimée.