National : «reconnaissant à vie», le coach du Red Star, de retour au Mans, pensera à son père

Vincent Bordot accompagnait son père Serge, journaliste radio attitré des matchs du Mans, avant que celui-ci commente les prestations de son fils.

 Vincent Bordot, coach du Red Star, candidat à la montée en Ligue 2.
Vincent Bordot, coach du Red Star, candidat à la montée en Ligue 2. LP/Icon Sport/Baptiste Fernandez

Il suffit parfois d'une discussion pour donner un sens à une vie. Comme celle que Vincent Bordot a eue avec son père Serge à ses 19 ans. À l'époque, l'actuel coach du Red Star coulait des jours paisibles à Coulaines (Sarthe) où il jouait au football en tant qu'amateur. Avant que Marc Westerloppe, alors directeur du centre de formation et coach de la réserve du Mans, ne lui propose de signer dans le club phare de la Sarthe. Ce dernier l'avait repéré lors d'un match de Division d'Honneur (6e niveau), et avait été séduit après une semaine d'essai.

« Vincent était peu enjoué », se souvient Serge, 81 ans. « Si mon père ne me pousse pas, je ne fais pas le grand saut car j'étais bien dans ma vie, dans un confort, garantit d'ailleurs Vincent. Il m'a conseillé de tenter, m'avait dit : tu verras bien et si c'est trop dur, tu reviens à la maison. »

Mais en 1998, soit quatre ans plus tard, il disputera le 29 avril le premier de ses matchs en pros (sans en avoir le statut) au Mans contre Nice, en Division 2. « On a déjà reparlé de cet épisode, mon père en rigole mais je lui serai reconnaissant à vie », confie l'ex-coéquipier de Didier Drogba, qu'il emmenait en voiture à l'entraînement. Celui-ci n'aurait certainement pas connu cette trajectoire, « réussi à vivre du foot » à travers ses passages à Thouars (National), au Paris FC (N 2) ou encore à Saint-Pryvé-Saint-Hilaire (N 3), où il a démarré sa carrière d'entraîneur en 2007, à 32 ans. Le voilà aujourd'hui à 45 ans, à la tête du Red Star, 3e de National et candidat déclaré à la montée en Ligue 2 en déplacement au Mans ce lundi soir (20 h 45).

« De 10 à 17 ans, je notais les buteurs de Division 1 pour qu'il les transmette à l'antenne »

« Mon papa garde beaucoup de choses en lui mais je sais qu'il est fier de mon parcours », poursuit Vincent, forcément influencé dans sa vie par Serge qui restera… la voix du Mans. L'ancien journaliste a commenté pendant près de 25 ans les matchs de football du club sarthois à la radio en collaboration avec Le Maine Libre. Et il était fréquent de voir son fils à ses côtés en tribune de presse. « Que de bons souvenirs », glisse Serge qui a également été entraîneur. « De 10 à 17 ans, je notais les buteurs de Division 1 pour qu'il les transmette à l'antenne, j'ai tout vécu à travers lui. C'est assez fort de partager ces moments », indique Vincent. Et ça l'est tout autant quand son paternel est au micro pour les matchs du fiston. « Le lendemain d'une rencontre à l'extérieur en Ligue 2, j'étais allé déjeuner chez ma grand-mère qui m'a félicité pour mon super match. Mon père n'avait fait que parler de moi lors de mon entrée, à quinze minutes de la fin, alors que je n'avais fait que courir après le ballon », se marre, aujourd'hui, Vincent.

Crise sanitaire oblige, Serge ne sera pas en tribune pour l'encourager une nouvelle fois. Mais nul doute qu'il collera son oreille à la radio, en tant qu'éternel supporter de son fils.