Natation : Florent Manaudou tenté par «la carotte 2024»

Le champion olympique 2012, qui a décidé de replonger pour Tokyo, a déjà les Jeux de Paris dans la tête.

 Florent Manaudou, ici dans son restaurant marseillais, espère nager le 50 m en moins de 22 secondes  assez rapidement.
Florent Manaudou, ici dans son restaurant marseillais, espère nager le 50 m en moins de 22 secondes assez rapidement.  LP / ARNAUD DUMONTIER

Lundi matin, Florent Manaudou était présent près du bassin de l'hôtel Molitor, à Paris. Mais pas pour plonger. Le champion olympique du 50 m NL, qui a annoncé la semaine dernière son retour à la compétition, a présenté l'ISL, une compétition par équipe à laquelle il participera à l'automne avec son nouveau club turc Energy Standard. Toujours blessé à la main droite, l'ancien handballeur redevenu nageur devrait se mettre à l'eau le 8 avril à Antalya.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ?

FLORENT MANAUDOU. Il y a une petite appréhension mais c'est pour ça que je le fais. J'adore le challenge. J'ai envie de reprendre, de ressentir le stress, etc.… Il me manquait de me sentir bon dans ce que je fais de mieux. Je n'imaginais pas un retour à la compétition sans James Gibson (NDLR : son coach britannique). Il m'a aidé avant les JO 2012 et on a terminé sur un titre olympique une histoire courte. On n'est pas allés au bout. C'est comme une histoire d'amour qui n'est pas finie, on remet le couvert sept ans après.

Avec pas mal de nouveauté…

Je suis content de ce système avec trois semaines d'entraînement en Turquie et deux en France. Ça va me permettre de m'aérer l'esprit. La natation n'est pas un sport fun, c'est entraînement et musculation tous les jours et c'est compliqué de le faire toujours au même endroit avec les mêmes personnes. Je veux sortir de ma zone de confort. On a aussi besoin de voir sa famille, être bien dans sa peau. James l'a compris et ça fonctionne. Là-bas, je serai en mode stage, je n'aurai que ça à faire. Quand j'allais à Majorque ou Tenerife, je travaillais deux fois mieux.

Que pensez-vous de l'ISL, la nouvelle compétition à laquelle vous allez participer avec votre équipe turque ?

C'est dur de faire toujours les mêmes compétitions, avec des séries et des finales, toujours le même système depuis vingt ans. J'ai envie de faire des choses différentes, de faire partie d'un show. C'est ce qui manque à la natation, c'est un vieux sport. Rejoindre une équipe, c'est l'un des paramètres de ma reprise.

Où vous situez-vous physiquement ?

Je n'ai pas fait de 50 m depuis longtemps. Cela dépend de ma main, je peux nager en moins de 22'' assez rapidement. Mais j'ai envie de nager plus vite que ça. Il faut au moins valoir 21'' pour gagner les Jeux. Avec le hand, j'ai dû gagner 40 % dans les jambes et perdre 40 % du haut. À moi de garder le bas et reprendre du haut ! Mon but n'est pas de faire une demie aux prochains Mondiaux mais de construire petit à petit, être rapide en fin de saison pour l'ISL.

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En Turquie, vous allez retrouver le Britannique Ben Proud, qui a nagé plus vite que vous…

En 2011, à Marseille, les Bousquet ou Gilot m'ont poussé à être meilleur. La confrontation avec Proud ne va pas être quotidienne. Je vais me prendre des branlées au début, puis j'espère de moins en moins. Ça va me galvaniser. Je me suis fait battre par Fred (NDLR : Bousquet) pendant un an avant les Jeux de Londres et finalement, je suis sélectionné et j'ai gagné. Ça se joue aussi dans la tête.

Serez-vous disponible pour le relais 4x100m NL ?

Je ne me pose pas la question. Mon objectif c'est le 50, j'aurai quasiment 30 ans aux Jeux et je n'ai pas envie de me mettre le 100 m en tête. Peut-être que si on est en position de gagner, si on est quatre à 48''… Mais ce n'est pas un axe de travail.

Vous vous voyez déjà jusqu'en 2024 ?

Je me suis levé un matin de décembre dernier et j'ai décidé de recommencer. Ce sera pareil si j'ai envie d'arrêter. Avec ce système, je peux durer plus longtemps et la carotte 2024 est assez grosse. Ça fait rêver. J'aurais aimé gagner les JO 2012 à Paris. Faire les Jeux chez soi, c'est extraordinaire.