Nanterre : Alpha Kaba, le basketteur qui se rêvait chirurgien

L’intérieur du club des Hauts-de-Seine, 2,08 m, a longtemps voulu se consacrer à la médecine avant d’être rattrapé par sa passion pour le sport.

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 Alpha Kaba ici lors du derby face à Boulogne-Levallois au Palais des sports Marcel Cerdan, à Lavallois, le 22 novembre 2020.
Alpha Kaba ici lors du derby face à Boulogne-Levallois au Palais des sports Marcel Cerdan, à Lavallois, le 22 novembre 2020.  LP/Icon Sport/Anthony Dibon

Un père joueur amateur, un oncle international et membre de la sélection bleue lors des JO de Los Angeles en 1984 aux côtés des Richard Dacoury, Jacques Monclar ou des frères Beugnot. Malgré un environnement familial baigné par le basket, la passion pour la balle orange est venue plus tard, à l'adolescence, pour le jeune Alpha Kaba.

Pendant longtemps, le natif de Blois avait un autre rêve. Il se voyait porter une autre tenue. Quand ses instituteurs à l'école primaire Louise de Savoie à Romorantin-Lanthenay lui demandaient ce qu'il voulait faire plus tard, le minot répondait toujours chirurgien. « Cette envie m'est venue en voyant ma grande sœur Kadiata ( de 5 ans son aînée ) vouloir se lancer dans des études de médecine, explique l'intérieur de Nanterre, 25 ans. J'étais, et je suis toujours, admiratif d'elle. Je regardais aussi des séries médicales. J'ai toujours eu envie d'aider les autres, d'apporter aux autres. C'est un métier noble. »

Si sa sœur a opté en définitive pour des études de biochimie, et que le basket a fini par rattraper Alpha Kaba après son bac scientifique, la vocation ne l'a pas quittée. « J'aurais voulu continuer après mon bac mais c'était trop compliqué, poursuit le 5e d'une fratrie recomposée de sept enfants. Je venais d'être pris au centre de formation de Pau et les facs de médecine les plus proches étaient à Bordeaux ou Toulouse. Mais j'y pense toujours. Je me vois bien reprendre des études après ma carrière de sportif, voire même essayer de reprendre pendant. Ça ne me fait pas peur, j'aime bien les défis. Plus c'est compliqué, plus ça me motive. »

Mais en attendant de reprendre le chemin des études, le papa de la petite Kenya, 1 an, utilise ses mains autrement et se consacre désormais au basket. Une passion née quand il avait 13 ans. « Après quelques années avec ma mère à Clichy-sous-Bois, je suis retourné vivre chez mon père à Blois, confie le Franco-Guinéen qui pourrait jouer pour l'une des deux sélections. C'est là que j'ai vraiment commencé à jouer en club. Le coup de foudre a été immédiat. » Et le succès aussi. Il intègre rapidement le pôle espoir de Tours puis le centre de formation à Pau. Après son expérience paloise, il prouve encore qu'il « aime sortir de [sa] zone de confort » en prenant la direction du club de Mega Leks en Serbie.

Drafté en 60e position par les Hawks d'Atlanta en 2017

« Ce n'était pas évident au début mais je voulais jouer en pro rapidement, me montrer. Je pensais que c'était la meilleure chose à faire… et je ne regrette pas, c'était une expérience exceptionnelle », confie le grand échalas de 2,08 m. Ce passage lui ouvre d'ailleurs les portes de la prestigieuse NBA. Un championnat dont il rêvait adolescent devant les exploits de son idole Kobe Bryant avec les Lakers de Los Angeles. Il sera même drafté (choisi) en 60e position par les Hawks d'Atlanta en 2017.

« Ma position (NDLR : à la Draft) a pas mal évolué, j'étais annoncé haut, puis bas, puis plus du tout, se rappelle-t-il. Finalement, je suis appelé à la 60e position, la dernière. Ça peut paraître médiocre pour beaucoup mais, pour moi, c'était une pure joie. Quand j'ai entendu mon nom, j'étais euphorique. Je faisais partie des 60 joueurs sur les milliers qui veulent être draftés chaque année. C'est un honneur et une fierté. Avec mon coéquipier (le Serbe Ognjen Jaramaz, drafté en 58e position), on venait d'atterrir à Belgrade en provenance de New York car les pronostics n'étaient pas bons. Je suis arrivé dans mon appartement quasiment au moment où l'on a donné mon nom. Il devait être 5 heures du matin à Belgrade et je crois que j'ai réveillé tous mes voisins à force de crier. »

Malgré cette Draft, Alpha Kaba n'a pas réussi à convaincre une franchise de lui faire confiance et n'a, pour l'instant, toujours pas posé un pied sur un parquet NBA. « C'est un manque, un but non achevé mais cela reste mon objectif, affirme l'ancien joueur de l'Asvel et de Boulazac. Je travaille pour ça. La Draft n'est pas l'unique chemin pour aller en NBA, je sais que c'est possible. Je participe à la Summer League (compétitions estivales organisées par les clubs) pour me montrer et rester en contact avec ce monde. Mon objectif est d'y jouer un jour. »

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Ses bonnes performances sous le maillot de Nanterre, qu'il a rejoint cet été, pourraient inciter les franchises à garder un œil sur lui.