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Moto GP : «Quartararo est du même niveau que Mbappé»

Sébastien Poirier, élu vendredi à la tête de la Fédération française de motocyclisme, explique en quoi la réussite du prodige tricolore est un atout pour le développement des sports mécaniques.

 « Quartararo va nous permettre de valoriser la moto auprès du grand public », explique Sébastien Poirier.
« Quartararo va nous permettre de valoriser la moto auprès du grand public », explique Sébastien Poirier. AFP

Fabio Quartararo n'a pas réussi à remporter le Grand Prix de France disputé ce dimanche au circuit Bugatti au Mans en terminant à une décevante 9e place même s'il conserve le fauteuil de leadeur au championnat du monde de Moto GP (à 5 courses de la fin). Le nouveau président de la fédération française de motocyclisme Sébastien Poirier (47 ans), élu ce vendredi, nous explique son projet et la chance pour la France d'avoir un pilote tricolore au sommet de la compétition reine de vitesse.

Quel est votre sentiment après la 9e place de Fabio Quartararo ?

SÉBASTIEN POIRIER. C'est une petite déception car nous espérions mieux compte tenu de sa pole position mais la pluie est venue perturber la course. Au classement général, il reste tout de même leader. Johann Zarco a, lui, réalisé une très belle course en obtenant la 5e place avec en prime le meilleur temps.

Est-ce plus facile d'être président de la Fédération lorsqu'on a un pilote français comme Quartararo en tête du championnat du monde ?

Oui, bien sûr! Un champion porte une discipline. Grâce à Fabio, c'est la fédération qui rayonne mais aussi ses motos clubs et ses licenciés se reconnaissant à travers lui. On est tous très fier d'avoir un Fabio Quartararo et un Johann Zarco qui sont les porte-étendards de la moto française.

Il n'y avait que 5000 spectateurs présents au circuit Bugatti ce dimanche…

L'an passé nous avions plus de 100 000 spectateurs payants. Aujourd'hui, c'était la première course au Mans depuis le début de l'année qui ne soit pas à huis clos. Cette jauge de 5000 ne correspond pas du tout à l'événement populaire que présente le GP de France de vitesse mais on est contraint par les réglementations. En plus, on est sur un site de 80 hectares en plein air. Une jauge de 5000 est totalement limitée et a peu de sens. Sincèrement, il faut qu'on travaille avec l'Etat pour des jauges plus importantes en 2021. L'organisateur du GP de France n'a pas de subvention publique. Cela est financé par les partenaires privés et les recettes en billetterie. Quand on nous interdit ces spectateurs payants, on est sur un déséquilibre financier qui peut amener la disparition de nos manifestations.

La réussite de Fabio Quartararo peut-elle avoir un impact sur la hausse des licenciés ?

Avoir un porte-drapeau aide toujours. Après, on est un sport avec du matériel qui coûte relativement cher même si on a des formules accessibles pour tous. On veut profiter de cette vitrine pour passer un message : nos Moto Clubs sont prêts à accueillir des jeunes et moins jeunes dans un cadre structuré. On peut démarrer à tout âge. De nombreux motards sur la voie publique découvrent la moto sur circuit ou le moto-cross. Ils ont leur place.

Fabio Quartararo peut-il être champion du monde cette saison ?

Il a toutes les cartes en main. Je trouve qu'il a gagné énormément en maturité. Je croise les doigts pour qu'il décroche ce titre.

Est-ce déjà une star du sport français ?

Oui. Il est en train de sortir du microcosme des sports mécaniques. Il va nous permettre de valoriser la moto auprès du grand public. Il a toujours été identifié comme une perle absolue de la moto. Aujourd'hui Fabio est hors norme. Nous sommes devant un sportif qui est du même niveau qu'un Kylian Mbappé. Ce sont des champions jeunes, matures, intelligents, qui ont une soif de réussir tout en s'en donnant les moyens. Ils ont une joie de vivre communicative.

Quelle va être votre première mesure comme président de la Fédération ?

Les premières mesures seront liées à la crise sanitaire que nous vivons. Comme toutes les fédérations sportives, nous sommes impactées. Nous avons perdu près de la moitié de nos manifestations même si on a réussi quand même à conserver un certain nombre de Championnats de France en les positionnant en fin d'année. Les organisateurs souffrent, les licenciés (100 000) ont pu s'entraîner mais n'ont pas participé à certaines compétitions. On va préparer l'année 2021 pour faire en sorte d'accompagner nos clubs dans un contexte sanitaire encore difficile.