Mondiaux de ski : Johan Clarey, 40 ans, le «papy» des Bleus, toujours en piste

Le skieur français, qui dispute la descente des Mondiaux ce dimanche, continue d’être performant à 40 ans passés. Et ne se voit pas encore prendre sa retraite.

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 Johan Clarey s’est offert en janvier une deuxième place lors de la redoutable descente de Kitzbühel.
Johan Clarey s’est offert en janvier une deuxième place lors de la redoutable descente de Kitzbühel. AFP/Christof Stache

Chacune de ses performances le fait entrer davantage dans l'histoire du ski alpin. Mais Johan Clarey doit ses récents coups d'éclat dans les annales de son sport autant à sa glisse qu'à sa date de naissance. Déjà plus vieux médaillé de l'histoire des Championnats du monde en 2019, le Français est devenu en janvier le premier quadragénaire à grimper sur un podium de Coupe du monde avec sa deuxième place sur la descente de Kitzbühel. Aux Mondiaux de Cortina d'Ampezzo, où il s'aligne en descente ce dimanche après être parti à la faute sur le super-G jeudi, « Yo » est naturellement le doyen de la délégation tricolore.

« Je suis fier d'être encore là, souffle l'intéressé. Après Kitzbühel, j'ai eu beaucoup de messages de félicitations pour ma performance. On a tous une histoire différente. La mienne s'écrit plus à 40 ans qu'à 20. » Aucune préméditation dans cet épanouissement tardif. Clarey est l'un de ces skieurs tourmentés par les blessures. « A l'âge où beaucoup progressent, moi, je me soignais, raconte celui dont les ligaments croisés l'ont trahi trois fois. Entre 2004 et 2006, j'ai connu quasiment deux saisons blanches. En 2009, alors que je me prépare pour les Mondiaux à Val-d'Isère, je pars en grand écart à 120 à l'heure et me pète les deux genoux. »

«90 % du temps, on vit de mauvais moments dans le ski»

Ses séjours à l'hôpital ne l'ont jamais dégoûté de son sport. « Il est toujours aussi enthousiaste, toujours à fond dans son métier, décrit son entraîneur et ex-partenaire chez les Bleus, Yannick Bertrand. Alors, avec l'âge, ça grince. Mais ça avance toujours (rires.) »

En équipe de France, tous vantent les séances de préparation physique que le descendeur est capable de s'infliger l'été. Le solide bonhomme (1,91 m, 98 kg) possède aussi une « caisse » impressionnante. « Il est encore devant les jeunes du groupe à certaines évaluations, salue Xavier Fournier, chef du groupe vitesse tricolore. Il bosse beaucoup, il faut voir ce qu'il s'envoie pour rester au niveau. »

Sur son compte Instagram, celui qui est à la ville le compagnon de la belle-sœur d'Alexis Pinturault, affiche en anglais sa devise : « La douleur est temporaire, l'abandon est éternel ». « Cela représente bien mon rapport à ce sport, explique Johan Clarey. 90 % du temps, on vit de mauvais moments dans le ski. Mais tout ça ne dure pas. Donc, on pousse la machine. Je prends un certain plaisir dans la douleur. »

«Finir sur mes deux jambes, avec le sourire»

A 40 ans, Johan Clarey ignore quand il va quitter le circuit. « Cela fait un moment qu'il nous dit qu'il va arrêter, mais il repousse toujours le truc, sourit son partenaire chez les Bleus Adrien Théaux. En fait, il est porté par sa passion. Dans ce milieu, certains font du ski, mais n'aiment pas ça entre guillemets. Lui, il adore. »

« Je continuerai tant que je serai performant », tranche l'intéressé. Il confesse être moins fonceur qu'avant, lui qui est le skieur le plus rapide de l'histoire depuis ses 161,9 km/h à Wengen en 2013. « Une grosse boîte, et c'est la fin de ma carrière », reconnaît-il. Alors, « Yo » Clarey se gère, attend la bonne course, celle qui lui offrira enfin la victoire qu'il n'a jamais croisée au fil des années.

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« Ce que vous pouvez me souhaiter ? Que je gagne enfin une course, que j'aie un jour ce petit truc de réussite qui me mette au sommet, lance-t-il. Sinon, juste finir sur mes deux jambes. Et avec le sourire aux lèvres. »