Mondiaux de ski alpin : la fédération internationale n’aura «pas de scrupule à annuler des courses»

La fin de saison de la Coupe du monde risque d’être perturbée par les restrictions aux frontières liées au Covid-19. Alexis Pinturault est le solide leader du classement général.

 Chamonix, le 30 janvier 2021. Alexis Pinturault possède une très large avance sur l’Autrichien Marco Schwarz au classement général de la Coupe du monde.
Chamonix, le 30 janvier 2021. Alexis Pinturault possède une très large avance sur l’Autrichien Marco Schwarz au classement général de la Coupe du monde.  AFP/Jeff Pachoud

La fin de la saison de ski alpin sera-t-elle tronquée? Avec les restrictions mises en place pour lutter contre la propagation du Covid-19, l'hypothèse prend de plus en plus d'épaisseur. « On n'aura pas de scrupule à annuler des courses, explique Michel Vion, vice-président de la Fédération internationale de ski (FIS). C'est l'idée dans les réunions que l'on a tous les jours… Depuis le départ de la saison l'idée était de mettre le focus sur les Mondiaux. On fait tout pour arriver avec tous les athlètes en bonne forme. Ces Mondiaux vont pouvoir se dérouler a priori correctement (NDLR : à Cortina d'Ampezzo à partir du 8 février). Après les Mondiaux, on verra ce qu'il faut mettre en place. Des pays comme la Norvège ont déjà instauré des quatorzaines, donc ce sera difficile d'aller en Norvège faire la fin de saison en Coupe du monde. »

De nombreux pays, en effet, modifient l'état de leurs frontières au gré de l'évolution de la pandémie. La Norvège, par exemple, vient de décider de fermer ses portes jusqu'à la mi-février. Et deux manches de Coupe du monde sont programmées sur le site de Kvitjell les 6 et 7 mars… Cette saison, quelques courses ont dû être délocalisées, mais aucune n'a encore été supprimée.

Pinturault en pôle pour le gros globe

« Il ne faut pas imaginer que l'on va décider demain matin que tout va être annulé, poursuit Vion. Mais selon les pays on peut être amené à ne pas faire des épreuves après les Mondiaux. Notre deuxième focus sera les finales (NDLR : en Suisse à Lenzerheide du 15 au 21 mars), qu'elles puissent se faire correctement. Entre-temps, il y aura forcément des pays qui ne pourront pas accueillir des épreuves. »

L'hiver dernier, la situation sanitaire avait contraint la FIS à mettre un terme prématuré à la saison et entériner tous les classements. Au grand dam d'Alexis Pinturault, deuxième du général à portée de spatule (54 pts) du Norvégien Kilde et qui avait dû faire une croix sur son premier gros globe de cristal, avec l'annulation des deux dernières courses en Slovénie.

Clin d'œil de l'histoire, le champion du monde du combiné pourrait se retrouver dans la situation inverse cet hiver. À la différence près que le triple médaillé olympique, qui a pris la 8e place des deux slaloms disputés ce week-end à Chamonix, possède cette fois une très large avance (258 pts) sur l'Autrichien Marco Schwarz après 25 des 37 courses prévues. Sauf catastrophe, le natif de Moutiers est sur une voie royale pour succéder à Luc Alphand, dernier lauréat du trophée il y a 24 ans…