Mondial de handball : un travail à terminer pour les Bleus

L’équipe de France doit valider son bon parcours dans le Championnat du monde en allant décrocher ce dimanche (14h30) la médaille de bronze face à l’Espagne. C’est possible à condition de se remobiliser.

 Les Bleus doivent donner un dernier coup de reins avant de quitter l’Egypte pour remporter une médaille de bronze.
Les Bleus doivent donner un dernier coup de reins avant de quitter l’Egypte pour remporter une médaille de bronze. AFP/Anne-Christine Poujoulat

Quand à l'instar de Michaël Guigou ou Luc Abalo, on a déjà tout gagné, des Jeux olympiques et des Championnats du monde par pelletées, le bronze n'a pas le parfum et la saveur de l'or. « La troisième place, ça ne me fait pas rêver, avoue l'ancien Parisien qui évolue désormais à Elverum en Norvège. Si je joue, c'est pour jouer une finale et finir premier. »

Ce ne sera pas le cas : les Bleus, ce dimanche, ne seront pas champions du monde pour la septième fois de leur histoire. La faute à une demi-finale ratée vendredi, un roc suédois imprenable et une énergie émoussée. Seulement, c'est toujours la même histoire quand on perd une demi-finale : quelques heures plus tard, il faut trouver les ressources pour fournir un dernier effort. Ce sera contre l'Espagne (14h30, BeIN Sports 3) dans un duel de déçus. On l'appelle « petite finale » mais c'est pourtant le match qui, en fin de compte, valide ou pas un bon parcours et offre une médaille ou le néant.

« Le pire, ce n'est pas de perdre une demi-finale, confie François-Xavier Houlet, le consultant de BeIN Sports, lui-même médaillé de bronze mondial en 2003 après une petite finale contre… l'Espagne. Le pire est de finir quatrième d'un tournoi parce que la médaille en chocolat ne vaut rien. Ce n'est pas simple mais il faut trouver la force pour aller la chercher. C'est important. »

«Une médaille, ça change tout»

Depuis que la France est une nation majeure du handball, depuis la médaille de bronze olympique en 1992, les Bleus ont disputé 14 Championnats du monde. Ils sont revenus sans breloque autour du cou à seulement trois reprises en 1999 (quart de finale), 2007 (4e) et 2013 (quart de finale). « Une médaille, ça change tout, enchaîne François-Xavier Houlet. Même s'ils la gagnent, les joueurs feront pourtant la gueule sur le podium. A chaud, c'est normal. Mais ils se rendront compte de son importance plus tard. Pour la fédération aussi, c'est essentiel de ne pas rentrer bredouille. Cela valide le travail, les efforts et par rapport au public, c'est toujours mieux de finir sur une victoire pour laisser une bonne impression. »

Pour la décrocher, les Bleus de Guillaume Gille doivent se remobiliser. Ce n'est pas simple mais il n'y a pas le choix et c'est dans la tête que cela se joue : « Dans une petite finale, c'est l'équipe qui a le plus de fraîcheur et le plus envie de jouer qui s'en sort, promet le sélectionneur rentré bronzé à deux reprises d'un Mondial en tant que joueur en 1997 et 2005. Il faut jeter ses dernières forces sur le terrain, se rassembler en évacuant la frustration de la demi-finale. Notre jeu n'a pas toujours été flamboyant dans ce tournoi. On le sait mais on veut récompenser notre parcours avec cette médaille ».

A un mois du tournoi de qualification olympique à Montpellier (12 au 14 mars face à la Croatie, le Portugal et la Tunisie) et sur le chemin de Tokyo, une médaille de bronze redonnera du crédit à ces Bleus de France en reconstruction. Face aux doubles champions d'Europe en titre, battus sur le fil par le Danemark qui va défendra son titre de 2019 face à la Suède, ça vaut le coup de fournir un dernier effort dans cette campagne d'Egypte riche d'enseignements : « La France est revenue dans le quatuor mondial, se félicite Ludovic Fabregas. Personne ne nous attendait à ce niveau, même pas nous. Alors maintenant, il faut finaliser ce travail réalisé pendant un mois en aller chercher ce bronze. »