Mondial de handball : les Bleus rentrent bredouilles… et fragiles

L’équipe de France rentre d’Egypte sans médaille, une rareté depuis trente ans. Son prochain objectif, la qualification pour les Jeux olympiques pour lequel elle avance sans certitude.

 La déception de Luc Abalo après la défaite face à l’Espagne ce dimanche en petite finale du Mondial.
La déception de Luc Abalo après la défaite face à l’Espagne ce dimanche en petite finale du Mondial. AFP/Anne-Christine POUJOULAT

Depuis une trentaine d'années, le handball est un sport assez simple. Il se joue à sept et à la fin, c'est la France qui gagne. Enfin ça, c'était avant, parce que la règle a pris du plomb dans l'aile. Elle s'applique désormais au Danemark, double champion du monde en titre après son succès ce dimanche contre la Suède (26-24).

Un an après le fiasco de l'Euro (14e), les Bleus ont terminé le Mondial égyptien sans médaille après leur défaite sans discussion possible dans la petite finale face à l'Espagne (29-35). C'est aussi la première fois depuis 2004 que les Bleus enchaînent deux compétitions sans finir sur le podium.

Alors, que retenir de la campagne d'Egypte ? Les progrès par rapport au fiasco de l'Euro ou l'impuissance de la France, invaincue lors des 7 premiers matchs et passée à côté des deux derniers face à la Suède (26-32) et l'Espagne ? « Je suis partagé entre deux sentiments, confie Philippe Bana, le nouveau président de la Fédération. La tristesse de ne pas avoir cette médaille qui nous manque et la satisfaction d'avoir rallumé la lumière et redonné de la fierté à tout le handball français en cette période si difficile. Il y a un mois, personne n'aurait parié que nous finirions quatrièmes de ce Mondial. »

« C'est triste de finir comme ça »

Les anciens, Michaël Guigou (39 ans) et Luc Abalo (36 ans) en pleurs au coup de sifflet, ne seront plus champions du monde dans leur carrière. Ce n'est pas une page qui se tourne mais un livre qui se ferme : « C'est triste de finir comme ça, mais malheureusement, on ne pouvait pas faire autrement avec les pépins qu'on a eus avant de venir ( Prandi forfait ) et pendant la compétition ( Pardin, Karabatic et N'Guessan blessés ) », confie le capitaine. Une explication valable? La Suède, confrontée à la même hécatombe parmi ses cadres, a su puiser dans son réservoir pour se hisser en finale.

La France qui rentre bredouille d'une grande compétition internationale, c'est rare. Depuis la première médaille d'or olympique en 2008, sur 16 tournois (JO, Mondiaux, Euro) c'est arrivé à seulement cinq reprises, campagne d'Egypte comprise. « On a tellement habitué le public à gagner que lorsque ce n'est pas le cas, c'est un traumatisme national, reconnaît le champion du monde 1995 Philippe Gardent, le coach de Toulouse et consultant pour TF1. On devient presque intolérant avec ces Bleus. »

Certains Bleus rejouent dès cette semaine

Une certitude toutefois. La domination tricolore sur la planète handball est un lointain souvenir et le retour dans la hiérarchie de l'équipe entraînée par Guillaume Gille est fragile. « Il faut réhabituer les gens au fait qu'une médaille est un miracle et que la France ne gagne plus à tous les coups, reprend Philippe Bana. Nous ne sommes à l'abri de rien et le chantier devant nous est immense. »

Immense et capital car maintenant que le papyrus est tourné, il faut regarder l'estampe japonaise. Dans cinq semaines, ces Bleus qui auront tous entre-temps retrouvé les cadences infernales avec leur club, devront se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo. Ce sera du 12 au 14 mars à Montpellier où deux billets seront distribués entre le Portugal, la Croatie, la Tunisie et la France.

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« Il y a des joueurs qui ont déjà un match mercredi en Ligue des champions! Il faut arrêter de faire n'importe quoi, de nous faire jouer 4 matchs par semaine », se fâche Guigou qui, comme la cinquantaine de joueurs du Mondial qui évoluent en France, retrouve le terrain dès cette semaine, en restant isolé à la maison le reste du temps en raison de la pandémie.