Mondial de handball : et si les Bleus étaient finalement champions du monde ?

L’équipe de France qui défie la Hongrie ce mercredi en quart de finale du Championnat du monde commence à se dire qu’un titre de champion du monde dans quelques jours n’est plus impossible.

 Les Bleus, emmenés par Nedim Remili, espèrent secrètement ramener un 7e titre de champion du monde à la France.
Les Bleus, emmenés par Nedim Remili, espèrent secrètement ramener un 7e titre de champion du monde à la France. AFP/Anne-Christine Poujoulat

On doutait, au moment d'embarquer pour l'Egypte il y a deux semaines, de leur capacité à aller loin dans le Mondial. Un an après un fiasco européen (14e), une année sans match, l'absence de Nikola Karabatic et deux rencontres en apéritif inquiétantes face à la Serbie, le Bleu se portait pâle. Mais ça, c'était avant. La France au fil de six matchs pour autant de victoires au pied des Pyramides a repris des couleurs. Elle n'est certes pas toujours flamboyante, mais pour la 14e fois de suite, elle est au rendez-vous du quart de finale d'un Mondial. Ce sera face à la Hongrie ce mercredi (20h30 sur beIN Sport 1 et TFX).

Depuis 1993, elle n'a jamais raté le grand huit planétaire et par conséquent, une question se pose, une interrogation légitimée par une prometteuse victoire dimanche soir face au Portugal (32-23). Et si les Bleus redevenaient champions du monde pour la 7e fois de l'histoire? L hypothèse redevient crédible.

« Maintenant que l'équipe est en quart, bien sûr qu'aller au bout nous trotte dans la tête, prévient Dika Mem. On partait de si loin… La France a été la meilleure nation mondiale, mais depuis deux ans, elle n'est plus au niveau. Notre objectif est déjà de gratter une médaille. Cela montrera à tous que l'équipe de France n'est pas finie. »

Fini le temps des «Experts»

Ces Bleus-là, mélange de briscards multimédaillés (Guigou, Abalo) et de jeunes loups ambitieux, ne veulent plus qu'on les appelle « Les Experts », un nom d'un autre temps. Ils veulent écrire leur propre histoire à compter de ce Mondial fondateur quoiqu'il arrive ce mercredi : « La construction d'un groupe nécessite des retards à l'allumage, reconnaît le sélectionneur Guillaume Gille. Ce groupe a encore besoin de trouver son chemin, mais il avance et est conscient de ses capacités à bien jouer. »

Mondial de handball : et si les Bleus étaient finalement champions du monde ?

Jusqu'à présent, la France n'a pas raté son Mondial. Mais c'est une victoire face aux Hongrois qui ont calculé leur affaire pour affronter les Bleus plutôt que la Norvège qui en fera une compétition réussie ou juste moyenne. Les Bleus trouvent d'ailleurs dans ce choix curieux des Magyars, une source de motivation supplémentaire, si besoin : « C'est rarement un calcul payant dans une grande compétition de perdre un match, regrette Guillaume Gille. J'espère que nous serons en capacité de leur montrer qu'ils ont eu tort de ne pas jouer contre l'Espagne jusqu'au bout. »

«Cette équipe a réussi à passer un cap, elle doit rester confiante»

Les Hongrois ont sûrement vu que le tableau qui s'avance devant eux avec la perspective de jouer la Suède ou le Qatar en demi-finale n'est pas une vilaine opération. Les Français l'ont remarqué aussi mais ils ne veulent pas voir plus loin que ce premier match couperet : « Personnellement, je suis agréablement surpris par notre parcours. Mais nous ne sommes qu'en quart de finale, prévient Valentin Porte. La France est à un niveau qu'on n'espérait pas mais nous n'avons encore absolument rien fait, juste reconstruit quelque chose avec humilité. Mais on sait que nous sommes aussi capables de retomber très vite dans nos travers. »

Un avis partagé par l'ancien Barjot champion du monde 1995 Pascal Mahé, le père de Kentin le meilleur buteur bleu (28 buts) qui évolue en… Hongrie, qui concède : « Cette équipe a réussi à passer un cap, elle doit rester confiante. Chaque joueur répond présent et apporte quelque chose de différent. Avant ce Mondial tous les connaisseurs semblaient détenir leur propre vérité alors qu'un nouveau staff venait d'arriver. Il fallait leur laisser la main et ne pas penser pour eux. On a toujours été exigeant avec l'équipe de France. » On ne l'est jamais avec les petites équipes.