Match for Green : la délicate transition du monde du sport vers un modèle écoresponsable

Le directeur général du Paris Volley vient de créer son association Match for Green dont le but est d’apprendre des règles d’écoresponsabilité à d’autres clubs sportifs.

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 Depuis son arrivée au Paris Volley en 2019, Arnaud Gandais a mis en place une politique écoresponsable. Il passe à la vitesse supérieure en créant l’association « Match for Green ».
Depuis son arrivée au Paris Volley en 2019, Arnaud Gandais a mis en place une politique écoresponsable. Il passe à la vitesse supérieure en créant l’association « Match for Green ».  Paris Volley/Fabienne Ponin

Un nouveau match commence pour Arnaud Gandais. Mais celui-là ne se dispute ni sur un parquet de handball – il a été entraîneur puis dirigeant des joueuses du Paris 92 pendant 15 ans – ni sur un terrain de volley. Ce match est presque un combat personnel pour l'actuel directeur général du Paris Volley. Concerné par la cause environnementale et écologique depuis des années, ce papa de trois enfants lance officiellement ce lundi son association Match for Green. Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports, devrait être présente pour ce baptême du feu et pour apporter son soutien à cette cause.

L'idée est aussi simple qu'innovante. « Je considère qu'un club professionnel ne se limite pas à une dimension sportive, mais a un rôle et une utilité dans la société, explique Gandais, 43 ans. On s'est demandé, lorsqu'on était confinés chez nous au printemps dernier, ce qu'on pouvait faire. Dans le sport il y a une charte des événements écoresponsables, mais personne ne le sait. Après discussion avec le ministère des Sports et celui de la Transition écologique, on s'est aperçu qu'il était important d'expliquer les choses. On a donc décidé de créer une association pour accompagner et former des clubs. »

Et la demande est forte. Depuis son arrivée au Paris Volley l'an dernier, Gandais a fait bouger les lignes et mis en place une nouvelle politique « verte » plus vertueuse. « On a déjà réduit notre empreinte carbone, mais on espère qu'elle sera neutre rapidement, explique le dirigeant. On réfléchit à développer les énergies vertes pour les logements des joueurs, à comment alimenter les besoins électriques les jours de match. On sera le premier club à avoir une politique 100 % éco-conçu. Chaque année on a des maillots, des équipements, qui restent stockés dans des cartons. L'idée est de donner une deuxième vie à ces produits. »

Pendant l’intersaison, à l’occasion d’un stage, les joueurs du Paris Volley ont participé à des ramassages d’ordures et de mégots sur la plage./DR
Pendant l’intersaison, à l’occasion d’un stage, les joueurs du Paris Volley ont participé à des ramassages d’ordures et de mégots sur la plage./DR  

Une démarche qui a suscité l'intérêt de nombreux clubs de volley dans un premier temps puis, plus largement, du monde du sport. Ce lundi, la première promotion concernera 25 clubs. Tous seront en distanciel. Chaque formation comporte 68 heures de cours et s'étale sur un an. Il y aura deux promos par an « pour qu'un club qui se réveille en mars n'attende pas plusieurs mois ».

« Les clubs ont une évaluation de départ pour voir où est leur niveau de pratique écoresponsable et après ils ont le choix entre six modules : la mobilité, le tri sélectif, les politiques de zéro déchet, l'alimentation et la biodiversité, le bâtiment et les infrastructures, et sur les pratiques inclusives et la solidarité, détaille Gandais. Pour le bâtiment par exemple on va expliquer comment tu peux avoir une pratique vertueuse à travers la construction, l'isolation, l'utilisation des LED. Il y a aussi tout à revoir sur la politique autour de l'eau. Aujourd'hui quasiment aucun stade ne recycle l'eau de pluie pour arroser les pelouses. Ce n'est pas normal. »

Si la majorité de ces clubs pionniers viennent d'Ile-de-France on trouve aussi des représentants d'Occitanie, de Provence, de Normandie et même de Belgique. Il y a des clubs de niveaux départementaux (Orsay natation), mais aussi des professionnels (Ivry ou Massy handball). Le coût de l'adhésion dépend du niveau de la meilleure équipe du club. Cela débute à 90 euros pour un club départemental, 180 euros pour un club régional, 270 euros pour un club national et 400 euros pour un club pro. Cela couvre les interventions d'experts en free-lance et les cours d'e-learning.

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« L'enjeu n'est pas d'aller sur des clubs qui ont les moyens de se payer des audits à 10000 euros, explique Gandais. On discute avec des clubs de foot (Dijon, Lens), de rugby ainsi qu'avec des clubs de D1 de handball et de volley qui n'ont pas un modèle économique qui leur permet d'investir dans un audit mais qui ont envie de faire des choses. À l'issue de l'année, ils reçoivent une labellisation validée par l'Ademe (l'Agence de la transition écologique). Les clubs feront des économies et c'est bon pour leur image. C'est plus simple d'aller chercher des partenaires ensuite, car vous avez une vraie expertise. »

Chaque promotion sera parrainée par un sportif de haut niveau. La première est la basketteuse internationale Sarah Michel. « Quand on parle d'écoresponsabilité, on parle aussi de parité, ça a du sens de lancer l'aventure avec une femme, indique Gandais. Elle interviendra à chaque session. On veut créer un mouvement vertueux. Notre objectif est de former, à partir de 2022, 500 clubs par an. » Le match ne fait que commencer.