La Normandy Channel Race, une course à la voile «dantesque» fidèle à sa réputation

Les Suisses Valentin Gautier et Simon Koster ont remporté la 11e édition de la Normandy Channel Race vendredi 18 septembre à Ouistreham (Calvados). Une victoire avec six petites minutes d’avance sur leurs dauphins, au terme d’une course éprouvante.

 Valentin Gautier et Simon Koster, sur Banque du Léman, arrivent dans le port de Ouistreham en vainqueurs de la Normandy Channel Race.
Valentin Gautier et Simon Koster, sur Banque du Léman, arrivent dans le port de Ouistreham en vainqueurs de la Normandy Channel Race. LP : Esteban Pinel

Jusqu'au bout, la Normandy Channel Race n'aura laissé aucun répit à ses participants. Vendredi 18 septembre, à peine la ligne d'arrivée franchie, les vainqueurs et leurs dauphins ont dû se hâter pour franchir les écluses du port de Ouistreham à temps. Enfin amarrés, les Suisses Valentin Gautier et Simon Koster, sur leur voilier Banque du Léman, ont pu fêter leur succès devant Ian Lepinski et Julien Pulvé sur Crédit Mutuel.

« Celle-là, il a fallu aller la chercher », lâchait Valentier Gautier depuis le pont de son bateau. Et pour cause, au terme d'un sprint haletant de quatre jours, vingt heures, vingt-cinq minutes et trente secondes, l'équipage suisse n'a gagné que de six minutes et quatorze secondes. Une habitude pour cette course qui avait vu sacrés des skippers pour encore moins que cela ces dernières années.

Un aller-retour Calvados-Irlande

« On savait à quoi s'attendre quand même, confiait le skipper victorieux, le visage marqué par l'effort. Un navigateur avait dit que c'était un combat de rue de cinq jours. Ça résume assez bien le truc. » C'est ainsi que la Normandy Channel Race « construit sa légende », selon son organisateur Manfred Ramspacher. « La compétition est âpre. C'était dur dans la première partie avec un vent très faible qui pousse les nerfs à bout, et dur dans la seconde partie avec un vent fort, une mer forte… Des conditions difficiles pour les marins et les bateaux. »

La course, réservée aux Class40 (un monocoque de 12,18 m de long), s'élance de Ouistreham, longe la côte jusqu'au Cotentin avant une première traversée de la Manche et une nouvelle partie de longe-côte vers la pointe ouest de l'Angleterre. La suite ? La balise incarnée par le phare de Tuskar Rock au sud-est de l'Irlande, avant de faire demi-tour. « C'est une course digne d'une super étape de Solitaire du Figaro », saluait Valentin Gautier.

Une aubaine après le confinement

L'événement, maintenu en dépit de la Covid-19, a été une aubaine pour les 27 équipages engagés, après des annulations de courses en série. Ian Lepinski et son co-skipper Julien Pulvé, certes lessivés, ont pleinement savouré : « C'était sportivement enrichissant. Il y a eu plein de rebondissements, comme le veut la réputation de la Normandy Channel Race. Mais c'était magnifique. Génial, mais dur. »

Tellement dur que douze équipages ont dû abandonner. Quelques heures après les premiers, Redman, avec aux commandes Antoine Carpentier et Nicolas Groleau, a complété le podium pour la sortie inaugurale du voilier. Là aussi au terme d'une lutte de haute volée avec un petit peloton de bateaux. « C'est une belle école de détermination. C'est très complet pour les marins », soulignait Manfred Ramspacher. L'organisateur, qui a prolongé le soutien des partenaires l'année passée jusqu'en 2022, peut savourer la vitrine offerte par sa course cette année encore.